ANCRER L'APPRENTISSAGE DANS LE CONCRET ET LE VECU
Publié il y a 6 mois par Flo dans Quelles matières? .
ANCRER L’APPRENTISSAGE DANS LE CONCRET
Beaucoup d’enseignants s’accorderont pour dire que le moteur primordial d’un apprentissage réussi est la motivation.
Reste à voir, et ce n’est pas simple, comment déclencher et entretenir l’envie d’apprendre.
Un élément décisif est sans doute de savoir concrètement « A quoi servent tous ces efforts ? »
Le but à atteindre est souvent évident pour le professeur mais pas pour les élèves : connaître l’histoire, maîtriser la géographie, apprendre une langue étrangère, comprendre une réaction chimique, faire des maths … « Pour quoi faire ? »
Les élèves ne voient généralement dans ces matières qu’une interminable série de dates, de chiffres, de formules hermétiques, de listes de temps primitifs à étudier pour une interro et à oublier aussi vite !
Notre système pêche souvent par un manque de liens directs entre la réalité quotidienne et les matières enseignées … et pourtant les maths, l’histoire, les langues pourraient souvent être liées au vécu et prendre du sens. On le fait déjà ? Pas assez.
Pour les langues, la géographie, l’histoire, il semble évident que nous devrions nous servir davantage des médias modernes qui sont les mondes dans lesquels les jeunes sont nés et évoluent. On peut les convaincre de lire un livre mais ils regardent spontanément un film à la télé ou sur internet. Alors pourquoi ne pas miser là-dessus : des films en V.O., des films historiques, des documentaires sur des contrées à découvrir ? Des films ou des extraits de films à visionner et à critiquer, des images qui vivent et qui leur parlent ; des documents qu’ils peuvent proposer aussi.
Il serait également utile d’avoir le courage de jeter régulièrement un coup d’œil critique sur les matières enseignées et d’avoir le courage de « virer les encombrants » ; veiller à apprendre en priorité les choses indispensables. En langue maternelle, une très bonne expression verbale, une qualité de lecture performante, une solide orthographe de base ; en langues étrangères, exposer à un maximum de vocabulaire utile et entraîner intensivement à la compréhension à l’audition et à la lecture, …
Un autre travers de notre enseignement est le rôle passif qu’on donne aux étudiants : on les gave alors qu’ils n’ont pas faim et ils n’assimilent pas.
Jean-pierre Gailliez (ancien directeur du Centre d’Animation en langues) a déclaré un jour que « les élèves devraient être sur des vélos et le prof devant, sur une mobylette, pour montrer le chemin. » Or, c’est généralement l’inverse qui se produit : c’est le prof qui « pédale » le plus. J’ajouterais qu’on peut à l’occasion laisser les élèves choisir le chemin, histoire de sortir des sentiers battus.
Pourquoi inverser les rôles ? Parce « qu’on retient 95% de ce qu’on enseigne … alors qu’on ne retient que 20 % de ce qu’on entend en classe ». (1) ! Pourquoi dès lors, ne pas laisser les étudiants « enseigner » plus souvent ? Donnons-leur un rôle actif et plus responsable et contentons-nous dans la mesure du possible du rôle de coach assis sur le banc (mais affûté tout de même et prêt à monter sur le terrain)
(1) Russell Ackoff auteur de On Learning and Systems That Facilitate it
17 réponses
sur un texte riche (quand c'est une reprise) à analyser en Français, un texte simple à traduire dans une émission anglaise (ou autre) ou encore replacer les candidats sur une carte de géographie selon leur lieu d'origine (mais on risque alors de connaître la géographie française et pas la Belge...)
Le reste du temps, on se creuse pour peu de choses (dans mon école en tous cas) Aujourd'hui mes élèves (2 d'entre elles) ont mis 2 heures pour compléter une seule face d'exercices sur "l'ordre alphabétique" et lorsque je me suis fâché, elles m'ont expliqué que c'était trop dur (à 15 ans!!!)
Les élèves sont tous curieux. Le besoin d'apprendre est un besoin fondamental, c'est le quatorzième besoin fondamental de la grille des besoins que Virginia Henderson a mise au point pour servir de modèle conceptuel à la démarche en soins infirmiers. Même très âgée, même très handicapée, la personne demande à apprendre et éprouve du plaisir, de la satisfaction quand le besoin est rencontré, et donc, à contrario, du déplaisir, de l'insatisfaction lorsqu'il n'est pas assouvi. L'enfant est curieux et évolue sans cesse, c'est da
Les élèves dont tu parles passeront un certain nombre d'années à l'école mais regarderont des écrans toute leur vie. Arriver à éveiller leur sens critique par rapport aux émissions de télé-réalité et aux valeurs (?) qu'elles véhiculent, les rendre moins crédules, n'est-ce pas un objectif en soi ?
Pourquoi ne pas utiliser plus et mieux une 'Structure Ouverte d'Apprentissage' comme 'Olsoa'. Elle permet aux enseignants de constituer leurs propres cours avec les textes, images et sons de leur choix ! Ceci ne peut pas être décrit en 300 caractères ! Intéressé ? Alors contactez f.lagae@scarlet.be
Un exemple: comment faire comprendre à des jeunes que les objets n'ont pas de couleur en eux-mêmes, mais que nous ne voyons que la couleur du rayonnement visible, provenant de notre soleil à 99,9999...%, qu'ils nous renvoient ? Placez-vous dans un lieu où la lumière du soleil ne peut pénétrer; avant
de refermer la porte prenez un peu de neige et déposez-la dans le local, puis demandez-vous quelle est la couleur de la neige. Puis refaites l'expérience avec un autre objet, une morceau de tissu comportant beaucoup de nylon par exemple, mais disposez dans le local une lampe à ultraviolets, donc inv
isible pour l'oeil humain, et voyez le résultat. Quelle est la couleur du tissu, dans le noir ? Bon amusement !
Enitèrement d'accord avec toutes ces bonnes idées, il est temps de repenser à un enseignement en accord avec le monde d'aujourdhui. Je me permets de rappeler ce que j'ai noté ailleurs dans ce site :
un portable prend moins de place qu'un dictionnaire et internet est beaucoup plus rapide que tourner les pages en récitant son alphabet. De plus, les informations sont à jour, ce qui n'est pas le cas du dictionnaire. Je vous invite à chercher la capitale de l'Allemagne dans deux éditions différentes, une bien avant 1989 et l'autre bien après. "En fait, pendant près de 400 à 500 ans, nos écoles ont essentiellement transmis à leurs étudiants les compétences du scribe médiéval : lire, écrire, compter et mémoriser des textes. Il semble que nous soyons aujourd'hui à l'aube d'une ère nouvelle, qui exigera que nous développions, que nous le voulions ou non, un ensemble de talents et d'habiletés très différents de ceux que nous exploitons actuellement, et qui se baseront sur le sens de la vue. Il s'agit de talents semblables à ceux que possédaient les penseurs de la Renaissance, Léonard de Vinci par exemple, plutôt que les capacités des clercs ou des lettrés du Moyen Âge." source : http://www.dyslexiacentre.ca/french/files/Quelle%20confusion.pdf Je ne pense pas que Bil Gates utilise un dictionnaire
Dans le même ordre d'idées, que penses-tu du rôle que le sous-titrage peut jouer dans une amélioration du niveau de connaissance des langues étrangères ? (voir autre contribution sur ce site)
Les jeunes ont besoin d'attacher du sens à ce qui leur est enseigné, c'est vrai, cela les aide à suivre, mais je pense que c'est le rôle des parents aussi que de donner du sens aux matières fondamentales et/ou qu'ils choisissent comme options. L'enseignement est une affaire à trois : école - enfant - parent.
Je crois très fort en la motivation de l'enseignant lui-même, l'intérêt, la passion et la conviction qu'il nourrit à l'égard des matières qu'il enseigne. Cela ne peut que toucher l'élève, que la matière ait ou non "du sens" pour lui. Il faut "habiter" sa matière et les élèves seront heureux de la visiter, certains même jusque dans les moindres recoins au point peut-être de l'entrevoir plus largement encore que l'enseignant. Pr moi le rôle de l'enseignant n'est pas d'inculquer un esprit critique sur ce que le jeune regarde à la télé, là encore = rôle des parents, son rôle est de l'inviter justement à autre chose, de lui ouvrir les yeux et c'est le jeune qui ensuite exercera un oeil critique sur ce qu'il voyait à la télé. Se servir des médias pour construire le cours, oui, mais être en même temps tjrs à la recherche d'autre chose. Parole de prof intérimaire en langues modernes, cycle sec supérieur.
D'accord avec toi, les parents ont un rôle extrêmement important. Je pense qu'il faut parler d'éducation en n'excluant aucun des intervenants : parents, enseignants, étudiants, matière scolaire, médias. Chacun a un rôle à jouer.
Merci de considérer notre expertise qui est unique : la connaissance de notre enfant qu'on vous confie, à vous les enseignants. On naît et on meurt dyslexique. Cet état handicape la personne pendant sa scolarité. Le symptôme dyslexique est une confusion mentale : le débit des images mentales en trois dimensions est trop élevé, la personne n’arrive pas à trouver la bonne. Cet état de confusion s’accompagne souvent de vertiges, c’est le cas de mon fils. Cet état de confusion survient lorsqu’un facteur le déclenche. Maman de dyslexique, je connais certains facteurs déclenchant la confusion chez mon enfant. Dès la première année primaire, j’ai rencontré les enseignants, j’ai expliqué ces facteurs, j’ai demandé qu’on y prête attention. Un dyslexique qui atteint la cinquième secondaire sans jamais échouer (même jamais été ajourné) indique qu’il est drôlement bien compensé. Bien compensé = il est bien aidé pour que l’école soit équitable : « on » veille à ce qu’il ne soit pas gêné par ces facteurs déclenchants. « on » pronom indéfini = moi, sa maman, et ceux qui m’aident. L’élève a échoué en biologie et en math. Il est pourtant noté 90% en math et 80% en sciences actuellement en 6ème secondaire. L’année qu’il a échouée, en mathématiques, deux interros ont été réalisées et montrées aux parents : une en janvier et une en mai. En biologie aucune interro n’a été montrée aux parents, elles ont toutes été archivées sans signature, c’est la règle en bio dans cet établissement : l’élève note les points au JDC et les interros restent à l’école. Tout se trouvait sur les épreuves qu’il a fallu attendre sept mois pour obtenir : du schéma de géométrie représenté en miroir, au terme de l’équation trigonométrique ma recopiée, en passant par un QCM infernal « dans les trois premières questions, cochez l’affirmation inexacte » sans autre consigne pour aborder la quatrième question. Ni l’enseignant de bio, ni l’enseignant de math, pourtant bien informés, n’ont vu le symptôme que moi, sa maman, aurais vu et utilisé pour aider mon fils à éviter cet état confusionnel. Les inspectrices ont prouvé qu’il ne travaillait pas : il dessinait au cours. Quand je fais travailler mon enfant, afin de lui éviter cet état confusionnel, il dessine dans un tout petit bac à sable, à l’aide d’un râteau ou son doigt. Si l’enseignant de mathématique m’avait dit que mon enfant ne l’écoutait pas parce qu’il dessine au cours, je lui aurais non seulement expliqué, mais j’aurais de plus, cherché à comprendre quel facteur déclenchant mon enfant appréhendait-il donc au cours de mathématiques? Ce facteur déclenchant est désormais connu, il est bien commenté par l’enseignant sur mon blog, hélas. Les inspectrices ont également précisé que l’élève était toujours le premier à avoir fini ses interros : lorsqu’il est dans son état confusionnel, mon fils a des vertiges, puis des maux de ventre. La seule manière d’en finir avec cet état confusionnel est d’en finir avec l’épreuve. Si j’avais eu cette information, j’aurais pu, une nouvelle fois aider correctement mon enfant. Ces deux profs étaient absents lors des réunions de parents, moi j’y étais.
Bil Gates est dyslexique. Adulte, le dyslexique parvient à maîtriser les facteurs déclenchants provoquant la confusion. Le handicap disparaît, il ne reste plus que le don. Sauf si l’école a tout cassé.


D'accord mais seulement avec des élèves d'un bon niveau de culture ET SURTOUT de curiosité intellectuelle. Lorsque je parle aux miens ils ne regardent que des émissions d'MTV (qui croyez-moi ne sont ni-historiques ni scientifiques) ou des émissions de télé-réalité... Bref, à part parfois tomber