Au revoir Robin ! A bientôt ?
Publié il y a 4 mois par Yvth dans Ecole de l’échec ou école de la réussite ? .
Robin des bois s’en est allé. Intelligent comme il est, Sir de loxley se rendit bien vite compte que l’on s’était moqué de lui : point d’écoles riches dans ce marché de dupes. Secrètement, il dut rappeler aux seigneurs jouxtant sa forêt de sherwood que prendre aux enfants de serfs pauvres pour donner à d’autres enfants de serfs pauvres, ça, ce n’était pas lui…
Des amis AIDE de Petit Jean ont œuvré dans ce dossier. Ils préparaient d’ailleurs une volée de bois vert à ces énarques ingéniero maniaques éloignés de la réalité. En effet, sous prétexte que le trésor des Princes CDH, PS et ECOLO fut vide, de nouvelles rapines étaient envisagées. Et en ce cas, les Sheriff de Nottingham furent, isolés qu’ils sont dans les tours de leur château, d’une rapidité et d’une imagination catastrophiquement débordante.
A ce petit jeu, aidés sans doute par le célèbre serpent hypnotiseur de la version animée (David Copperfield n’étant point libre), nos princes, semblèrent dans la déroute, d’un tour de passe passe hypnotique, contenter tous les marchands présents à l’occasion sur la place du village : un petit peu de ceci pour celui-ci, un petit peu de cela pour celui-là, … Malheureusement, l’objectif n’étant que cupide, l’hypnose ne prit pas. Abracadabra : pschiiiiiit !
Avec stupeur, les directions d’écoles fondamentales en inter réseaux avaient pris connaissance de l’avant projet de décret encadrement différencié discuté entre partenaires CDH, PS et ECOLO de la majorité gouvernementale. Bien loin des engagements électoraux de ces partenaires, les directions d’écoles maternelles et primaires constatèrent une nouvelle fois qu’une ingénierie organisatrice se mettait en place au seul bénéfice, non pas des enfants au sein des classes mais au « bénéfice » d’une exigence budgétaire.
L’AIDE se devait de constater que les acteurs institutionnels, bien loin des préoccupations réelles de terrain, organisaient au sein de la nécessité de vases communicants (prendre aux uns pour donner aux autres) un marchandage qui ne tenait absolument pas compte d’une vision à, long terme d’amélioration de notre système d’enseignement -c'est-à-dire d’une amélioration des compétences de nos enfants –. Ce marchandage tenait plutôt, au mépris de l’enseignement et de l’enseignement fondamental en particulier, de celui qui pourrait revendiquer avoir obtenu le plus de moyens pour ses troupes majoritaires.
A l’heure où tous savent que les résultats de notre enseignement ne sont pas ce qu’ils devraient être au regard des investissements budgétaires et encadrements consentis, tous –s’ils sont réellement en prise directe avec le bien des enfants qui nous sont confiés et la réalité de terrain- savaient que garantir une sortie de l’enseignement maternel et ensuite de l’enseignement primaire de qualité en tirant le niveau de compétences vers le haut règlerait de lui-même une bonne partie des problèmes rencontrés dans le reste du cursus.
Continuer à laisser croire qu’avec des subventions/élèves égales, il est possible de considérer que des écoles seraient riches et d’autres seraient pauvres relève de la manipulation et/ou du fait que l’on prend les citoyens pour des idiots (issus de notre enseignement …). De fait, c’est bien la « richesse » ou pas des PARENTS DES ENFANTS qui in fine déterminera la « richesse » d’une école.
A ce titre, l’AIDE considère qu’en ce qui concerne le champ scolaire, des iniquités entre enfants seront établies. A ce titre, Le décret du 24 juillet 1997 définissant les missions prioritaires de l’enseignement fondamental et de l’enseignement secondaire et le « décret missions », qui définit l’obligation légale de la Communauté française d’offrir des chances égales à tous les élèves est bafoué et/ou on lui fera dire ce qu’il faut sur l’hôtel de la rigueur budgétaire. En lien avec le décret inscriptions, c’est en quelques semaines dire tout et son contraire.
Les directions de l’AIDE ne peuvent passer sous silence une tentative de calculs en capital périodes qui, quoi qu’en essaye évidemment de justifier leurs auteurs sur papier, aurait pénalisé sur le terrain l’encadrement dans les écoles maternelles. Comme si, au regard du « 20 élèves par classes » phasé dans le temps et qui n’est est toujours qu’au P1P2, les élèves et institutrices maternelles ne méritaient pas, elles qui comptent jusqu’à plus de 30 élèves, la même attention. A l’aube d’une courbe démographique supérieure à l’année 2000, c’est un scandale.
Dès lors, l’AIDE rappelle que l’exigence, nécessaire et en cours, d’une professionnalisation réelle de l’école maternelle (et de l’école primaire) ne pourra, en aucun cas, se faire sur le dos de l’encadrement primaire et maternel qui lui, est dans la moyenne européenne.
En ce qui concerne l’Aide administrative, les directions d’écoles ont découvert qu’il était dans l’intention des partenaires d’inscrire cette aide dans le cadre du capital périodes.
L’association des directions d’écoles fondamentales en inter réseaux s’y est toujours OPPOSEE.
Les directions d’écoles se sont battues pour que cette aide leur soit spécifique (d’où le terme !) et non soumise à une absorption par les Pouvoirs Organisateurs et/ou par du face enseignants. D’où l’indispensable nécessité :
1. De le financer, comme pour les autres niveaux d’enseignements, en dehors de cette enveloppe.
2. De pouvoir y engager (ce qui coûterait d’ailleurs bien moins cher à la Communauté Française et donc au contribuable !!!!!) du personnel non-enseignant ou enseignant. La proposition d’avant projet de décret remettait donc ainsi en cause unilatéralement le décret fixant le statut des directeurs.
Stratégiquement, le politique aurait pu artificiellement dire qu’il avait résolu cette difficulté et présenter un bilan plus conforme à ses aspirations de départ. Il aurait pu dire : je l’ai fait, ce que vous en faite n’est plus mon problème. En effet, la gestion de la « misère » imposera de facto que cette aide soit orientée vers de l’adaptation « face élèves » que plutôt en gestion administrative.
Placer l’aide spécifique des directions de l’enseignement fondamental en compétition avec les heures d’adaptation relève soit d’une méconnaissance complète du milieu scolaire fondamental, soit d’une méconnaissance complète de la mise en place du décret sur le statut des directeurs, d’une méconnaissance complète des demandes et explicitations répétées des directions de l’enseignement fondamental en la matière et particulièrement ces 7 dernières années … Si ce n’était pas le cas, qu’il s’agissait plutôt d’une manœuvre/manipulation politicienne et/ou d’une volonté réelle d‘en finir avec cette demande légitime, reconnue et indispensable, ce ne serait, de loin, pas moins grave. A qui profite le crime ? Sûrement pas aux directions d’écoles et encore moins aux enfants …
A l’heure où les directions demandent une réforme des heures d’adaptation à la langue de l’enseignement et aux heures d’adaptation pour notamment répondre aux besoins spécifiques et SURTOUT aux enfants/familles présentes dans notre système scolaire en ne parlant pas un mot de français, le rabotage de ces périodes est une insulte.
De surcroît, cette opération marketing rend obligatoire l’attribution de ces périodes aux seuls enseignants. Pourquoi l’enseignement fondamental serait-il le seul niveau d’enseignement à se voir imposer ce principe ? Les partenaires l’avouent : ce serait une solution pour les DPPR et une manière de ne pas perdre totalement un volume d’emploi raboté par ailleurs pour les enseignants.
Les organisations syndicales indiquent qu’il s’agit là d’une ponction administrative sur la présence en classe face aux élèves et qu’en ce cas, cela est inacceptable. Surtout si c’est pour aider les directions... Pourtant, des heures « face élèves » sont déjà soustraites pour de l’aide administrative : le pilotage des ORCE par … des enseignants.
Il est -à minima- déplorable que les directions d’écoles soient forcées une nouvelle fois de faire valoir tout le travail explicite de leurs demandes. Il s’agit là d’une nouvelle attaque et une dévalorisation de leur fonction.
Empêtrés dans leurs seuls objectifs, cachés ou pas, financiers ou de marchandages, les auteurs de cette proposition n’en mesurent même pas le ridicule :
1. Permanence/récurrence
· 6 périodes = complément d’horaire pour une année scolaire. Aucune certitude à moyen ou long terme sur la fonction et sur la personne qui l’occupe (une demande de 4/5 une année par exemple que l’agent ne reproduit plus l’année suivante).
· Si ces 6 heures sont attribuées à un enseignant qui n’a pas une charge horaire complète, il réside le risque que nous connaissons bien de le voir disparaitre dès qu’un horaire complet lui est proposé ailleurs.
· Si pas de DPPR ou d’enseignants intéressés, cet emploi pourrait être attribué à un jeune enseignant … Le top sans aucun doute comme entrée en fonction.
2. Professionnalisation
· La direction est reconnue comme nécessitant une formation de base dans les fonctions, notamment, administratives. Il s’agirait ici d’engager des enseignants pour une fonction pour laquelle ils ne sont pas formés.
· Former ce membre du personnel (gestion winpage, proéco, primver, circulaires, accueil parents, …) alors que sa fonction peut disparaitre l’année suivante.
3. Déontologie et secret professionnel
· Un enseignant pourrait donc être l’interlocuteur administratif des enseignants/des parents le lundi et le titulaire/membre de l’équipe enseignante le reste de la semaine …
· Un enseignant pourrait être agent administratif dans un PO et enseigner dans un autre PO
· Quid si la personne ne convient pas dans la fonction après quelques semaines ou après quelques mois ?
4. Retour vers le futur
· Simonet : 12 périodes dès 400 élèves.
Arena : un mi temps pour 500 élèves.
· Que deviendront ces deux systèmes ? Perduront-ils ?
Comment cohabiteront ces deux membres du personnel ?
Si le système Arena disparait, que deviendront les membres du personnel déjà engagés ? Que deviendront les centres de gestion ?
5. Flexibilité
· Réunion en soirée ou hors temps scolaire à l’instar des directions ?
· Quid du travail durant les congés scolaires et/ou durant les ouvertures des écoles (en juillet et en août par exemple ?)
Et encore faudrait-il disposer d’heures d’adaptation !!!!
Comme en son temps pour le calcul du P1P2 et du 20 élèves par classes sous Marie Arena, il semble nécessaire que des calculs abscons tentant à posteriori de trouver des justifications programmatiques soient encore mis en place pour justifier d’une absence de crédits. Nous pensions que ce temps était révolu pour ceux qui réclamaient ce poste afin d’en assurer le virage d’une meilleure gouvernance. Grave erreur.
Et Robin des Bois dans tout cela ? Eh bien il est orphelin … Plus personne ne veut en reconnaitre la paternité. Il est vrai qu’à force de prendre des légendes à témoin pour jouer aux super-héros et nous raconter des histoires, le mauvais script ne trouve plus de producteur. Attention cependant, le canevas et ses acteurs sont toujours là et feront tout, pour qu’à moindre coût le scénario sorte, quitte à produire de la série B !
Robin des bois s’en est donc allé cette fois. Mais l’opération ne s’avère pas inutile. Elle a permit de dévoiler les intentions des uns et les préoccupations des autres. Bien loin d’une vision proactive, courageuse, non corporatiste. Bien loin d’un enseignement préoccupé de l’essentiel : les enfants au sein des classes.
Les directions des écoles fondamentales en inter-réseaux trouvent cela lamentable et déplorable.
Pour info et contact www.aide-asbl.be,

