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jamfredo

chef de famille c'est trop bon...

Publié il y a 1 mois par Jamfredo dans L'absentéisme des enseignants .

Notre système incite à l'assistanat, ce n'est pas son but mais c'est un fait.
Mes élèves se sont carrément refilé la combine à mon cours devant moi tout à l'heure " - Ouais, non ça c'est des conneries, chef de famille ça rapporte bien au chômage
- Ouais mais faut en faire 3, 3 c'est mieux, en plus t'as plein de trucs cools pour famille nombreuse
- Le 5ème c'est encore mieux tu gagnes plus que les profs ti miiiiiiiiiii, mais put*** ça doit faire ch*** à la maison 5, faut supporter
- Ouais puis faudrait acheter 1 télé pour eux sinon ça saoule des dessins animés toute la journée" ... Ce débat m'a laissé sans voix mais je n'ai pas voulu les couper car j'en ai appris beaucoup sur leurs "projets de vie". 
Et j'ai décidé de prendre une épargne pension!

2 de mes collègues qui ne s'absentaient jamais sont absents pour dépression cette année... Et beaucoup d'autres sentent qu'ils ne tiendront pas jusque juin.

Etre traités de fainéants par les masses populaires, gagner moins de 1300 euro/mois en commençant à temps plein après minimum 3 ans d'études supérieures et être constamment inspectés et soumis à des programmes redondants, inadaptés et changeant chaque année ne suffisait-il pas avant qu'en plus, les élèves avouent n'en avoir plus rien à f***** de se former et de trouver un job ?

Et j'imagine les résultats de la prochaine enquête PISA (à cause des mauvais profs...) Recherchez les paroles de la chanson "La sécurité d'emploi" des "Fatal Picards", c'est presque le quotidien de certains profs (et je ne travaille pas dans le spécialisé...)

3 réponses

lucky

Comment peut-on accepter que des jeunes terminent leur scolarité sans aucune formation ?

Voilà le problème. Tant que nous accepterons cela, nous formerons de nouveaux chômeurs "à vie".

Quel politicien aura le courage de prendre des mesures ?

jamfredo

Un politicien qui ne sera pas élu parce que ce sera "un méchant". Il faut aider les jeunes familles sans inciter les jeunes à fonder une famille pour être aidés! Mais ça n'est mis dans les priorités d'aucun parti. Je savais que ça devenait courant, maintenant en plus ils se conseillent ce système sans pudeur... Bientôt les familles à un seul enfant où les 2 parents travaillent seront montrées du doigt... Les partis le savent mais ne font rien!

mab

J'ai constaté le même phénomène dans toutes les écoles où j'ai travaillé ces sept dernières années (Verviers, Waremme, Seraing, Liège, Visé, Ans - eh oui, nous avons la sécurité de l'emploi!). On prend un élève entre quat'zyeux pour le remotiver, lui démontrer les capacités qui sont les siennes, lui expliquer le peu qu'on attend de lui et pour lui dire en long, en large et en travers qu'on n'exige pas qu'il grimpe l'Everest avec les dents, juste qu'il passe par dessus une taupinière. Et on s'entend répondre : "Vous tracassez pas, m'dame, y'a l'chomage." Ou, comme une professeur de sciences que je connais et qui enseigne à Bruxelles : "J'ai pas besoin de l'école. Je vais faire éboueur, on finit tôt et ça laisse du temps après pour faire du noir. Et vous verrez, m'dame, j'vais tout de suite gagner plus que vous.", ce qui est hélas tout à fait exact - au moins celui-là avait-il le mot travail dans son paysage mental. Ou encore, sur le ton de l'étonnement le plus sincère : "Vous, vous avez fait l'unif et vous êtes QUE prof!". Parfois, nous plaisantons entre collègues - enfin, nous ne plaisantons pas tout à fait - en disant que non seulement ils nous pourrissent la vie et celle de leurs camarades qui finissent par penser comme eux, mais qu'en plus ils vont se reproduire sous peu.

Cette façon de voir se retrouve aussi bien chez les élèves "de souche" que chez ceux arrivés plus fraichement - mais curieusement, quasi jamais chez les primo-arrivants, que souvent cela choque.

Alors, ce n'est pas nous qui acceptons que des jeunes terminent leur scolarité sans aucun diplôme - Dieu sait combien nous en diplômons à l'usure, d'ailleurs - mais on ne peut pas mettre un éducateur derrière chaque gamin, chaque gamine à l'esprit tordu par l'air du temps. Ils décrochent, c'est vrai, mais moins souvent qu'on ne pense par découragement ou incapacité que parce qu'ils sont persuadés - par l'air du temps, sans doute - de l'inutilité fondamentale de l'école et, partant, de l'effort. Qui les a convaincus de cela? A mon sens, une conjonction de facteurs familiaux, sociétaux, publicitaires et télévisuels, saupoudrés d'une bonne pincée de pensée magique tombée droit du ciel médiatique. Mais certainement pas du plafond des salles de classe.

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