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mab

Doubler ou passer ?

Publié il y a 8 mois par Mab dans Ecole de l’échec ou école de la réussite ? .

Beaucoup d'études montrent que faire doubler un élève est rarement profitable; je dirais que cela l'est dans 10% des cas. Mais faire passer tout le monde est idiot - et injuste pour ceux qui bossent.

Par aillleurs, les grands écarts d'âge dans une classe sont délétères - bien plus pénalisants que les écarts de niveau. Il faut avoir vu des gamines et des gamins de 15 ans, à l'heure, se coltiner des "camarades" de 18 ou 19. Les plus jeunes, ceux qui sont pourtant à leur place, ont l'impression d'être nuls, de ne rien savoir, d'être des bébés. Et ils admirent les grands flancs mous - ou les grans "révoltés" qui ont été incapables de faire le minimum requis. Pourtant, ceux qui n'ont pas doublé savent souvent plus de choses  - et se conduisent la plupart du temps infiniment mieux - que les "grands" qui les empêchent de vivre et de travailler, mais ils croient que la vie des plus âgés est forcément plus passionnante et plus libre que la leur, alors qu'elle est dans les faits désespérément bornée.

Cela dit,  comme le souligne à juste titre Jamfredo, si on laisse passer tout le monde en descendant dans les filières, on a des élèves de qualifiant qui n'y ont rien à faire.

On donne souvent les Finlandais en exemple. En Finlande, on ne double pas, on reste par classe d'âge - ce qui donne aux édiles qui nous gouvernent l'idée que plus longtemps on maintient le tronc commun, mieux c'est, et c'est faux mais passons. Mais s'il est vrai qu'en Finlande, on passe "au bénéfice de l'âge", il est tout aussi vrai que le couperet tombe à la fin de la scolarité obligatoire, vers 15-16 ans, et que seuls les élèves capables sont autorisés à poursuivre vers le lycée, les formations professionnelles prestigieuses, l'université. Les autres, on les teste, on leur cause et on les oriente en formation professionnelle HORS école.

Mais nous avons l'obligation scolaire jusque 18 ans, instaurée dans les années 80 parce qu'il était moins cher de payer des allocations familiales que des allocations d'attente. Nous devons donc accepter tout le monde et son frère, voir se côtoyer dans les classes de quatrième ou cinquième des élèves à jour et d'autres déjà majeurs (20 ans en cinquième technique ou professionnelle, ce n'est pas rare et cela commence en général aussi). Je dis tout haut qu'il nous arrive de diplômer non seulement des quasi illlettrés - mais qui se débrouillent dans les cours pratiques de l'option - , mais aussi et surtout des élèves que nous n'avons tout simplement pas le courage de supporter une année de plus.

Alors que faire? Je crois que les élèves devenus majeurs parce qu'ils ont tant trainé en route qu'ils ont épuisé non seulement leurs condisciples - quand ils ne les ont pas tout simplement conduits à l'échec - mais aussi leurs professeurs et leurs éducateurs, ne devraient tout simplement pas être à l'école. Tous ceux qui sont en classe tout en faisant savoir que l'herbe est plus verte sur le parking d'en face, tous ceux qui pensent que leur derrière sur une chaise justifie qu'on leur octroie un diplôme, tous ceux qui pourrissent littéralement la vie de bien des écoles techniques et professionnelles, je suggère qu'ils soient envoyés par le vaste monde se frotter aux douces réalités de l'existence. On aura alors encore des élèves en retard. Mais de ceux qui sauront pourquoi ils sont là, on pourra peut-être faire quelque chose - et on pourra  envisager, alors, de réduire drastiquement le nombre de doublants et de redorer la filière qualifiante.

 

 

 

16 réponses

thewitch-1258360230-1211

C'est vrai que confrontés à la vie professionnelle, ceux-là se rendraient compte de l'intérêt de l'école, ou de celui de se mettre réellement au travail en faisant qqch de sa vie. Hélas rien n'est organisé pour les adolescents qui ne font pas d'étude mais veulent faire un stage non rémunéré!

jamfredo

Vrai : hier une fille de 15 ans en 2D (2ème secondaire sans avoir atteint les objectifs de 6ème primaire) qui reconnait que son frère de 8 ans écrit et retient plus de choses qu'elle, s'est plante que je la "stressais à tt le tps vouloir travailler et qu'elle n'avait pas choisi d'être là"...

jamfredo

Elle nous souhaite pas être là, nous (mes collègues et moi-même) ne souhaitons pas qu'elle y soit et elle fait perdre son temps au professeur et aux autres élèves (dont beaucoup sont malheureusement dans le même cas...)

jamfredo

Le CEFA semble une solution mais ils n'y restent pas (ceux qui sont trop mous pour l'école le sont encore plus pour travailler et ils reviennent souvent dépités...) Je crois aussi que souvent les parents ne les oblige pas assez à travailler : et si chaque échec entrainait un diminution des alloc ???

jamfredo

Oups : les parents ne les obligeNT ... (désolé)

la-dyslexique

Le redoublement est un massacre pour l'enfant dyslexique : il est inutile de lui faire lire 100 fois le même texte sans lui donner la possibilité d'imager mentalement les quelques 200 mots dits "blancs" , cause du symptôme de dyslexie, responsable de l'apparition d'une confusion mentale qui l'empêche de comprendre ce qu'il lit. Cela fait vingt ans que ce trouble est connu et illustré. Il suffit pourtant de peu de choses pour aménager un tout petit peu la scolarité de cet élève pour qu'il réussisse, mère de dyslexique actuellement en rhéto, je peux vous l'assurer. Or cet handicap scolaire continue à être honteusement ignoré par la CF de Belgique. Je choisis le mot honteusement, car en communauté flamande, des aménagements pour l'élève dyslexique existent.

la-dyslexique

Les compétences demandées aux élèves (et aux gens en général) font appel au sens de la vue essentiellement; il importe de "voir clair" très vite dans la résolution d'un problème, d'avoir une "vision anticipative", une "vision globale" des problèmes etc... Ces élèves naissent avec ce don, ils ne doivent pas l'apprendre. Mais s'ils ne sont pas aidés dans leur scolarité par rapport à leur handicap de lecture entre autres, ils finissent fond de classe, et mettent leur don au service de la délinquance. Leur don en fait le taggeur, le chef de gang idéal. La prévalence de cet handicap est de 10%. Pourquoi personne ne veut s'en préoccuper?

la-dyslexique

Doubler ou passer ? Quel enfant décide un matin en se levant : je ne vais plus rien faire à l'école, comme ça je rentrerai avec un mauvais bulletin, je n'aurai pas de cadeaux à Noël, je me ferai disputer par mes parents, mes grands-parents seront très déçus, mes frères et mes cousins se moqueront de moi quand je serai devenu un doubleur. Mais ça m'est égal, quand je doublerai, je deviendrai le plus mal aimé de l'école, et enfin je pourrai devenir un.......dois je continuer l'histoire? Pourquoi les enfants sont-ils sanctionnés par un redoublement alors qu'ils n'ont pas choisi d'échouer un jour? L'échec arrive sans crier gare, sans qu'ils en soient l'acteur conscient. Le redoublement les en punit, et c'est après, quand la motivation scolaire est partie, que les choses se gâtent vraiment. Qui décroche de l'école? Celui qui n'a pas envie d'étudier ou celui qui a trop échoué, pour qui c'est devenu trop dur?

mab

Vous posez des questions nombreuses qui montrent une inquiétude particulière. Les réponses sont aussi nombreuses et toutes imparfaites. Il y a des enfants qui "choisissent", de manière toute inconsciente souvent et très consciente parfois, d'échouer, pour des tas de raisons diverses.

J'en sais qui ratent parce qu'ils ne veulent pas, même si c'est informulé, dépasser leurs parents, par crainte diffuse de les humilier par leur réussite. Il y en a d'autres qui ratent parce que, habitués dès la plus tendre enfance à voir tous leurs désirs comblés dans l'instant et tous leurs caprices reconnus pour des demandes légitimes, ils ne supportent pas de se prendre en charge et de faire l'effort nécessaire à leur réussite. Ceux-là sont de plus en plus nombreux. Beaucoup échouent tout simplement parce que leur place n'est pas à l'école, qu'ils ont un mal de chien à se concentrer en classe, qu'ils seraient plus heureux sur un toit, dans un champ ou dans une usine. Mais l'école est obligatoire jusque 18 ans et les entreprises comme les petits patrons prennent de moins en moins en charge la formation de leurs travailleurs. Ils veulent des salariés clé sur porte, mobilisables dans l'instant. De plus, on peut comprendre que des boulangers, des plombiers ou des jardiniers aient du mal à supporter des apprentis qui ne savent pas se lever le matin, à qui il faut apprendre à dire bonjour, qu'il faut empêcher d'employer un langage de corps de garde et la pensée qui va avec,qui trouvent toute consigne illégitime, tout en réclamant respect et considération.

Et puis il y a les autres, les effectivement gentils du fond de la classe, les dépassés par les évènements, ceux qui, c'est vrai, doivent parfois travailler double parce qu'ils sont dyslexiques (mais il y a des tas de faux dyslexiques), ont des troubles de l'attention (mais c'est une excuse souvent donnée par des parents que l'attitude de leur gosse dépasse), etc. Il y a des injustices dans le système scolaire. Je serais stupide de le nier. La première d'entre elles est le hasard. Je sais de quoi je parle, je suis une dyslexique rééduquée. Je lis un mot pour un autre, je mélange les lettres et je ne dis rien des chiffres, j'ai longtemps travaillé double et je dois me concentrer plus que la moyenne lorsque j'écris. Ce n'est pas juste, mais c'est comme ça, de la même manière qu'il est injuste de naître aveugle ou laid.

Ne croyez pas que je nie la souffrance causée par des décisions injustes ou que je considère pour rien les attitudes honteuses de certains de mes collègues. A mon niveau, je tente, comme d'ailleurs la majorité des enseignants, je crois, de prendre en compte tous les paramètres de la réussite ou de l'échec d'un élève pour l'aider de mon mieux. Mais l'école ne peut rien toute seule. Et nous sommes loin de la société idéale. On dit que ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort.

Je n'ai pas d'autre réponse à apporter à vos questions, ou plutôt je pourrais continuer comme cela des pages entières. Ca ne vous avancerait pas et moi non plus. Croyez, par ailleurs, que je ne suis pas ennemie du changement, à condition que ce changement soit réfléchi et concerté, pas balancé idéologiquement d'une haut d'un siège ministériel, ce qui a donné les résultats que l'on sait.

la-dyslexique

en page 25 du rapport général établi par le service d'inspection au terme de l'année 2008-2009, on lit que l'inspection constate que les référentiels permettant d'évaluer les compétences manquent de précision, ainsi que le niveau requis varie d'un établissement à l'autre, d'une classe à l'autre.
En langage courant, cela signifie que le redoublement est une décision prise à la tête du client. Le conseil d'Etat juge que "n'a pas les compétences requises pour passer à l'année supérieure" est une motivation suffisamment précise. L'enseignant qui n'a pas envie de comprendre l'échec de l'élève le fait doubler, il ne doit pas justifier sa décision. Les conseils de classe appliquent la règle en vigueur dans l'établissement : à l'école de mon fils, c'est un échec on passe, deux on ne passe pas, quel que soient les échecs. En bio, tous les élèves ajournés ont échoué, seuls seuls qui avaient deux échecs ont doublé. En math, sur 6 élèves ajournés, 4 ont échoué, seul mon fils a doublé, sous prétexte qu'il avait échoué en bio (il manquait des points à la correction de cet examen noté 8/20, fait vérifié par l'inspection qui précise que si le conseil de classe en avait été averti -car l'école avait "égaré" la feuille....- cela n'aurait pas modifié sa décision!?)
Jusque là, on peut penser que le conseil de classe a manqué simplement de prudence.
Mais lorsque les motivations d'échec font état que mon fils est incapable de résoudre une équation du second degré, est incapable de démontrer... il y a douze fois la même phrase, alors que les 3 autres , avec les mêmes points, en sont capables, ce n'est plus un manque de prudence, c'est de la malveillance.
L'enseignant à l'encontre duquel j'ai osé me plaindre en juin est actuellement chargé de mission auprès de la cellule de pilotage. Son examen en juin est ahurissant, il n'y a pas d'évaluation distincte des savoirs et des savoirs faire, la motivation d'échec est "ceci indique que x ne maitrîse pas la plupart des compétences du référentiel".

Quant aux points manquants en bio, ils ont été ôtés APRES une première correction, 3 experts indépendants le confirment.

Quelle est l'intention de cette décision de faire redoubler cet enfant de 16 ans qui n'avait jamais échoué, alors qu'un contexte d'humiliation scolaire est connu?
Quelle est l'intention du conseil de recours de maintenir cette décision de redoublement , dans le même contexte?

mab

Il est évident, à vous lire, que votre fils a été victime d'une injustice et probablement aussi d'une cabale. C'est à mon sens dans la politique de l'école qu'il fréquentait alors qu'il faut chercher des réponses. Je comprends bien, cela dit, que ce genre de démarche au long cours soit dans l'immense majorité des cas, hélas, une perte de temps et d'argent. Je vous suggère d'écrire directement à la ministre avec toutes vos preuves. Une bonne idée aurait été aussi de contacter un journaliste - les écoles détestent ce genre de pub.

Il est un fait qu'il existe, dans tous les réseaux, des écoles qui ont tôt fait de pousser dehors ceux qui pourraient, pour une raison ou une autre, ternir la belle image qu'elles entendent diffuser. Il d'ailleurs très facile de se gargariser de son taux de réussite en première année dans le supérieur quand on a pris soin de se débarrasser des élèves les plus remuants, de ceux qui patinent dans une ou deux matières, de ceux qui "ne suivent pas". Je le sais car j'en accueille chaque année dans mon école pas élitiste. Ils sont souvent amers du traitement qui leur a été réservé.

Cependant, croyez bien que si on s'en tenait à la stricte lettre de la loi, il y aurait bien plus de doublants encore. Vous n'imaginez pas le nombre d'élèves à qui on donne une chance, puis deux, puis trois. J'ai des élèves qui sont passés de classe année après année en montrant des résultats on ne peut plus limites dans la majorité des cours et des échecs dans les autres.

Quand je parlais de la politique de l'école, je voulais dire que ce n'est pas un professeur qui décide de faire doubler un élève. C'est un vote du conseil de classe. Il faut donc que le conseil de classe de votre fils ait voté son échec; il est donc légitime de penser qu'il y a là une politique d'établissement qui s'ajoute à la douteuse pratique du professeur en question.

Enfin, s'il y avait un contexte d'humiliation scolaire connu, cela ajoute à la faute générale. Mais je ne vous apprendrai rien en vous disant que c'est la lutte du pot de fer contre le pot de terre.

tout cela étant dit, la commission de recours externe casse chaque année des centaines de décisions de conseils de classe. Il y a donc bien une régulation de l'arbitraire. Et il y a des écoles qui, malheureusement, s'arrangent pour que ces recours restent mal connus des familles.

la-dyslexique

Madame,



Pour convaincre la direction générale de mener une enquête au sein d'un établissement secondaire du réseau officiel, il faut montrer de nombreuses preuves et surtout beaucoup d'obstination.

La préfète de l'établissement a rendu notre recours inopérant : les profs ont été invités à signer un PV rédigé le 6ème jour après la délibération, nos signatures n'y figurent pas, la préfète "déplore" que les parents ne se sont pas présentés spontanément en son bureau pour y exposer leurs griefs.

Le conseil de recours externe n'a pas examiné les épreuves établissant que l'élève "n'avait pas les compétences requises"

Le conseil d'état a jugé que le conseil de recours n'avait pas à nous entendre (ce qui est répété dans la circulaire 2779 du 25 juin 2009) et que "n'a pas les compétences requises" est une motivation suffisamment précise.

Madame la Ministre m'a conseillé de mettre fin à mes démarches, afin de me recentrer sur l'avenir scolaire de nos enfants.

Dans leur rapport d’enquête, Mesdames les Inspectrices . et . concluent que



« Monsieur . est un professeur exigeant, son cours est d’un haut niveau, il est disponible pour donner des explications en dehors du cours et il s’est toujours bien conduit avec L »

« L n’était pas un élève assidu, son manque de travail paraît notoire, devant ses condisciples, il le reconnaissait lui-même, il était tout à fait incapable de s’auto-évaluer »

« Le profil de L décrit par ses parents et celui fait par les enseignants et les élèves de l’AR . sont diamétralement opposés. D’un côté, un garçon sensible, travailleur qui éprouve quelques difficultés suite à une dyslexie, et de l’autre, un jeune qui n’étudie pas, se moque des professeurs par son attitude désinvolte et essaie de se mettre en valeur par l’aisance financière de sa famille ».



Les rapports d’audition des enseignants ne mentionnent aucun de ces faits, par contre, le rapport d’audition de huit anciens condisciples révèle :



« Au cours de mathématique, il avait une attitude désinvolte, souvent coincé entre le radiateur et ne prenait pas note. Nous étions choqués parce que L était grossier vis-à-vis de Monsieur ., notamment en baillant au cours… Il dessinait des voitures, il trichait aux interrogations, il était très imbu de lui-même et du bien-être de sa famille, son attitude nous énervait, c’est ainsi que beaucoup d’élèves ne le fréquentaient plus. Le fait que L ait échoué n’a étonné aucun élève et n’attriste personne vu son arrogance de toute l’année. »

Ils expliquent également « L pensait que Monsieur . l’appréciait puisqu’il ne lui faisait jamais de remarques mais nous pensons plutôt qu’un professeur ne fait pas de remarques à un élève lorsque cet élève marque ostensiblement qu’il n’a pas envie de bouger »



Le rapport d’audition de Monsieur . nous informe :



« L était un élève médiocre … j’ai développé une attitude bienveillante vis-à-vis de lui : je l’ai envoyé peu au tableau afin de ne pas le mettre mal à l’aise »

« Une seule cotation était contestée par L : question pour laquelle il avait donné une réponse correcte, mais pour laquelle il manquait ou était erronée toute la marche à suivre et pour laquelle je ne lui avais pas octroyé de points. »





Lorsque L se coince contre le radiateur, sur les pieds arrières de sa chaise, et dépose son classeur sur les cuisses afin de l’incliner, ce n’est ni de l’arrogance, ni de la désinvolture, c’est une compensation naturelle qu’il a mise au point pour compenser son handicap : le dyslexique lit difficilement une surface horizontale, il lit mieux si la surface est inclinée.



Lorsque L a terminé une épreuve, s’il a dû la réaliser dans un état de désorientation (provoqué par le stress entre autres), comme tous les dyslexiques, il relit ce qu’il a pensé et non ce qu’il a écrit, ce qui l’empêche non pas de s’auto évaluer mais d’évaluer ce qu’il a écrit. Quant à sa capacité de lire sur la feuille de son voisin, vous comprendrez mes doutes...



Lorsque L est mis dans un état de désorientation dyslexique, il est clair que la prise de notes et la re-lecture de ses propres notes est un exercice hasardeux. La copie est un exercice particulièrement difficile pour cet élève : copier suppose une lecture correcte, une mémorisation et une transcription. L’élève dyslexique fait, lui, un exercice de graphisme pendant lequel il copie, lettre à lettre, lentement, avec un mauvais accès au sens. Les autres élèves sont en train de réaliser l’exercice, pendant que lui, essaie de lire et de comprendre l’énoncé qu’il a mal copié.



Dans 40% des cas, des troubles de l’attention sont associés aux troubles spécifiques du langage écrit, ils en majorent les conséquences.

L écoute mieux lorsqu’il dessine.

L éprouve des vertiges, des maux de ventre lorsque l’état de désorientation ne lui permet plus de lire.

L « voit » la solution mathématiques, mais éprouve des difficultés à expliquer le cheminement mental qu’il a suivi pour arriver à cette solution.



Ces quelques symptômes sont classiques et fréquemment rencontrés chez les élèves dyslexiques.



Monsieur . en a été informé oralement lors de la première réunion des parents de novembre. L’école a été informée de la dyslexie de L dès la première année du secondaire, Madame préfète, en a été informée par écrit à la fin du premier trimestre de l’année scolaire (7 janvier). Monsieur . absent à la réunion de mars, en a été à nouveau informé lorsqu'après multes demandes via le journal de classe, il a m'a enfin reçue, dans le hall de l'établissement, fin mai. A la journée portes ouvertes organisée par l'école, Monsieur . a quitté le local lorsque mon fils a présenté son exposé. Personne ne l'a écouté, puisque le professeur était parti. A quoi bon, c'était un élève si crétin...Le conseil de classe a été informé par écrit du handicap de dyslexie et des humiliations subies lors de la demande de conciliation interne de septembre, le conseil de recours externe en a été informé également.



L’inspectrice de mathématique, à la question « savez-vous ce qu’est la dyslexie » nous a répondu que « c’est quand on inverse les lettres », l’inspectrice de biologie nous a dit « je ne suis pas médecin ». Elles nous ont confié en avoir rencontré « un ou deux » dans leur carrière (prévalence 10%)

Pendant notre audition qui a duré quatre heures le 27 janvier, nous avons longuement expliqué le symptôme de dyslexie de L, les facteurs déclencheurs, et ses conséquences.



L n’a aucun problème en mathématiques, il a été noté 90% en cinquième dans sa nouvelle école, est noté 80% en sixième actuellement.



Son redoublement a été un massacre. Il n'est pas un cas unique.

jamfredo

Sans vouloir vous vexer, L semble dyslexique à un degré élevé. Les professeurs ont des classes nombreuses et de plus en plus difficiles. Ils ne sont pas formés à accueillir des jeunes présentant ces troubles particuliers et il existe un enseignement spécialisé pour les dyslexiques (le type 8).
Quant au redoublement, il est une seconde chance d'accéder à un niveau de compétence non-atteint la première fois. Il est rarement traumatisant pour l'enfant, plus souvent pour les parents de l'enfant...

la-dyslexique

Monsieur, mon fils est extrêmement bien compensé, comme son père et son grand-père. Il échoue la première fois en cinquième année du secondaire, jusque là il n'avait jamais été ajourné. Le professeur, l'école et le conseil de recours étaient informés de la dyslexie de cet enfant. Il double pour une épreuve de biologie qui commence par 16 questions de QCM où il faut "cocher la ou les affirmations inexactes dans les trois premières questions" : la 4ème question est abordée sans consigne. Il faut ensuite recopier le numéro de la question et la ou les lettres de la proposition correspondante dans un tableau en appliquant la consigne "2points si correct et complet, 1 point si incomplet, 0 si faux" Problème supplémentaire : il y a quinze cases, pour 16 questions... Il y a ensuite trois feuilles d'examen, qui, photocopiées depuis 2005, sont devenues à la limite de la lisibilité. Il n'y a pas que pour l'élève dys que c'était mission impossible : presque tous les élèves échouent en juin, ils avaient 2h pour réaliser l'épreuve. 6 d'entre eux sont ajournés (sans cet examen infernal, mon fils a 50/90, avec il a 66.5/150) . En juin, ni les élèves ni les parents ne peuvent voir cette copie, Madame est "au jury central". En septembre, la même épreuve est proposée aux élèves, mais cette fois, ils ont 50 minutes pour la réaliser, madame estimant que c'est un "cadeau" d'avoir la même épreuve. Mon fils obtient la meilleure note 8/20, les autres, non dys, ont un échec encore plus ample que lui. Le conseil de recours n'a même pas examiné l'épreuve, il a estimé que le fait que l'élève n'avait pas marqué de progression prouvait qu'il n'avait pas les "compétences requises"

6 élèves sur 10 doublent au moins une fois dans le secondaire : forcément, le secondaire n'offre pas d'autre réponse pédagogique que le REDOUBLEMENT. En quoi le redoublement de mon fils va-t-il lui servir? En juin, il aura la même épreuve, irréalisable (même par les non dys!!) puisque c'est cette épreuve qui est proposée depuis 2005 en juin et en septembre dans cet établissement où il n'y a qu'une seule enseignante de bio DS. Nous en sommes bien informés : notre fille aînée, non dys a eu juste la moitié à cette épreuve en 2006, pourtant élève très brillante, première de classe en 6ème, prix de la préfète pour l'en congratuler.
Le 4 septembre, nous avons montré au professeur les difficultés de notre fils par rapport à son examen, montré qu'il connaissait sa matière et qu'il savait l'exploiter, la mobiliser, la transposer et la réorganiser pour réaliser les compétences demandées : les exercices concernant l'anabolisme des protéines était parfaitement réussi (noté 16/40 car "il explique mal sa démarche....) Madame a haussé les épaules en nous disant "de toute façon pour ce que ça change..."
EN QUOI CE REDOUBLEMENT LUI EST IL UTILE?????????????
NORMALEMENT C EST A LUI QUE CETTE DECISION PEDAGOGIQUE DOIT PROFITER! IL A DU RECOMMENCER TOUTES LES MATIERES OU IL AVAIT REUSSI!

Lundi à Auderghem la salle était pleine de monde lors du colloque organisé sur la dyslexie : il n'y avait pas d'inspecteurs ni de conseillers péda du secondaire. Seul le fondamental se sent concerné.

Le type 8 pour les dyslexique s'arrête avec le fondamental.

La dyslexie est un handicap scolaire comme la myopie : en refusant de le reconaître, c'est comme si vous enleviez les lunettes à tous vos élèves, trouvant que porter des lunettes n'est pas équitable pour ceux qui n'en portent pas.

Aujourd'hui mon fils dyslexique est en rétho, noté 86% math 86%sciences 74 français 90%anglais. Juste parce que la nouvelle équipe éducative lui donne un peu plus de temps s'il n'a pas terminé son épreuve : rien de plus!

Je vous invite à écouter le débat sur rtl TVi tout à l'heure.

mab

Madame,
Je ne vais pas répéter ce que je dis plus haut. votre fils a connu un redoublement vraisemblablement injuste. Il n'est pas le seul. Les doublants entrant dans cette catégorie sont pourtant infiniment moins nombreux que tous ceux qu'on laisse passer "à l'usure" et qui arrivent en cinquième ou sixième quasiment illettrés, fautes de moyens parfois, faute de travail et d'effort minimal souvent. Doubler une année, je le redis, est profitable dans à peu près dix pour cents des cas.

Mais tout ceci amène les quelques remarques qui suivent.
1) Il existe malheureusement des professeurs qui ne remplissent pas leur charge en tout honnêteté, comme il y a des moutons noirs dans toutes les professions et dans tous les groupes humains. C'est désolant et déplorable, pourtant cela est. Je crains qu'il ne faille faire avec tout au long de son existence. Je crois aussi que la sagesse est , parfois, de cesser le combat, parce que le ressassement conduit à l'amertume aussi sûrement que l'échec immérité.

2) Ce ne sont pas les professeurs qui font les lois et les programmes. Ils sont supposés obéir à toutes les ukases et tous les délires pondus sous les cieux ministériels. Si, un jour, on décide de changer les règles pour, comme dans d'autres pays, déclarer le redoublement hors-la-loi, je serai d'accord, à condition que cette révolution copernicienne s'accompagne des mesures ad hoc et que l'on cesse de donner au CESS la valeur que le certificat d'études primaires a eue longtemps - un sésame pour le marché du travail. Sinon, il faudra DONNER le CESS à tout le monde - et Dieu sait que nous l'accordons déjà souvent sans aucune raison valable.

3) Je suis d'accord avec Jamfredo sur le point qu'il soulève, à savoir que doubler est souvent plus traumatisant pour les parents que pour l'élève. Je dis bien souvent, je ne dis pas toujours. Je vois assez de doublants, triplants et même quadruplants (si, si) pour savoir que beaucoup d'entre eux s'en fichent comme un poisson d'une pomme. S'ils ne s'en fichaient pas, ils feraient le nécessaire - qui n'est insurmontable que dans de rares cas - pour passer de classe, compte tenu du fait que la plupart des conseils de classe (la plupart, encore une fois, pas tous) ont une inclination très sensible à donner sa chance au coureur.
Avoir un enfant qui double est interpellant, on se demande où on a raté quelque chose, ce qu'on aurait dû faire pour que cela n'arrive pas, etc. En tout cas, on se pose ces questions si on a à coeur de faire son boulot de parent un peu convenablement. Très souvent, le parent concerné a fait tout ce qui était en son pouvoir, en terme d'aide, de motivation, d'engueulades éventuelles et de mises en garde. Et l'enfant double quand même, que ce soit de manière légitime ou non. Je crois, madame, qu'il serait temps, pour votre bien et celui de votre fils, de passer à autre chose. Et je le dis tout en sachant de quoi je parle : mon fils aussi a raté une année, et moi aussi.

la-dyslexique

Mon fils n'a pas raté une année, il a perdu le feu sacré de la motivation scolaire qui est incompatible avec la culture du redoublement exercé dans les écoles. Mon fils a perdu brutalement les mécanismes qui compensaient sa dylsexie après ce redoublement, il a été noté 35% en français ce qui était une note tout-à-fait méritée : il était devenu incapable de lire et d'écrire. Il a fallu 6 mois de travail acharné pour récupérer ses performances scolaires, 6 mois à nos frais, 6 mois sans repos, sans récréation. Aujourd'hui il termine sa rétho sans échec, juste pour nous faire plaisir. Il n'a plus de motivation scolaire, il a perdu le feu sacré, l'école a été trop absurde quand il a dû recommencer toutes les matières en 5 ème, trop injuste, trop douloureuse.
Mon fils n'a pas raté une année, il a perdu sa motivation scolaire à 16 ans parce qu'un professeur -promu conseiller pédagogique, il paraît que c'est "une voie de garage" estimait que cet élève était "médiocre" -ce n'est pas l'élève, Madame, ce sont les notes qui sont médiocres- l'a cassé : 1/60 à l'épreuve de juin, "la réponse est juste mais il explique mal le déroulement de l'exercice" et, en septembre "zéro, d'accord tout le raisonnement est juste mais il fait une faute de calcul, la réponse est fausse". Le prof n'était pas à la réunion des parents, j'ai dû faire un sitting à l'école pour enfin le rencontrer en mai : il m'a reçue dans le hall de l'établissement les mains en poche. Quelle est l'intention de mon blog, de mes interventions? Attirer l'attention sur de telles pratiques, susciter la régulation de votre profession d'enseignants, les résultats des études montrent qu'il y a urgence, nos écoles fabriquent des exclus, et, je pèse le mot "exclu". Ma fille ainée depuis toujours rêvait de faire l'école hôtelière. Première de classe depuis toujours, nous lui avons imposé de finir ses humanités, elle est aujourd'hui en Suisse dans une école d'hôtellerie, ce qui est particulièrement coûteux et à notre charge. Il faudra un jour s'occuper aussi de ce problème : à force de se débarrasser des élèves avec qui c'est un peu plus difficile, ils se retrouvent tous, complètement démotivés et révoltés contre l'école dans les filières professionnelles. Y a t il des élèves motivés qui s'inscrivent volontairement dans ces filières? Quel est le rôle de l'école? Trier? Enseigner? Eduquer?

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