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la-dyslexique

Evaluer est une démarche complexe.

Publié il y a 5 mois par La dyslexique dans Ecole de l’échec ou école de la réussite ? .

"Evaluer est une démarche complexe qui ne peut se réduire à l'utilisation d'un outil, à la maîtrise d'une technique, à une méthodologie universelle, fût-elle de qualité".

C'est en ces termes que Madame la Ministre de l'Enseignement Obligatoire conclut la circulaire 3071 du 17 mars 2010, relative à l'évaluation des PMS.

L'évaluation est l'essence même de notre enseignement en Communauté française de Belgique. Combien de personnes, combien de bureaux fonctionnent à temps plein en Communauté française (80% des dépenses de la CF que pour l'enseignement) dans ce seul objectif? On crée l'outil d'évaluation, on le met en pratique, on l'évalue (si si, je vous assure) , on vérifie qu'on l'a bien appliqué, on organise sa contestation... pour finalement se rendre compte qu'évaluer est une démarche trop complexe qui ne peut se réduire à l'utilisation d'un outil... C'est peut-être pour cette raison qu'il est aussi difficile, dans certaines écoles, d'avoir accès à ces copies des épreuves.

 

Les écoles de la Communauté française c'est :

  • 30% d'abandon scolaire
  • un taux de redoublements énorme dans le secondaire : la moitié des élèves qui n'ont pas déjà abandonné l'école sont en retard d'au moins 1 an !
  • un niveau de performance scolaire mitigé au PISA
  • l'école la plus indifférente et la moins performante de toute l'OCDE pour les élèves en difficultés d'apprentissage.
  • une école qui démotive et décourage.

Les écoles du Nord de l'Europe (Finlande) c'est :

  • Pas d'abandon scolaire (quasi 0%)
  • pas de redoublement, tous les élèves réussissent.
  • La Finlande est l'école la plus performante de l'OCDE
  • L'école la plus égalitaire de tous les pays de l'OCDE où les élèves plus faibles sont soutenus et aidés
  • une école épanouissante qui donne confiance en soi.

Le Gouvernement a promis la création d'écoles pilotes.
Nous demandons qu'Il respecte sa promesse et 
nous demandons la création d'écoles pilotes sans redoublement, ni échec scolaire comme en Finlande.

Nous demandons que les droits de nos enfants soient respectés dans nos écoles. Nous voulons avoir la possibilité de choisir un enseignement épanouissant pour nos enfants comme on le voit en Finlande et dans les pays du Nord de l'Europe.   Tous nos enfants doivent pouvoir bénéficier d'un enseignement épanouissant qu'ils soient faibles ou forts; malades, handicapés ou bien portants; pauvres ou riches.

L’éducation de nos enfants est notre affaire !!

si vous en êtes convaincus, je vous invite à signer la pétition ecolenotreaffaire.be

 

 

57 réponses

mab

L'école en Finlande, c'est aussi le couperet qui tombe vers 15/16 ans. On y double très peu, il est vrai. Mais si certains sont admis dans la filière pré-universitaire, d'autres dans des écoles professionnelles qui exigent d'eux de bons résultats à la fin de l'école obligatoire, pour les autres, fini, terminé dès la fin de l'obligation scolaire. Si c'est si merveilleux, pourquoi la Finlande a-t-elle un des plus forts taux de suicide et d'alcoolisme chez les jeunes? Et s'ils n'ont quasi pas d'abandon scolaire, c'est peut-être parce que l'âge moyen du décrochage, c'est justement celui de la fin de la scolarité obligatoire là-bas. Il faut tout de même, de temps à autre, rappeler que tout n'est pas toujours plus vert dans le jardin du voisin!

Notre système a bien des défauts, et vous les citez avec gourmandise, mais si l'éducation de vos enfants est votre affaire, leur instruction relève de l'école, en toute logique.Toute prof que je sois, je serais incapable de transmettre à mes propres gosses les savoirs mathématiques et scientifiques de base, ni leur apprendre avec un tant soit peu d'efficacité l'anglais, le néerlandais ou l'italien.

Votre pétition demande en clair que l'école se charge de tout et qu'elle garantisse à tous le bonheur et la prospérité, bref, le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la crémière. Ce que la plupart des profs vous diront, c'est qu'ils ne peuvent pas grand chose contre l'environnement familial et socioculturel, qui est dans la majorité des cas la cause de l'échec. Beaucoup d'élèves d'adolescents malheureux en classe le sont d'abord chez eux. Vous allez encore monter sur vos grands chevaux en rappelant l'expérience que vous avez vécue - enfin, que votre fils a vécue, pour être plus exacte. Vous avez fait tout ce qui était en votre pouvoir et votre fils a doublé. C'est arrivé, ça a été désolant. Dont acte. Sa vie ne s'est pas arrêtée là. Vous me direz qu'on a vu des jeunes sauter devant le métro pour moins que ça. Généralement, l'école est très loin d'être la cause première du suicide des jeunes - même quand l'un d'entre eux se tue au milieu de la cour de récré.

Alors, au risque de me répéter : je suis évidemment pour que l'école soit la plus parfaite possible. Je suis évidemment pour que chacun y développe au maximum son potentiel intellectuel, technique et même créatif et même social, tant qu'à faire. Je suis pour des programmes conjuguant l'efficacité, la rigueur et l'intérêt (voyez pour cela le ministère, il a de quoi faire); Je suis pour les logopèdes dès la maternelle, là où ils seront les plus efficaces et je suis pour que l'école corrige autant que faire se peut les disparités et les injustices de la naissance (et elle s'y emploie beaucoup plus souvent que vous ne le croyez).

Mais je suis contre les évaluations internationales qui comparent des poires et des pommes sans sourciller et qui évacuent en même temps toute notion de culture et de savoir, faisant en sorte que nos écoles se retrouvent à préparer les élèves à des évaluations bien précises sur des "compétences" tout droit sorties du management sans avoir plus le temps de faire autre chose. Je suis contre l'idée que l'école doive apporter bonheur et épanouissement : excusez-moi, ça, c'est plutôt le boulot des parents au premier chef, de la société toute entière - dont l'école n'est qu'une composante - et des idéologies qu'elle véhicule (il est vrai qu'elles sont assez puantes dans l'ensemble); l'école doit transmettre des connaissances et des moyens de comprendre le monde au sens large - certains y trouveront le bonheur, d'autres pleureront, la plupart feront ce qu'ils ont à faire parce qu'ils auront compris que nécessité fait loi.

Enfin, il n'y a aucun corps social parfait, pas plus celui des enseignants que celui des parents, pas plus celui des élèves que celui des petits vieux et pas plus celui des édiles qui nous gouvernent que celui de nos détracteurs professionnels. Tout le monde a un avis sur l'école parce que tout le monde y est allé ET EN A PROFITE PLUS OU MOINS LARGEMENT et tout le monde ou presque a le sentiment d'y avoir souffert, un jour ou l'autre. Mais croyez-moi, on souffre dans les endroits les plus divers et probablement moins à l'école qu'ailleurs.

Je rêve, mais la loi me l'interdit, de mettre une caméra cachée dans certaines de mes classes et dans d'autres dont j'entends parler souvent. Peut-être que voir de vos yeux ce qui s'y passe communément vous ramènerait à des sentiments plus sereins et plus constructifs.

refusdelechec

Une question : Iriez-vous chez un médecin qui refuse de se documenter et se tenir au courant des traitements actuels performants et qui pratique encore la saignée ? Gageons que non. Vous lui intenteriez surement un procès en responsabilité et vous auriez raison. Vous avez droit au meilleur traitement pour améliorer votre santé, il en est de même pour nos enfants, ils ont droit aux meilleurs profs, ceux qui s’occupent d’eux et les aident à s’améliorer et à apprendre. Sachant que l’échec est inutile au niveau pédagogique et délétère pour le développement des élèves, pourquoi le pratique-t- on ? Certainement pas pour nous prémunir du suicide, comme vous l’affirmez, lorsque l’on connait le nombre de jeunes qui font des tentatives de suicide pour mauvais résultats scolaires et qui arrivent dans les services d’urgence, mais bien parce que les enseignants ont difficile à imaginer qu’on puisse éduquer sans « punir », « sévir », « corriger », « redresser », qu’on puisse apprendre simplement par plaisir, parce qu’on sent qu’on progresse, qu’on est encouragé. Vous êtes persuadé qu’un fouet est nécessaire pour avancer, parce que c’est vous qui administrez les coups de fouet. Pour celui qui les reçoit, il n’est pas motivé à avancer droit ou plus vite, il souhaite juste que cela s’arrête et cherche un échappatoire. Vous avez beaucoup à apprendre et sans doute un petit stage pour voir serait-il indiqué, mais avez-vous envie de voir ?

zabou

Je pense qu'il faut considérer le système dans son ensemble et arrêter de se juger les uns les autres (les profs - les parents). Et ce système EST discriminant.
Moi je voudrais qu'on arrête de penser que tout enfant est capable de faire des études supérieures. Je pose l'hypothèse qu'il s'agit d'une nouvelle utopie et que nous courons après l'impossible... sauf à reconsidérer notre approche théorique et à vraiment nous intéresser aux pratiques des métiers manuels.
Je suis maman et ma fille a doublé deux fois (une fois en primaire, une fois en secondaire) et je la pousse, en bonne mère... Elle a déjà doublé sa première d'études supérieures... Elle est obstinée, elle ne fait pas de résumés et c'est son comportement qui n'est pas adapté à la situation. Oui. Ce ne sont pas ses professeurs, je pense. Elle a toujours eu du mal avec le français et voilà...
Les deux autres enfants s'en sortent en toute autonomie, allez comprendre... Un enfant n'est pas l'autre...
Mais je suis d'accord pour l'importance de la motivation et je proposerais une évaluation à discrimination POSITIVE. On peut se distinguer par des bonnes notes et je constate que les élèves aiment bien avoir des bonus, je leur en donne quand ils se démarquent positivement!
Je ne serais pas contre les laisser passer automatiquement avec des mentions positives de qualité qui leur permettraient de se positionner par rapport aux études supérieures éventuelles... Aujourd'hui, on laisse croire à tous qu'ils vont pouvoir faire des études supérieures avec leur CESS en poche... Quelle blague! On ferait économiser des sous aux parents...
Pour rappel : 10 % des diplômés du CESS sont analphabètes!
J'ai assisté dernièrement à un cours dans l'enseignement spécialisé : franchement, ces élèves ne sont pas plus bêtes que certains de l'enseignement technique qui ne savaient même pas mettre de la ponctuation dans leurs phrases... et écrivent comme ils parlent! (expérience vécue... Je m'en suis tiré les cheveux!).

refusdelechec

Votre fille nécessite un soutien particulier en français que ce système prôné pourrait lui apporter, en plus de la confiance en elle, dont elle a besoin pour progresser et se construire. Ce n’est pas évident de penser que c’est possible et que ça fonctionne ailleurs et qu’on a peut-être tout faux dans notre idéologie de la nécessité du bâton pour avancer. Des élèves qui ont du soutien, des encouragements durant leurs études ne sont JAMAIS analphabètes, tous les élèves sont capables d’apprendre. Si l’enseignant voit positivement les élèves, ils deviendront bons, voire excellents, par contre, s’il les voit négativement, ils ne donneront jamais, le maximum de leurs capacités. Nous sommes tous différents et l’enseignement doit améliorer nos capacités. Pouvons-nous vous conseiller l’excellent livre de Paul Robert « La Finlande, un modèle éducatif pour la France ? » Vous serez charmée.

la-dyslexique

parce qu'on évalue au lieu d'enseigner. On ne cesse d'évaluer, de porter un jugement sur les élèves voire les parents au lieu d'instruire. Il faut coller au programme alors que le rapport général de l'inspection reconnaît qu'il est trop imprécis et que les "compétences requises" varient d'un établissement à l'autre, voire d'un prof à l'autre. Sans évaluation, que deviendraient certains enseignants? Sans la menace des points, seraient-ils écoutés? C'est là que se pose le vrai problème. Vous poussez votre fille dans l'enseignement général, avez vous un autre choix? En dehors de l'ordinaire, vous ne trouvez que les exclus de l'ordinaire. Situation vraiment consternante, qui ne correspond ni au choix des élèves, ni aux besoins du marché du travail. Ce ne sont pas des réformettes du style de l'évaluation externe ou l'évaluation par socle de compétences qui va changer quelque chose. Il faut une réflexion plus profonde : comment motiver les élèves à écouter leurs professeurs, comment motiver les enseignants à avoir envie d'apprendre quelque chose aux élèves, plutôt que de les trier.

refusdelechec

Bravo pour l'initiative ce qui est possible quelque part doit l'être aussi partout où ceux qui y croient le veulent vraiment. Ce qui rend malheureux dans une culture doit être aboli.
Les PARENTS veulent TOUS une école au service de l’apprenant, UNE ECOLE qui assure le
•DROIT A L’EDUCATION pour TOUS. Les enfants sont tous différents, mais quelles que soient leurs origines, ils ont tous des potentialités qu’il convient de développer.
•DROIT AUX CONDITIONS DE LA REUSSITE. Avec un soutien adéquat de la part de l’école et des enseignants (pédagogie différenciée qui donne du sens aux apprentissages et remédiations cjblée sur les difficultés des élèves poury apporter une solution), les élèves sont tous capables d’acquérir des compétences de base.
•DROIT A UN ENSEIGNEMENT EPANOUISSANT. L’école doit être épanouissante, respecter les apprenants, leurs différences, leurs difficultés et leurs rythmes d’apprentissage, et considérer que chaque enfant est important et précieux.
•DROIT A LA REUSSITE POUR TOUS. La pédagogie doit FORMER, socialiser et non sélectionner, pour cela, l’évaluation doit être repensée, pour ne plus classer, marginaliser ou, pire, humilier. L’évaluation doit devenir motivante et permettre aux enseignants d’ajuster leurs cours au niveau des élèves. L’école doit préférer l’intégration à l’organisation d’un enseignement spécialisé. Elle doit aider les élèves à construire leurs projets de vie et retarder l’âge de l’orientation à 16 ans, par l’absence de filières et de sélections préalables pour donner des chances d’émancipation à tous.

commissairarien

L'évaluation est certes nécessaire pour permettre un feedback des acquis. Cependant, il sert encore trop souvent à classer en "bons et moins bons élèves". Personnellement, j'ai suivi mes secondaires en latin-math-sciences. J'ai doublé trois années. Ma relation avec les enseignants étaient tendue car ils n'admettaient pas que je galvaude mes capacités intellectuelles en me contentant du minimum pour réussir mon année. J'ai donc fait l'objet d'une attention particulière de mes mentors qui m'a conduit à passer la majorité des cours d'option dans le couloir. Malgré cela je parvenais encore à suivre. Finalement, suite à ces exclusions répétées j'ai fini par perdre le rythme et redoubler certaines années. Mes bis m'ont chaque fois valu la plus grande distinction.
Je n'en veut pas à ces enseignants, ils étaient mal armés pour répondre à cette situation de désinvolture de ma part. Ils n'y voyaient qu'un manque de volonté de ma part, alors qu'en réalité je m'ennuyais au cours et je ne voyais pas ce qu'une intégrale ou la rhétorique allaient m'apporter dans la vie. Cadre supérieur dans la fonction publique, je peux vous dire que cela me sert assez régulièrement.
Je n'en veux pas à l'évaluation ou aux profs, j'en veux à notre culture duale du bon et du mauvais. De plus les enseignants devraient bénéficier d'une formation pointue en accompagnement de personne ou de coaching qui leur permettrait, dans bien des cas, de contrer le désintérêt scolaire de certains élèves.

C'est ce vécu qui m'a conduit à tenter de créer une académie des parents. L'objectif est triple.

1- informer les parents sur des thèmes tels que le soutien scolaire, l'éducation sociale, le coaching scolaire, les relations parents/enseignants, les possibilités d'accompagnement de leur enfants,....Bref, tenter de donner une information relative à toutes les questions que des parents se posent.

2- un accompagnement individualisé soit des parents, soit de l'enfant pas le biais du coaching.

3- un accompagnement des enseignants confrontés à des attitudes de parents ou d'élèves qu'ils ne parviennent pas à maîtriser. Je tente également de leur donner ou des pistes de réflexion ou des outils pour répondre aux situations relationnelles les plus diverses.

Bien entendu, tout cela à un coût. Si dans un premier temps j'ai pu compter sur des locaux prêtés par une école, des travaux de rénovation et de réorganisation des bâtiments m'ont privé de ces locaux.
Pour les accompagnements individuels, je faisais du bénévolat pour permettre aux familles modestes d'en bénéficier. Mais les frais sont vite devenus importants (téléphone, courrier, déplacement,...), J'ai donc deux options : l'une payante, l'autre subsidiée. Mais le budget communautaire est ce qu'il est.

refusdelechec

Si vous jugez que le traitement de faire bisser, en dehors des considérations budgétaires, n’est « pas si mauvais », pour vous-même, soit, puisque vous vous en êtes sorti en bissant 3 x, oubliant par là les risques de démotivations et de sensation de se sentir « nul »que vous avez certainement dû encourir. D’autres parents souhaitent qu’on essaie pour leurs enfants autre chose qui a fait ses preuves et marche ailleurs, afin que leurs enfants ne perdent pas confiance en eux et dans leurs capacités et aient une image positive d’eux mêmes. Ce n’est pas à vous à décider que nos enfants doivent s’accommoder d’une idéologie absurde qui a failli vous casser et qui risque bien de ne pas les arranger. Les parents, selon l’Europe, ont le droit de décider en fonction de leurs convictions PEDAGOGIQUES, ce qu’ils pensent qui convient le mieux à leurs enfants. Le système dont vous faites le mérite (pour vous rassurer sur son utilité puisque vous l’avez vécu et subi) n’arrange pas nos enfants qui sont malheureux, alors qu’ils ont aussi droit à un peu de bonheur à l’école, puisqu’on voit que c’est possible ailleurs. Ce doit être possible chez nous aussi. Quant à informer les parents, d’accord si c’est d’une information valable qu’il s’agit (les nombreuses études qui font état de l’inutilité du redoublement) et non du paternalisme que vous prônez qui ne sert qu’à obliger les parents à accepter notre système scolaire et les échecs de leurs enfants et que le soutien que vous envisagez ne coûte pas davantage aux parents, mais soit effectivement pris en charge par les enseignants eux-mêmes, sans quoi, à quoi cela servira-t-il ?

zabou

Mais pourquoi croyez-vous qu'ils sont tous malheureux? Ils s'amusent, Monsieur, bien plus que nous à notre époque;.. Je ne peux pas vous rejoindre sur ce jugement des pauvres petits élèves gentils et qui ne demandent qu'à apprendre... même si je passe des heures à essayer de trouver la manière d'aborder un sujet pour que ça les intéresse (ce qui est la tâche de tous les profs)...

mab

J'ai écrit ailleurs dans ce forum que je pensais que la plupart des redoublements étaient inutiles. Je vais dire platement pourquoi : si l'élève double parce qu'il est "bête", il n'y a guère de chances qu'il soit franchement plus malin l'année suivante - et il y a des enfants "bêtes", quoi qu'en pensent par ailleurs tous les thuriféraires de l'égalité utopique; s'il double parce qu'il a eu des problèmes de santé physique ou mentale, que son père bat sa mère ou l'inverse, qu'il vit des dans conditions d'une précarité indigne, cela ne fera que l'enfoncer et le décourager, sans parler du sentiment d'injustice qu'il ressentira; s'il double parce que ses poussées d'hormones l'ont empêché de faire deux et deux font quatre pendant dix mois, il y a gros à parier que le pire sera passé l'année suivante et qu'on pourrait lui donner sa chance en échange d'engagements stricts de sa part; s'il double parce qu'il est arrivé en parlant chinois, berbère, inuit ou hongrois, c'est pas de chance, mais c'est hélas aussi un des aléas de l'immigration; enfin, s'il double parce qu'il a préféré compter ses orteils et s'amuser beaucoup depuis la maternelle plutôt que de daigner ouvrir les yeux sur ce qui l'entoure, qu'il a résisté avec une passivité admirable à tous les encouragements, toutes les "remédiations", toutes les supplications parentales et professorales, ma foi, tant pis pour lui, il a fait un choix qui somme toute lui appartient.

Ceci étant dit, Zabou a raison de dire que 10% des détenteurs du CESS sont illettrés voire analphabètes. La réalité des bien des écoles, c'est qu'on laisse passer infiniment plus de monde que ce que la réalité des points autorise. Le système est discriminant, certes. Vous ne voudriez pas, je pense, et pour reprendre l'exemple de refusdelechec plus haut, aller chez un médecin qui a eu son doctorat parce qu'on a considéré que son envie de soigner valait bien les connaissances qu'il faut pour cela.

Alors, je le répète : il y a de la cruauté et de l'absurdité à maintenir à l'école des jeunes qui n'en on rien à foutre ou qui n'y sont pas à leur place. Il y a de la lâcheté à ne pas voir que la scolarité obligatoire jusque 18 ans est une mesure insane, prise pour des raisons de comptage du chômage bien plus que pour des raisons vraiment pédagogiques. Il y a une mauvaise foi assez écoeurante à la fin à proclamer partout qu'il faut mettre le système à plat alors que tout le monde sait qu'il n'y a pas le plus petit centime d'euro pour le faire - et je ne dis rien des pesanteurs éléphantesques du ministère et des pédagogos qui y ont les pieds au chaud, loin de la réalité des classes et des véritables nécessités d'une transmission efficace.

Pour finir, les avis qu'on lit ici depuis tant de semaines passent très largement au dessus de la tête de la plupart des parents concernés, qui sont généralement demandeurs de points et d'évaluation chiffrées. La société toute entière est mise en colonnes de chiffres depuis cent ans et il faudrait que l'école arrête tout à trac d'évaluer? Je me passerais volontiers des évaluations externes et des systèmes de pilotage onéreux et je prie pour disposer de programmes intelligents avec lesquels je ne sois pas obligée de tricher à tout moment. Mais sachez que les élèves , dans leur majorité, ne se mettent au travail (parce que c'est du travail, pas du plaisir transi à l'idée d'apprendre et de découvrir) que s'il y a des ponts à la clé. J'en fais l'expérience tous les jours. J'ai beau expliquer pourquoi nous allons faire telle lecture, réviser tel point de grammaire, écouter tel documentaire, les trois quarts n'en font rien si ce n'est pas pour des points. Ils ont été pervertis par un horrible système, me direz-vous. Peut-être. Si vous voulez le mettre à plat, il faudra pour cela commencer en première maternelle, ça prendra dix-huit ans, mais soit. Nous aurons donc dans dix-huit ans une génération merveilleusement épanouie de diplômés béatement heureux qui se fracasseront comme du cristal sur le pavé contre les dures réalités de la vraie vie.

zabou

Il faudrait s'intéresser aux nombreux profs de morale qui contournent le système en ne mettant jamais en échec... Ca fait mal aux profs qui suivent et qui évaluent mais il semble que ça permette de faire du boulot plus sincère avec les élèves... Le problème étant toujours qu'on fasse TOUS la même chose!

refusdelechec

Devons nous vous remercier pour votre sollicitude de vouloir éviter que nos enfants ne se suicident (votre première intervention), ou ne deviennent des « diplômé s béatement heureux qui pourraient se fracasser comme du cristal sur le pavé des dures réalités de la vie », en nous vendant les « mérites » de pratiques éducatives brutales et agressives, comme s’il s’agissait d’un « vaccin efficace » !!!. Sans doute Hans Sellye qui a découvert les mécanismes du stress, sera-t-il surpris de vous lire, lui qui a démontré que les êtres vivants, (les rats de labo comme les humains) pouvaient surmonter le stress une fois, grâce à ce qu’il a qualifié de « énergie d’adaptation », mais qu’une fois l’« énergie d’adaptation épuisée », c-à-d, lors d’un nouveau stress, quand on ne peut ni fuir (école obligatoire) ni lutter (impossibilité pour l’apprenant de s’opposer à la note sanction), on retourne l’agression contre soi même et on tombe dans une série de maladies psychosomatiques ou dans la dépression. Vous n’êtes pas sans ignorer qu’on ne guérit jamais tout à fait tout à fait de son enfance, ni des blessures infligées par ses parents, ni des agressions de la société, ni des blessures infligées à l’école, ou de l’humiliation scolaire. Nous vous conseillons à ce sujet, l’excellent livre publié aux PUF de Pierre Merle, « L’élève humilié », vous ne le regretterez pas.

refusdelechec

Ce qui vous agace, visiblement, c’est que des parents osent réclamer pour leurs enfants, ce qui marche ailleurs avec succès : de l’aide, du soutien, de la compréhension, de la sollicitude de la part des enseignants. Pour le réaliser, il faut une qualité indispensable aux enseignants, c’est la capacité d’empathie de l’enseignant vis-à-vis des apprenants. Cette qualité, qui vous fait visiblement défaut, est indispensable pour voir que l’enfant souffre, pour découvrir que celui qui est difficile, qui « ne fout plus rien », comme vous l’affirmez, n’en peux plus ! A force de lui montrer ce qui ne va pas lors des évaluations, il se sent « nul », c’est tout ce que vous aurez réussi à faire. On comprend dès lors, que le boulot de prof soit si peu gratifiant. Et pourtant, quand un prof arrive avec ses élèves à leur montrer qu’ils sont dignes d’intérêt et qu’ils ont une valeur, ce métier devient le plus beau métier du monde. Nous sommes sur terre pour transmettre à nos enfants des connaissances et des valeurs, c’est pour cela que l’école a été créée, c’est d’ailleurs la mission que la société à demandé au monde enseignant. Certains pays y arrivent, avec un niveau excellent, ce sont des pays qui ont réfléchi aux besoins des apprenants, en remettant en cause l’idéologie de la « nécessité de la sanction pour apprendre », car cela ne marche visiblement pas. Ils ont transformé l’école en un havre de paix et d’apprentissage épanouissant en… seulement sept années !!! avec des enseignants d’abords septiques puis convaincus, pour le plus grand bonheur des enfants et de la société toute entière qui bénéficie de travailleurs diplômés, de surcroit d’un excellent niveau et dont il est difficile d’affirmer qu’ils seraient, avec un tel niveau, moins fainéants que les nôtres, de manière innée. Ceci nous force à constater que l’évaluation dévalorisante et agressive telle qu’elle a été réalisée chez nous est inefficace, tandis que l’évaluation motivante (celle du bic vert) pratiquée dans ces pays est un succès indéniable, voila le secret, et pourquoi, il faudra évoluer. C’est parce que vous ne voulez pas voir, que vous criez haut et fort à la « paresse innée de nos jeunes belges», comme responsable, alors que nos enfants qui subissent ce système scolaire « sélectif » sont les mêmes homo sapiens sapiens que les apprenants de ces pays qui bénéficient d’un système scolaire « socio-constructiviste ».

zabou

Que de préjugés, Monsieur "Refusdelechec"! Dire des enseignants qu'ils n'apportent pas d'aide, de soutien, de compréhension... Devrais-je vous parler de ces profs qui sont tout tristes de donner les points aux élèves et ceux-ci en arrivent d'ailleurs à consoler le professeur... Non, vous ne pouvez juger de la réalité de toute une profession car vous n'avez que vos références personnelles.
Vous vous trompez de cible en accusant les enseignants : c'est le système que vous remettez en cause et celui-là, je vous assure qu'il n'est pas facile pour un prof d'y échapper. On est contrôlés! On nous demande de mettre les élèves au pas, qu'ils soient disciplinés, très obéissants, et si vous voulez éduquer vos élèves à l'autonomie, ce n'est pas l'endroit idéal, je vous le concède!
Allez, vous aussi, dans le site "www.enseignons.be" si vous voulez vraiment comprendre, vous trouverez dans le menu les cartes blanches et le témoignage sur un prof de français qui faisait des merveilles et qui a été cassé!

zabou

L'école en questions

Lire et Ecrire participe à la campagne « L’école en questions ».

Cette campagne est le fruit d’une collaboration active entre des associations qui veulent travailler ensemble dans la diversité pour affronter, sans tabous, des questions d’aujourd’hui et de demain autour de l’école. Dans un premier temps, l’objectif central est de permettre aux différents acteurs de débattre de manière participative sur les questions de l’école d’aujourd’hui et de demain.

Plus d'informations sur le site http://www.ecoleenquestions.be/

la-dyslexique

Sans tabous. Pourquoi les avancées magnifiques dans le domaine de la psychologie cognitive n'ont-elles aucune réponse dans l'organisation de l'école? Pourquoi le CEB, pourquoi le redoublement alors que suffisamment d'études mettent en garde contre ces pratiques délétères et inéquitables? Pourquoi, quand juste parent de dyslexique, j'explique pourquoi il a raté une interro, le prof hausse les épaules, en me disant "de toutes façons, pour ce que ça change", et que la direction m'explique que les parents n'ont pas à s'occuper de pédagogie? Qu'est-ce qui coince? pourquoi on n'avance pas avec certaines écoles, certains enseignants, dans ce dialogue participatif? Avec qui voulez vous participer si vous ne nous entendez pas?

la-dyslexique

Je connais des infirmières qui parviennent à éduquer leurs patients diabétiques musulmans pendant la période du ramadan. Sans cette motivation à bien expliquer, sans susciter chez leurs patient l'envie de comprendre et d'apprendre pour être compétent à gérer leur diabète, quels seraient les résultats de leur évaluation, pourtant aussi facile, objective et possible que les examens de fin d'année : la prise de sang, qui indiquerait à coup sûr que c'est le patient qui est nul et doit être exclu de son programme d'éducation?
C'est évidemment plus facile de constater l'échec que de tout faire pour l'éviter. C'est plus facile d'exclure les "difficiles" et de garder les faciles. On ne perd pas de temps, on est de toute façon payé le même prix à la fin du mois, non?

zabou

On ne compare pas des prunes et des poires. L'infirmière est dans une relation duale, elle n'a pas une classe devant elle!

zabou

Regardez p

zabou

L'incompréhension du type "de toutes façons, pour ce que ça change" est vraiment représentatif d'un enseignant malade, qui a cessé de combattre. Je voudrais bien avoir des statistiques des maladies pour dépression des professeurs, à mon avis, sur ce point, on pourrait peut-être travailler ensemble?
Croyez-vous que nous allons construire quelque chose en nous dévalorisant l'un l'autre? Pas vraiment négociateur comme approche... ni constructif pour des gens qui veulent fa

zabou

Je reprends :

qui veulent faire évoluer le monde...

la-dyslexique

Toujours dans mon exemple, finalement, autant qu'ils ne comprennent rien, ainsi on peut continuer à facturer deux fois 4 eur pour leur faire leur insuline à la sécurité sociale. Cela ne prend que deux minutes, au fond, c'est vite gagné, et par les temps qui courent, les petits ruisseaux font les grandes rivières. Amusant tout de même de savoir que non seulement les établissements scolaires ne sont pas payés au résultat, mais en plus, sont mieux payés quand ils ont beaucoup d'élèves. Autant les faire redoubler, ça rapporte plus que de se creuser la tête pour leur éviter d'échouer. Normal que l'école n'est pas prête à s'adapter à l'élève, c'est l'inverse qui est encouragé. Je parie que s'il y avait une prime liée au nombre de réussite, nous aurions moins de redoublements.

zabou

J'abandonne... Pas étonnant qu'on des élèves réticents à participer quand on vous entend... Je suis persuadée que la première des conditions pour la réussite est qu'enseignants et parents aient la même vision de leur éducation. Sinon, on appelle ça une injonction contradictoire et ça rend fou..., Comme quand le père et la mère ne sont pas d'accord sur la façon de les éduquer!

la-dyslexique

L'éducation des adultes ou l'éducation des enfants, c'est toujours de l'éducation, et cela implique un comportement ouvert vers l'autre, dans une relation d'aide. L'élève a besoin qu'on l'aide à apprendre, on le juge au lieu de l'aider. Pour ce faire, il faut avoir une attitude émotionnelle adéquate. Nous possédons 4 émotions la joie, la tristesse, la colère et la peur. Le burn out est appelé la "mérulle émotionnelle" et je pense que beaucoup d'enseignants en sont atteints. Il leur serait bien bénéfique d'avoir des lieux et des temps de paroles, les articles publiés sur ce site le mettent en évidence, vous avez lu mab et jamfredo? Cela met des années à s'installer, cela fabrique des robots, qui mettent 9.5/20 à un examen, qui mettent une deuxième session pour un 74/150, parce qu'ils ne sont plus jamais dans un registre émotionnel, registre nécessaire à établir une relation avec quelqu'un, à juger d'une situation ou l'humain est à prendre en considération. Ils sont cyniques, blasés, sans projets. Je refuse de leur confier mes enfants.

la-dyslexique

Je n'abandonne pas. Je n'ai pas abandonné mon fils, comme l'école l'a fait. C'était difficile, mais j'ai eu raison de ne pas abandonner.

la-dyslexique

Je maintiens que si les enseignants avaient une prime à la réussite de leurs élèves, il y aurait moins de redoublement. Ce qui visiblement est impossible à surmonter dans l'enseignement avec des élèves démotivés et des parents irrespectueux devient possible dans les écoles privées. Ceci implique-t-il que quand on est riche on "éduque" mieux ses enfants? C'est ce que vous nous expliquez, celui qui échoue c'est parce qu'il est mal éduqué, que les parents le laissent jouer aux jeux vidéos, et qu'il préfère ne rien faire depuis la maternelle au lieu ... excusez moi, Mab, je comprends que vous faites ce que vous pouvez, mais je ne peux adhérer à vos préjugés.

la-dyslexique

Nous sommes tous bien conscients -cf constante macabre- que c'est nous mêmes qui exigeons le meilleur de nos enfants, et nous faisons les mêmes amalgames : le 60% n'est pas félicité, "tu pourrais faire mieux", les copains qu'on ramène à la maison, on les préfère dans les premiers de classe plutôt que dans le fond... et on ne résiste pas, à la maison de demander "qu'est ce qu'ils font tes parents?". La différence entre les parents et les enseignants, c'est que nous, nous n'avons pas été formés à être parents, on apprend sur le tas, alors que l'enseignant est un professionnel de la pédagogie. En toute logique, il devrait pouvoir nous aider, il en connaît plus que nous pour faire apprendre à nos enfants. mais ça ne marche pas... Quels que soient les problèmes, le conseil pédagogique est toujours "manque de travail"

la-dyslexique

L'école n'est pas morale. On y apprend à tricher, à mentir, à fayotter, à dénoncer. On n'en sort jamais indemne, même quand on réussit. il y en a toujours au moins un dont on se souvient, un prof qui était vraiment injuste, un élève dont on s'est moqué, une interro où on a triché. Même quand à la maison, les parents éduquent leurs enfants avec des principes de confiance, de solidarité et de respect de l'autre. Que devons nous faire de plus? Nous signons les journaux de classe, nous veillons à ce que les devoirs soient rendus, nous amenons nos enfants à l'heure à l'école, nous ne prenons pas de congé en dehors de l'école, nous sommes présents, entassés comme du bétail dans les couloirs lors des 4 réunions de parents organisées par l'école. Que devons nous faire de plus? Quand l'élève est avec vous, à l'école, comment voulez-vous qu'on lui rappelle qu'on doit couper son gsm en classe s'il a oublié? Qu'on dit bonjour au professeur, même si on est en train de parler à un copain? Qu'on écrit proprement, qu'on écoute le prof, qu'on ne bavarde pas avec son condisciple. Mais enfin, c'est votre boulot, nous ne sommes pas avec nos gosses en classe, nous vous le confions, sommes entièrement d'accord avec le règlement de l'école. Nous ne râlons même plus quand on vous les amènes tôt dans les embouteillages alors que finalement ils commencent par deux heures d'étude pour prof absent, ils ont leur livre à lire...Que nous demandez vous , exactement?

mab

Vous faites tout cela. Vous faites partie des parents responsables. Tous ne le sont pas, par exemple ceux qui téléphonent à leurs enfants à l'école sans se tracasser qu'il soit en classe ou en récré, et qui exigent, par courrier, que leur enfant puisse répondre à n'importe quel moment, même si c'est pour lui dire de prendre le pain en rentrant. Ce n'est qu'un exemple. Il y en a mille comme ça.

J'avais fait une réponse circonstanciée à vos courriels et à ceux de Refusdelechec. On m'a modérée "a priori", en moins d'une seconde. Je n'insultais personne, j'argumentais. Comme manifestement les modérateurs à priori n'aiment pas qu'on rappelle certaines évidences de base, je fais comme Zabou, je me retire d'un endroit où il est mal vu de ne pas considérer l'école comme un goulag.

refusdelechec

Pourquoi parlez-vous de cette histoire de GSM très éloignée du débat, si ce n’est pour critiquer jeunes et parents, alors que dans certains pays, si ces jeunes ne dérangent pas, on ne leur confisque pas ? J’apprends que vos propos excessifs ont été refusés par le médiateur, je l’ignorais. Tant pis, les lecteurs ne pourront pas juger de la qualité de votre argumentation. A moins qu’à part, parler encore de la « fainéantise innée » de nos enfants qui nécessiterait pareille méthode éducative, fait de « redressement », vous n’ayez plus d’arguments pour justifier une méthode qui n’a jamais pu démonter son efficacité, qui est responsable de démotivation, de découragement, de perte de confiance en soi, d’abandons scolaires (30 %) et du mal être de nos jeunes.
Oui, nous voulons que l'évaluation de nos enfants, soit celle du "bic vert", une évaluation motivante, non stigmatisante, une évaluation qui tienne compte des progrès de nos enfants, une évaluation "par contrat de confiance", nous désirons tous que les enseignants évaluent nos enfants différemment pour qu'ils restent motivés.

mab

1) J'ai été modérée à priori, en moins d"une seconde et à trois reprises. Le modérateur est peut-être un génie, mais je doute qu'il puisse lire quelques 130 lignes en une seconde. Et encore moins juger des mes "propos excessifs"!

2) Je parle du Gsm parce que le post précédent y fait allusion : "comment voulez-vous qu'on lui rappelle qu'on doit couper son gsm en classe s'il a oublié?".

3) Il est manifeste que vous n'aimez pas qu'on vous réponde ou qu'on vous contredise. Donc on ne le fera plus pour l'instant. J'ai trop l'impression de perdre mon temps.

refusdelechec

1) Il est clair que vous n’avez pas été modéré, je m’en étonnais aussi, mais que vous êtes soit très impatiente ou impulsive, soit simplement PARANO, parce que tout de même, une seconde, on ne peut pas appeler cela de la modération, quand à moi, je n’ai rien chronométré. Une chose est claire, vous n’acceptez pas la remise en cause de votre pratique éducative et nous estimons avoir le droit de le faire. Il y a mieux ailleurs et c’est ce que nous voulons pour nos enfants.
2) A propos du GSM, Mme la dyslexique parlait d’"oubli" de l’éteindre de la part de son enfant, vous, de parents intempestifs et irrespectueux, alors que ce peut-être Mobistar, Belgacom ou autre personnes indésirables. Mais pour vous, ce DOIT être un PARENT. Quel parent, se risquerait, à le faire, connaissant le prix d’un GSM, vous les prenez vraiment pour des « demeurés » !
3) Si nous n’avions pas d’excellents arguments qui tiennent la route, nous ne saurions pas argumenter correctement et, rapidement, chacun se rendrait compte que nous avons tort. Il est permis aux parents d’être d’excellents argumentateurs quand ils connaissent le sujet et que de surcroit, cela leur parait évident de réclamer une évaluation motivante faite de respect pour les apprenants ? Les parents qui refusent l’échec pour leurs enfants et réclament une évaluation motivante ont énormément d’arguments et cela leur est très facile d’argumenter, surtout si la ministre utilise les mêmes arguments ! Il suffit de les reprendre !!

mab

Voici ce qui a été modéré, ne vous en déplaise, vendredi après-midi. Je le mets dans deux cadres différents et on verra si ça passe. Et, rassurez-vous pour ma santé mentale, je ne suis pas parano.

mab

Je viens de poster, et la phrase "Votre commentaire a été modéré a priori et n'est donc pas validé" est apparue. Il doit y a voir un mot qui ne convient pas à la machine. Quant à savoir lequel!

mab

Essayons par petits bouts!

mab

Puisqu'il faut plaider sa cause, plaidons. Il se trouve que, dans vos interventions, on voit apparaitre tout ce qui, à mon sens, a causé un tort irréparable à une quantité d'enfants depuis tantôt vingt ans (si pas trente). Vous vous complaisez dans l'image d'une école élitiste (cela concerne probablement moins de 10% d'entre elles), pleine de professeurs dont le premier souci est d'enfoncer leurs malheureux élèves plus bas que terre, incapables de se remettre en question et détestant cordialement vos chère têtes blondes ou brunes et les parents qui vont avec. Puisque je suis en vacances depuis deux heures, je vais prendre le temps de vous répondre point par point.

mab

Et voilà, mon point a) est modéré! Comme je le disais, j'abandonne pour vrai.

refusdelechec

Vous affirmez qu’il n’y aurait que 10 % d’écoles élitistes, étrange, d’ où tenez vous ces statistiques qui n’engagent que vous, alors que toutes nos écoles (100%) le sont, car trient et relèguent, puisqu’elles mettent TOUTES des tas d’élèves en échec, TOUTES ne sélectionnent que les meilleurs élèves qui seront, pour elles, dignes de mériter un diplôme ! Elles font redoubler ceux qui présentent de petites difficultés au lieu de les aider à les surmonter, puis, lorsqu’ils ont totalement perdu confiance en eux et dans leurs capacités, elles les évacuent en sections techniques et professionnelles, sections de relégation non choisies, sans aucun état d’âme. Les échecs répétés vont amener les jeunes au découragement et à l’abandon scolaire précoce, le résultat est pour les jeunes 30 % d’abandons scolaires, ce qui signifie, aucun diplôme du secondaire, un sentiment de « nullité absolue » et la promesse d’une précarité d’existence. CETTE SITUATION EST CREE PAR TOUTES NOS ECOLES BELGES. La raison en est le rôle des conseils de classe, tel que prévu par le législateur, qui autorise les enseignants à faire bisser les élèves et les orienter sur base des échecs qu’ils ont, plutôt que d’obliger les enseignants à chercher l’aide appropriée qui convient à chaque enfant. Le résultat cette situation, c’est que les enseignants ne se sentent aucune obligation d’aider les enfants et les jeunes, et puisque le système le permet, préfèrent décider qui est « digne » ou « indigne de mériter un diplôme ». Dans toutes les écoles de Belgique, les enseignants sont devenus les grands sélectionneurs de la société. Ils sont convaincus que le diplôme de professeur leur donne le droit de décider de ceux qui occuperont telle ou telle fonction dans la société, en fonction de leur « intelligence » qu’ils mesureront eux-mêmes !! Quel pouvoir que le leur, on comprend qu’ils ont difficile à le lâcher et que pour cela, ils polémiquent à l’infini, comme vous le faites. Les parents, pour éviter à leurs enfants le fond du panier, paient à ces mêmes enseignants, des cours particuliers, ils en paient toujours plus, le tri se fait donc sur des critères de plus en plus exigeants. Ceux qui ne savent pas les payer, ou ne se rendent pas compte de la sélection impitoyable qui régit notre enseignement seront culpabilisés et se diront que c’est de leur faute, qu’ils étaient paresseux, comme vous, prétendue « spécialiste », l’affirmez volontiers. C’est à frémir !!
Vive des écoles épanouissantes pour nos enfants, qui donnent TOUTES à chaque élèves de vraies chances de promotion sociales, en les diplômant tous sans les mettre en échec.
Ce qui est sidérant, chez vous, c’est que PAS UNE FOIS, vous ne semblez avoir remarqué que nos enfants et nos jeunes SOUFFRAIENT D’ETRE EN ECHEC et que vous ne pensiez une seule fois vous remettre en cause et essayer autre chose. Le pire c’est que nous sommes contraints de vous confier nos enfants. C’est terrifiant, nous aurions tant aimé le faire en confiance, mais nous avons peur.

la-dyslexique

Je suis certaine que si l'enseignant percevait une prime à l'enfant qui réussit, et perdait cette prime à l'enfant qui redouble, il y aurait moins de redoublement. Le dyslexique, le TDA, celui qui n'est pas formaté pour recevoir le cours, ne se cacherait pas dans le fond de la classe, parce qu'il préfère être considéré comme paresseux par le professeur, plutôt qu'handicapé par ses camarades de classe.

la-dyslexique

Je connais un conseiller pédagogique dont la mission consiste à venir en aide au professeur sur le terrain quand il éprouve des difficultés. Ceci s'inscrit dans une politique de valorisation de l'enseignant. Il arrive dans l'école, et invite toute la classe à venir à son cours "gratuit pour les moins de 18 ans" , qu'il dispense -je doute qu'il le dispense gratuitement- le mercredi après midi. Que ressent le jeune enseignant devant ses élèves? L'école n'est pas morale, même entre eux, les enseignants sont des loups pour l'homme, c'est cette moralité, ce respect de l'autre que nos enfants apprennent à l'école?

la-dyslexique

Constat étrange : dans une école il y a une poignée d'enseignants, rarement ensemble au même moment, et il y a des centaines d'élèves, toujours ensemble au même moment. Pourquoi l'école trie, sélectionne au lieu d'éduquer? Qui crée l'âme de l'école? Qu'apprennent nos enfants à l'école? Pourquoi ne sont-ils pas naturellement solidaires?

la-dyslexique

Juste avant les vacances de Pâques, dans un établissement du réseau officiel, Madame la proviseur est passée dans toutes les classes, pour haranguer les élèves parce que les résultats baissent. Ce doit être cela, la remédiation immédiate et spécifique pour lutter contre le redoublement.

la-dyslexique

Le cours particulier n'est pas moral. Malgré tous les sacrifices que tes parents font pour toi, tu échoues quand -même alors que c'est la seule chose qu'on te demande, réussir à l'école. Imaginez-vous la cassure, la souffrance que l'élève ressent quand il tend son bulletin à son père, à sa mère? Quant aux copains de classe, il est tellement crétin que malgré les cours particuliers il rate quand même. Bien fait pour lui, c'est facile, tiens quand les parents sont "dans l'aisance financière". Pouvez-vous imaginer ce qu'il se passe dans sa tête. Etes-vous vraiment étonnés qu'il raconte à ses "copains" qu'il s'en fout et qu'il n'a pas travaillé? C'est tellement moins humiliant, d'être traité de paresseux, plutôt que de crétin.

la-dyslexique

Mab, vous rêvez de mettre une caméra cachée dans certaines de vos classes. Epouse, mère et belle fille dyslexique à la mémoire trop petite ou trop remplie, j'aime autant vous dire que je possède quantité d'outils me permettant de compenser leur handicap. Je suis la reine de la prise de note et du compte rendu. Lors d'une réunion de parents, j'ai rencontré un prof de français 4ème secondaire. Horreur et incompréhension, le fiston (le petit frère, celui qui est toujours premier en latin math) est tout juste noté 50% à l'examen de fin d'année. Madame me reçoit. Je lui explique que je viens estimer si je vais laisser mon fils dans l'enseignement ordinaire ou trouver une filière professionnelle, plus adaptée à ses compétences en français. La dame s'indigne, comment?? le retirer du secondaire??? mais enfin, il n'a aucun problème en français!! Je lui fais remarquer qu'avec seulement la moitié des compétences acquises, je trouve assez hasardeux de l'inscrire pour deux ans au minimum (on en peut changer d'option en fin de 5ème, ça passe ou ça double...) alors que la production d'écrit va seulement devenir un travail très important. J'ai donné avec son grand frère, l'échec, les cours particuliers et refaire l'école à la maison, c'est terminé. Et voilà ce professeur, qui a noté mon fils 50%, qui me rassure en m'expliquant qu'il n'y a aucun problème, qu'il a bien les compétences pour passer en cinquième... Quel est le sens de cette évaluation? Est-ce vraiment utile à l'élève? Cela lui permet-il et à ses parents, de préjuger l'orientation qui lui convient? Ou y a t il une intention moins morale à cette évaluation : si je note sec, je suis respectée en salle de prof, parce que dans cet établissement, on prépare l'élite pour l'unif? Quel est le centre des préoccupations de l'école? Quelle est la mission de l'enseignant?

la-dyslexique

La même enseignante avait noté 50% à un exposé oral, le fiston était assez déçu. A ma question "connaissait il bien sa matière, l'exposait -il clairement, si son exposé était vivant, s'il ne lisait pas ses notes", elle répondit "pas de problème", je demandai s'il avait su répondre à ses questions, "pas de problèmes", je demandai s'il avait respecté le temps de parole, s'il n'avait pas interrompu les autres élèves pendant le débat, "pas de problèmes". J'ai finalement demandé "mais alors pourquoi si peu?" Réponse : "parce que..comment dire... il ne se montre pas vraiment dans l coup... vous comprenez.... il a toujours cette attitude nonchalante... il n'est jamais stressé...d'ailleurs il s'est même assis au coin du banc à un moment ...

mab

Plutôt que d'essayer encore de passer mes réflexions sur le sujet qui nous occupe, je vous renvoie à l'adresse suivante : http://bibliobs.nouvelobs.com/blog/pierre-jourde/20100406/18538/on-attendra-apres-plus-belle-la-vie.
Pierre Jourde exprime bien mieux que moi le fond du problème et vous comprendrez pourquoi nous ne parlons pas de la même chose. Vous parlez et argumentez depuis votre position, respectable mais forcément étroite, de parents dont l'un ou l'autre enfant a connu injustice ou problème. Je me place du côté de l'ensemble de la classe, de l'ensemble des élèves, de l'ensemble de ceux que l'on broie allègrement avec les meilleures intentions du monde.

zabou

Merci pour cet excellent texte dont je propose un extrait. Effectivement, l'autorité du professeur, comme me l'enseignait mon prof de pédagogie Bernard Rey à l'ULB, gagne son autorité grâce à la compétence dans la matière enseignée. Aucune direction ne tient compte de ce fait et nous sommes donc ballottés de matière en matière (même les profs nommés et sans qu'ils puissent discuter...).

Voici l'extrait du texte de Pierre Jourde :

(...) Sous l'influence de la psychologie moderne et des doctrines pragmatiques, la pédagogie est devenue une science de l'enseignement en général, au point de s'affranchir complètement de la matière à enseigner. Est professeur, pensait-on, celui qui est capable d'enseigner... n'importe quoi. [...] Au cours des récentes décennies, cela a conduit à négliger complètement la formation des professeurs dans leur propre discipline, surtout dans les écoles secondaires. Puisque le professeur n'a pas besoin de connaître sa propre discipline, il arrive fréquemment qu'il en sait à peine plus que ses élèves. En conséquence, cela ne veut pas seulement dire que les élèves doivent se tirer d'affaire par leurs propres moyens, mais que désormais l'on tarit la source la plus légitime de l'autorité du professeur, qui, quoi que l'on en pense, est encore celui qui en sait le plus et qui est le plus compétent. Ainsi le professeur non autoritaire, qui, comptant que l'autorité que lui confère sa compétence, voudrait s'abstenir de toute méthode de coercition, ne peut plus exister.

la-dyslexique

Je connais un prof de français formidable du secondaire supérieur, pas du tout autoritaire, et très respecté par ses élèves.

Je ne parle pas d'une position étroite, que penser d'une jeune prof de math, qui a quatorze élèves en 4ème année 2H math/semaine, qui, en juin, annonce fièrement quatorze examens de passage? Une de ses élèves, pourtant "bonne élève" a abandonné l'école, trop dégoûtée. Cette enseignante en sait certainement bien plus que ses élèves, a-t-elle besoin de cette méthode de coercition pour exister? C'est pour exister dans la salle de prof, je pense, mais pas aux yeux de ses élèves. Pourquoi ce besoin d'être reconnu sévère en salle de prof?

zabou

Cela me parait bizarre... Vous savez, les examens de passage, c'est du boulot en plus à la rentrée, on s'en passerait, non?
Ceci dit, j'ai vécu ça avec ma fille : en première secondaire, les 6 premières étaient toutes en échec dont ma fille... Ca pose question!
Personnellement, j'ai tendance à me dire que si l'entièreté de la classe est en échec, c'est que j'ai mal fait passer l'info... et je me remets en question et relève la cotte!

la-dyslexique

Il y a des trucs bizarres, c'est vrai. Ainsi l'enseignement -ou l'éducation, ne jouons pas sur les mots- est un droit pour l'enfant. Et l'enfant qui ne veut pas en jouir parce qu'il n'aime pas l'école est paradoxalement celui qui y reste le plus longtemps : s'il est en retenue, s'il double, s'il a une deuxième session... Alors qu'il est prêt à tout pour ne pas y aller.

la-dyslexique

Quand j'aborde l'éthique avec mes étudiantes, j'aime prendre l'exemple de l'avortement. Il est dépénalisé. Cela signifie qu'avorter -c'est pareil pour l'euthanasie- n'est pas un DROIT. La personne à qui on s'adresse pour demander une IVG n'est pas obligée d'accéder à cette demande, elle peut refuser. Mais si elle accepte de le faire, elle ne sera pas punie par la loi si elle a respecté certaines conditions fixées par la loi. Il y a donc une nuance très importante entre le droit à l'avortement et la dépénalisation de l'avortement.
Cette parabole pour en revenir au droit à être scolarisé. Ici c''est un droit, et ce droit ne peut pas être refusé par la personne habilitée à le faire, elle est obligée de donner ce droit, dans les conditions qui sont fixées par la loi, le décret mission entre autre. En matière d'éthique, cela permet peut -être de relire ce décret en replaçant l'élève au centre des préoccupations de l'école : l'élève est celui pour lequel le droit existe et à ce droit, l'école (et les professeurs) ne sont pas autorisés (par la loi) de s'en dérober.

Décret Mission, article 6


« La CF, pour l'enseignement qu'elle organise, et tout pouvoir organisateur, pour l'enseignement subventionné, poursuivent simultanément et sans hiérarchie les objectifs suivants :


1) promouvoir la confiance en soi et le développement de la personne de chacun des élèves
2) amener tous les élèves à s'approprier des savoirs et à acquérir des compétences qui les rendent aptes à apprendre toute leur vie et à prendre une place active dans la vie économique, sociale et culturelle
3) préparer tous les élèves à être des citoyens responsables, capables de contribuer au développement d'une société démocratique, solidaire, pluraliste et ouverte aux autres cultures
4) assurer à tous les élèves des chances égales d'émancipation sociale. »

zabou

Mais vous êtes donc professeur??? Je comprends maintenant que vous parliez de la salle des profs...
Etes-vous prof de morale? Je reconnais trop la matière. Moi aussi, j'aborde l'avortement et l'euthanasie mais en parallèle avec la notion d'autonomie qui n'est pas très facile à comprendre en tant que loi que je me donne à moi-même mais qui me permet aussi de vivre en accord avec les autres pour qu'il n'y ait pas de conflit.
Effectivement, il faut comprendre que ce n'est pas un droit mais on a quand même une part de libre choix dans certains cas... ce qui est déjà une belle avancée. Donc une part d'autonomie, ce que les sociétés accordent de façon différenciée (voir la France où l'euthanasie n'est pas dépénalisée comme en Belgique!).

Pour revenir au droit des élèves à l'éducation (qui est un droit de l'homme), le texte du décret mission dit bien "amener les élèves à s'approprier des savoirs" et c'est sans doute là que la nuance n'est pas perçue par tous les professeurs.

J'ai repensé à votre contribution ci-dessous au sujet de la prof de math. Une amie à moi qui a dû s'arrêter pour invalidité me racontait qu'elle était en guerre, en tant que prof de math, contre une autre prof de math qui saccagait les élèves alors qu'elle les couvait comme des bébés.

Effectivement, j'ai affaire aujourd'hui à des directions ex-prof de math et je me suis demandée quels profs cela avait du être pour, aujourd'hui, casser des profs comme, sans doute, elles ont cassé des élèves en leur temps?

L'image est la suivante : si un élève se noie, que fait le professeur? Il lui tend la perche ou il le laisse se noyer??? J'ai l'impression que nos inspecteurs nous invitent à tendre la perche (remédiations, rattrapages) mais que les directions n'ont pas toujours bien compris le message... Pour anecdote, la directrice dont je parlais a dit en conseil de classe qu'elle en avait marre qu'on invoque la compréhension humaniste dans ce conseil... Ca ne s'invente pas!

Pour terminer, on peut reconnaître que les convictions philosophiques sont à la base d'une façon d'enseigner différente : aider le plus faible, n'est-ce pas une injonction chrétienne? Cela explique sûrement que l'enseignement catholique récolte au-moins la moité des inscriptions en Belgique! (à mon souvenir)

Et de nos jours, la morale est en déperdition dans notre société, aussi parmi les profs et les directions...

la-dyslexique

Quand il y a quatorze élèves dans une classe artistique théatre math 2h/semaine et que les quatorze élèves ont un examen de passage en math en fin de quatrième, je ne pense pas que l'école a veillé à promouvoir la confiance en soi de chacun des élèves. C'est vrai que je connais une élève qui a abandonné l'école suite à cet échec.

la-dyslexique

Ce qui est assez effrayant, c'est de constater que l'enseignante a l'âge de mon aînée, et qu'elle m'a expliqué qu'en fait, l'école est trop laxiste, les élèves sont trop habitués à recevoir des "cadeaux". Il faut donc comprendre qu'en plus des élèves, ce sont donc les professeurs qui l'ont précédée qui sont mauvais, puisque les élèves se retrouvent tout de même en quatrième secondaire, c'est qu'on a attesté qu'ils avaient les compétences requises pour y arriver.
Je n'ai vraiment pas envie de confier mes enfants à cette école là, comment lui faire confiance? Comment s'y retrouver et savoir ce qui est bon et mauvais pour mes enfants?

zabou

Nous y voilà! Je pense personnellement toucher à la même question puisque je vais changer d'école, je suis convaincue en tant que prof que les questions d'autorité sont le reflet de notre société et de son questionnement au sujet de la démocratie.

On ne croit plus au système démocratique car on a perdu la confiance en la capacité de l'homme à s'autonomiser et donc, en la capacité du système à s'améliorer. Si vous y croyez encore, vous être traité d'idéaliste. Et je suis d'accord d'en être une car je connais le rôle de l'utopie dans le progrès social!

Voyez cette nouvelle école qui vient de voir le jour pour vous redonner espoir : http://www.peripleenlademeure.be/spip.php?rubrique20

C'est une expérimentation qui va vous donner raison dans votre remise en question de l'évaluation puisqu'on y développe plutôt l'autogestion de l'élève de son propre parcours scolaire.

Ah! Si j'habitais près de Vielsam... J'y postule tout de suite!

noelle

ci-après une excellente "opinion" parue aujourd'hui dans LLB...Heureusement qu'il y a encore des profs de ce type...

Que retient-on de l’école ?
Opinion de Paul Bienbon (Quel nom prédestiné!)
Mis en ligne le 26/04/2010
On n’apprend bien qu’avec un enseignant pour lequel on a de l’estime.

J’adore préparer des examens qui soient une vitrine de ce qu’on a vu tout au long de l’année. Bien calibrés en temps, testant finement un maximum de compétences, connaissances, travaux libres et ex-cursus dont je suis friand. Des examens où celui qui a beaucoup appris, a le plaisir de le faire valoir et celui qui a moins profité du cours ne ressort pas frustré.

Traditionnellement ma dernière question, non cotée, est celle-ci : "Lorsque, dans dix ans, vous aurez tout oublié, que retiendrez-vous de ce cours de sciences humaines ?" Une façon de prendre du recul. Quand les élèves, dont on connaît le parler franc, vous remercient alors d’une manière qu’aucun manipulateur ne pourrait le faire, et que leurs mots expliquent avec sincérité ce qu’ils ont compris, cela devient un véritable cadeau, un ressourcement pour un an.

Mais, me direz-vous, que retiennent précisément les étudiants ? Curieusement, davantage que les matières, ce sont des attitudes qu’ils retiennent. Personne ne se souvient qui vous a appris à compter vite, à analyser juste, quand il faut dire "of" plutôt que "als", à situer le Maroc ou la Pologne, à être pris d’élans d’honnêteté ou de générosité, à discerner une rumeur d’un fait, à dresser une ligne du temps, à lire la presse ou à savoir qui de la gauche ou de la droite se bat pour la sécurité sociale ou pour une réduction de la fiscalité.

Mais les élèves retiennent si votre cours était passionnant, si vous sembliez aimer votre métier, si vous les encouragiez, les félicitiez, si vous arriviez à temps, si vous rendiez vos corrections rapidement, si vous étiez juste, généreux en points, si vous étiez disponible, à l’écoute, attentif au plus faible, si vous donniez l’impression d’avoir préparé votre cours, si vous étiez bon pédagogue, à l’affût de l’actualité, si vous étiez patient, si vous connaissiez beaucoup de choses et aussi un peu les autres matières, si vous aviez l’air d’être un citoyen actif, si vous aviez des valeurs morales de base, si vous leur avez appris à apprendre par eux-mêmes, appris à prendre note, obligés à lire, à synthétiser, si les sujets que vous choisissiez étaient intéressants, si vous distinguiez l’essentiel de l’accessoire, si vous les emmeniez voir au cinéma la vie de Molière, Erasme, Gandhi, Mandela, ou Anne Frank, si vous les accompagniez au théâtre, visitiez une usine ou une exposition, si vous organisiez un stage en entreprise ou une marche parrainée pour sœur Carmela ou pour Haïti. Si vous organisiez un mini-foot, ou un voyage à Rome. Si vous prépariez un poisson d’avril, tout en mettant des limites aux excès de la fête des 100 jours. Si vous donniez de bons syllabus, si vous pourfendiez la tricherie, si vous étiez respecté, si vous étiez exigeant pour vous-même comme pour eux, si vous prépariez de beaux questionnaires de bilans

Il m’arrive de demander aussi à mes élèves combien de fois et pour quelles raisons je les ai félicités cette année. L’an passé, il n’était pas un seul de mes 120 élèves que je n’aie félicité au moins une fois pendant l’année. Et plus fort, chacun s’en souvenait très bien et pouvait me rappeler pourquoi je l’avais félicité. À méditer au moment où trop souvent on se plaint que les élèves ne retiennent rien. Une élève me répondit même : "vous m’avez félicitée un nombre incalculable de fois". J’assume.

Je leur précise toujours en début d’année : "quand on apprécie quelque chose chez quelqu’un, si c’est sincère, on peut toujours le lui dire". Si ce n’est pas sincère, non. Là, c’est de la flatterie ou de la manipulation en vue d’obtenir un avantage. C’est à proscrire. Mais dire assertivement les choses positives, pourquoi pas. Notre société est trop pudique et a tendance à remercier et féliciter trop peu. On n’apprend bien qu’avec un enseignant pour lequel on a de l’estime.

zabou

Et l'estime repose sur votre compétence dans la matière donnée...

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