Faut-il être intolérant à l'école?
Publié il y a 3 mois par Zabou dans Ecole de l’échec ou école de la réussite ? .
Y a-t-il une intolérance acceptable?
Y a-t-il une intolérance inacceptable?
4 réponses
La tolérance ne consiste pas, à mon sens, à permettre l'interdit (du règlement interne) ni ne se confond avec ce qui est permis mais correspond plutôt à tolérer des élèves qui, de par leur vie privée particulièrement perturbée, sont désordonnés et peu formatés pour l'école.
Comme on connait rarement leur situation personnelle (sinon après plusieurs années), quelle posture idéale devrait-on avoir pour tous?
Je m'interroge sur l'intérêt de mettre un zéro pour un travail non rendu. C'est condamner une personne sans que ce soit réellement lié à sa capacité. D'où la nécessite de donner une seconde chance à l'élève, de lui permettre de remettre son travail au cours de la période suivante éventuellement et d'en tenir compte au conseil de classe.
Dans mon école, la cote de période doit absolument apparaitre, quitte à mettre un zéro si l'élève n'a pas réussi à se remettre en ordre dans les temps (si ce n'est pas coté, "ça ne fait pas sérieux (sic)"). Or, le système leur permet de brosser un cours s'ils le désirent en manipulant adéquatement leurs "autorisations de brossage pour raison x" (absence justifiée ou injustifiée). En effet, on leur donne le paquet de formulaires dès le début de l'année, question d'efficacité administrative...
Et si l'élève a des certificats médicaux uniquement durant votre cours mais qu'il est coté par ailleurs, la règle est la même : on met zéro!
Ne trouvez-vous pas ça terriblement violent? C'est une règle émise par la direction...
Je me demande si on ne devrait pas interdire purement et simplement cette pratique. Si l'élève n'a pas réalisé ses deux évaluations nécessaires (légales) pour le coter, on devrait pouvoir mettre "non coté" et lui permettre de se rattraper, éventuellement avec quelques points de pénalité mais avec mesure...
N"oublions pas que nous sommes face à des mineurs et la justice elle-même ne les juge pas responsables... Pourquoi l'école les condamne-t-elle pour une indiscipline qui n'est peut-être pas de leur fait? Les parents sont malheureusement souvent complices car ils signent les mots d'excuse...
http://www.lmsi.net/spip.php?article802
"Limites et mérites de la tolérance, une vertu raciste... mais une vertu quand même"
"(...)Toutes les personnes tolérantes ne renoncent pas à leurs préjugés et à leur position privilégiée de dominant, doté du pouvoir discrétionnaire de tolérer ou ne pas tolérer ; mais toutes les personnes qui ont eu des préjugés et les ont un jour dépassés n’ont pu le faire qu’en passant par cette étape décisive qu’est la tolérance."
http://www.aidh.org/Racisme/livres/f-savater.htm
"VIVRE POLITIQUEMENT AVEC LES AUTRES DANS LA CITE DEMOCRATIQUE"
__Education et tolérance
"(...) En dernière instance, ce que l'éducation civique enseigne de la tolérance tient en ces mots :
on peut être humain de bien des façons... mais toutes ne sont pas démocratiques. (...)"


Ne faudrait-il pas se demander si la tolérance sans borne existe ? Tout est question de point de vue, sans doute, mais je ne puis mettre en place un lieu de tolérance que si des limites lui permettent de perdurer ... Non ?