"Je ne suis pas payée pour m'occuper des glandeurs"
Publié il y a 4 mois par La dyslexique dans Ecole de l’échec ou école de la réussite ? .
« Je ne suis pas payée pour m’occuper des glandeurs ».
Exclu du cours de français pendant un mois, il va à l’étude et copie des punitions. Voilà comment le pouvoir organisateur de l’athénée x organise la remédiation chez un jeune dyslexique de 13 ans en difficulté. L’élève en plein désarroi nous livre son témoignage sur le blog inspectionscolaire-en-cf.skyrock.com
« Je ne suis pas payée pour m’occuper des glandeurs » est la motivation écrite du de ce choix pédagogique.
Le dyslexique est abandonné dans les écoles du secondaire où chaque professeur décide dans l’arbitraire complet s’il autorise l’élève à utiliser ses « lunettes »(*).
C’est discriminatoire. Discriminer est intolérable et interdit.

(*)Les « lunettes » du dyslexique sont :
Actuellement, en effet, la législation en Belgique est floue et prend peu en compte les enfants dys (lexiques, praxiques, calculiques) qui sont , par définition , des enfants présentant une déficience spécifique sans autre forme de handicap, ni mental ( au contraire !) ni d’origine sensorielle, ni culturelle ou familiale …
En France ( ainsi qu’au lycée Français ici, et à l’école Européenne) il existe des lois scolaires qui protègent ces enfants ,. Enfants principalement « abandonnés « au secondaire, car les enseignants y sont peu informés des troubles d’apprentissage et que les traitements de logopédie ( remboursés pendant deux ans maximum) sont stoppés en 6ème primaire dans la plupart des cas. Ces jeunes adolescents ont une détérioration de l’estime de soi ( favorisée par l’injustice qu’ils ressentent et l’énergie dépensée dans des tâches de lecture de « bas niveau » qui sont automatisées pour leurs pairs, par les échecs accumulés depuis des années ) La logopède reçoit donc des jeunes « cassés » et doivent bien souvent réaliser un travail de reconstruction de l’estime de soi avant de pouvoir mettre l’enfant dans des conditions favorables à la rééducation.
Ces lois françaises et européennes permettent la mise en place d’un « dossier d’accompagnement » ou de « tutorat » qui permet ;
· Le tiers temps lors des passations de contrôles ou examens écrits .( ces jeunes dépensent une énergie considérable à lire et décoder la consigne et les textes ainsi qu’à rédiger leurs idées et réponses)
· Passations orales favorisées.
· Adaptation des documents écrits ( interlignes aérés, police d’écriture agrandie, mise en couleurs)
· Utilisation du logiciel spécifique de transformation vocale de textes et d’aide à la rédaction écrite( type KURZWEILL)
· Utilisation de logiciel de graphisme ( cabri-géomètre) pour les dyspraxiques
· Utilisation de l’ordinateur pour prise de notes ( dysgraphiques, dyslexiques, dyspraxiques)
· Acceptation de la transmission des idées et connaissances par le biais de schémas, mots-clés, phrases simplifiées ( une image vaut 1000 mots)
· Tutorat en classe ( voisin qui lit la consigne, « scribe » )
· Accès à la photocopieuse pour copier les cours ( incapacité de prendre note au même rythme, ou problème d’illisibilité de la copie à la relecture )
· Réception d’un syllabus de la part de l’enseignant dans lequel l’enfant souligne les mots-clés pendant le cours.
· Accès à la calculette pour les calculs de base ( source d’erreurs pour les dyscalculiques alors que le raisonnement est bon.)
Ces adaptations relèvent de la différenciation prônée par le programme intégré qui n’est pas de mettre en place de l’individuel dans sa classe, mais d’adapter la pédagogie afin de lui rendre son rôle premier…Apprendre à apprendre.
Lorsque nous formons des enseignants et qu’ il est proposé des pistes de ce genre, la réponse la plus courante est « ce n’est pas juste pour les autres »…
Quand tous les myopes ôteront leurs lunettes ( ce n’est pas juste pour les autres) et que tous les malentendants ôteront leurs appareils …nous pourrons parler d’égalité… L’enfant dys n’a pas de lunettes, ni d’appareil, son drame est que son handicap ne se voit pas physiquement…
Ce n’est pas l’égalité qui doit être recherchée ( impossible) mais l’équité… C’est-à-dire donner à tous , au sein de leur classe, les mêmes chances d’apprendre… après , c’est leur motivation , leur travail, leurs efforts qui porteront les fruits…Mais cette (loco) motivation n’est possible que pour les jeunes qui peuvent se mettre en projet mental de réussite possible. On ne se bat plus quand tout est dit d’avance …
Il existe des recherches en neurologie, en neuropsychologie, des livres fabuleux, des sites formidables, des enseignants géniaux, des pays et expériences pilotes, des pédagogies humanistes qui , en eux, portent des solutions… Encore faut-il qu’elles soient acceptées , légalisées…et UTILISEES.
Source :une logopède spécialisée en gestion mentale
15 réponses
Madame, avec tout le respect que je vous dois, vous ne possédez ni le titre requis ni la compétence à mettre au point le traitement adéquat d'une dyslexie. Je vous invite à consulter le guide pratique à l'usage des enseignants en ligne sur le site enseignement.be et vous devriez le faire en urgence. Je suis SOULAGEE de savoir que mon fils dyslexique ne devra pas suivre votre traitement qui consiste à travailler plus, copier, lire lire lire. C'est à cause de gens plein de certitudes comme vous que ce handicap n'est toujours pas reconnu, que ces gosses sont en grande souffrance dans nos écoles, surtout dans le secondaire. La page 11 de ce document en ligne devrait en principe vous inviter à remettre vos pratiques en question.
http://pedagogie21.ac-dijon.fr/sites/pedagogie21.ac-dijon.fr/IMG/pdf/Guide_enseignants_VF_22_-09-2009.pdf
"les autres restent en arrière parce qu'ils ne veulent pas " est insultant, immoral, incorrect, discriminatoire, lâche et consternant. Vous n'affirmez cette constatation que parce que vous ne pouvez pas imaginer un instant que votre solution pédagogique ne leur a pas convenu. Votre solution est un crime pédagogique, renseignez-vous.
le lien ne s'affiche pas, tapez enseignement.be puis cherchez guide dyslexie, vous trouverez le document.
Chère Mab,
Bravo!
Bravo pour la force, la tenacité, le courage dont vous avez fait preuve face à vos difficultés. Ce qui n'est pas très clair dans votre intervention c'est si ces efforts ont été soutenus avec encouragements ou exigés avec brimades.
On devine bien par votre histoire et votre force de caractère que de votre côté, vous devez plutôt avoir opté pour la première solution même si pour des raisons obscures vous prenez ici le parti de la seconde.
N'ayant pour ma part jamais rencontré la moindre difficulté d'apprentissage, j'ai dès ma plus tendre enfance eu l'occasion d'observer ce qui se passait autour de moi à l'école primaire, secondaire, et à l'université. De voir tant de mes camarades de classe qui avaient de telles qualités de communication, de réflexion, de générosité, d'humanité, d'organisation, tant de charme, tant d'humour, de talents artistiques ou sportifs se faire humilier en classe, aux remises de prix, aux examens. Exclus, décrochés, renvoyés, réorientés.
J'ai donc du mal dans le cadre de mon activité de neuropédiatre à me contenter d'envisager l'aspect médical dans l'approche de mes patients en "difficultés d'apprentissage". Dans les autres domaines de la médecine ou de la neuropédiatre, on cherche à corriger des imperfections de l'individu pour lui permettre de retrouver le fonctionnement que la nature aurait prévu sans incident. Dans le domaine des apprentissages, on cherche à conformer l'individu à un système d'apprentissage qui ne les a pas pris en compte. C'est ce que vous avez vécu.
Albert Einstein, Thomas Edison, Benjamin Franklin, Wolfgang Amadeus Mozart, Winston Churchill, tant de génies, d'inventeurs, de grands artistes et de grands sportifs ont été des cancres, des glandeurs, des paresseux. Relégués, exclus, ridiculisés.
Le drill et l'acceptation d'un modèle unique et désuet ne sont pas la seule solution. La seule réponse raisonnable serait une école qui mette en avant les compétences plurielles, les compétences individuelles et collectives. Plus nécessairement celle qui consiste à maîtriser des outils spécifiques et complexes comme la lecture avant toute autre chose.
Ceci était un billet d'humeur. Une abondante littérature scientifique existe pour appuyer ce point de vue.
Bonne nuit
Je crois que la psychologie est à intégrer dans la compréhension de la résistance des élèves mais je crois aussi que le français est la base de l'émancipation sociale... Avez-vous vu qu'il y a un article sur l'importance du français dans le fil d'actu en page d'accueil de ce site?
En enseignement secondaire, il y a un grand paradoxe : on doit former les jeunes à entrer à l'université alors que seule une minorité y aura accès........ Mais doit-on renoncer à les pousser vers les études supérieures pour autant???
Chère Mab,
A vous lire, il est justifié de souffrir le martyre pour accéder au graal de la fonction d'enseignant, (quoique je n'ai absolument aucun mépris pour la profession, cela va sans dire...) ceci dit j'imagine que comme la plupart des gens vous connaissez Jean Paul Gautier, Yves Saint Laurent, et autres pauvres ratés qui ont choisi en leur temps l'option "coupe -couture"... Bien à vous
Au risque de recevoir une ènième volée de bois vert, je constate qu’on est rapidement mal compris lorsqu’on se place un peu en dehors de la position compassionnelle et de la victimisation. Alors, mes chers détracteurs, quelques précisions.
Il va de soi que je connais le document référencé par La dyslexique. J’ai pu constater que ce qui y était préconisé, je le mettais en œuvre instinctivement, si j’ose dire. Il m’a confortée dans ma pratique et m’a donné quelques références théoriques. Tant pis si je parais présomptueuse en disant cela.
Je rassure, tant qu’à faire, Docteur des cancres et Lakshmi : je ne considère pas que j’ai eu une enfance brimée et souffrante. Il se trouve que mes parents, gens sensés et aimants, ont suivi les conseils de la logopède. Pour cela, je ne peux que leur être reconnaissante. Ils m’ont permis d’aller où je voulais au lieu d’être obligée d’aller où je ne voulais pas. Cela pour dire que, si l’on se retrouve en coupe-couture (ou en maçonnerie, ou en service aux personnes ou en boulangerie, etc.) contre son gré, on n’y fera rien de bon ni de constructif. Si l’on y va par goût ou par esprit de raison, on peut devenir Gautier ou Saint-Laurent (encore que, en ce qui concerne ces deux grands de la couture, il y a fort à parier qu’ils ont reçu, outre les cours pratiques, une très solide formation générale, ce qui, hélas, n’est absolument plus le cas des sections professionnelles actuelles) ou être celui qui restaurera les gargouilles de du palais des princes-évêques. J’apprécie donc modérément qu’on me prenne pour une contemptrice du travail manuel et de l’artisanat ou qu’on imagine que je méprise mes élèves de professionnelle restauration sans me connaitre.
La dyslexique me reproche de ne pas posséder les titres pour mettre au point un traitement : ce n’est absolument pas ce que je prétends faire. J’essaie seulement d’aider au mieux, avec l’expérience qui est la mienne et est de première main, si j’ose dire, les élèves qui patinent. Si la dyslexique est logopède ou orthophoniste, qu’elle le dise. Je signale en plus que la plupart des enfants dyslexiques qui ont suivi des séances de logopédie les ont terminées depuis longtemps quand ils arrivent dans mes classes. S’ils n’ont pu surmonter tous leurs problèmes, si les spécialistes auxquels on a eu recours ne les ont pas tirés d’affaire, je ne vois pas en quoi c’est les insulter ou les nier que de leur donner des pistes pour s’aider eux-mêmes.
J’ajoute que mes élèves, de la quatrième à la sixième, ont entre quinze et vingt-deux ans et ne sont plus des enfants désarçonnés de première ou deuxième primaire ; ce sont de grands adolescents, voire des adultes aux yeux de la loi. Les deux-tiers votent, conduisent, envoient leurs parents et souvent leurs professeurs aux pelotes et jettent leur bonnet par-dessus les moulins à la moindre occasion. Ils ne donnent pas l'impression de souffrir plus que cela. Je les considère donc suffisamment grands pour pouvoir décider par eux-mêmes de ce qu’ils sont prêts à mettre en œuvre pour se faciliter la vie et pour se donner les moyens des ambitions qu’ils ont. Et je trouve piquant qu’on considère mon conseil de lire et lire encore comme une torture médiévale. Nous sommes, quoi qu’on en ait, le produit d’une civilisation écrite et les héritiers de plein droit de ce savoir accumulé. Et c’est par l’écrit que se fait la connaissance du monde et même sa maitrise. Alors, dyslexique ou pas, il est nécessaire d’en passer par là si l’on veut garder quelque prise sur son propre destin.
Je crois, enfin (comme disait Durkheim, il me semble) que « tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts ». Il est évident que, malgré les épouvantables enfances qu’ont eu à subir Edison, Mozart ou Churchill, selon Docteur des cancres, ils s’en sont assez bien sortis. Sinon, nous n’aurions ni symphonies ni ampoules, et les zélotes du troisième Reich auraient eu tout le loisir d’envoyer dans les camps les dys de tout poil. Il faudrait arrêter d’imaginer, ce qui est un travers fort contemporain, que tout ce qui nous arrive de pas heureux ou de pas juste se transforme automatiquement en tsunami psychologique.
Certes, les enfants véritablement dyslexiques, dysorthographiques, dyscalculiques, etc., ont droit à ce qu’on les aide et à ce qu’on mette en œuvre les techniques qui leur permettront d’y arriver comme les autres. Il se peut en outre que, ce faisant, « on cherche à conformer l'individu à un système d'apprentissage qui ne les a pas pris en compte ». Mais on leur aura probablement en même temps donné quelques-unes des clés de leur future liberté.
J'ajoute à l'attention de Lakshmi que "le graal de la fonction d'enseignant" est en plomb et pas près de se transmuter en or. Mais c'est mon métier et je m'y amuse plutôt en général. Et en tout cas, plus que dans les emplois que j'ai eus auparavant. Au moins ne s'y sent-on pas complètement inutile.
Madame, le site encyclopédie médicale "club doctissimo" sur le net est une vulgarisation médicale qui est accessible par tous. Tapez "dyslexie" , deuxième page :"les théories explicatives..et surtout un défaut de vigilance, d'attention, nécessitant une pédagogie spécifique qualitativement différente et non une quantité supplémentaire d'heures d'enseignement réalisées avec la même pédagogie que pour les autres enfants"
Intégrascol est accessible aussi à tout public, tapez dyslexie, descendez le curseur, "comment améliorer la vie scolaire.." : "réduire le nobmre d'exercices lors des contrôles et des devoirs"
Tapez "intégration scolaire des élèves dyslexiques" vous trouvez les recommandations de l'Académie de Montpellier. "les adaptations pédagogiques proposées : ...ne pas faire recopier les énoncés écrits au tableau...
La prévalence de ce HANDICAP -du terme anglosaxon hand in cap, la main au chapeau qui est une technique de polo pour rendre le jeu équitable- est de 10%.
Ces adolescents sont en très grande souffrance dans le secondaire parce que des professeurs comme vous, qui sont arrivés -à quoi?- à force de travailler, sont aveuglés par leur égo et ne veulent pas remettre leurs pratiques -on peut tout se permettre, seul maître en classe- en question. Ces enfants sont abandonnés par le PMS et les logopèdes, vous le dites à juste titre : ils n'ont plus eu de logopède depuis longtemps... et vous en déduisez donc qu'ils sont guéris, ce sont des grimaces, et puis tous ces parents qui ne comprennent rien à rien... tandis que vous, vous savez comment y faire, n'est ce pas?
Et c'est ainsi que vous décidez, en arbitraire complet, seule dans votre classe, à l'abri de vos pairs et de votre hiérarchie, qui pourra avoir des "lunettes" et qui ne pourra pas en bénéficier. Et vous noterez "manque de travail" sur l'explication de l'échec, sans vous soucier de ce vous aurez enseigné. Sachez Madame, que votre métier est d'enseigner, et, qu'il s'agisse d'enfants ou d'adolescents, les élèves apprennent toujours. Si le prof est bon, ils apprennent ce qu'il enseigne, si le prof est mauvais, arbitraire et les fait souffrir, ils apprennent comment se parer des coups. Vous portez la responsabilité des élèves qui ont appris dans votre classe à ne pas faire confiance en l'adulte, à se révolter contre une école qu'ils jugent rigide et insensée, parce que leur prof la leur présente ainsi. Parce que vous enseignez, et qu'avec vous, ils apprennent, quoiqu'il se passe en classe.
Rassurez-vous, vous n'êtes pas unique, j'en connais déjà quatre avec vous, dont un qui hier encore expliquait à une personne travaillant à la conception du Kurzweil "moi tant qu'on ne m'imposera pas , je ne le ferai pas" Heureusement j'en connais d'autres, merci au prof de français de l'an passé qui permettait à mon fiston d'achever ses interros à la bibliothèque s'il n'avait pas fini, merci à la prof de religion qui veille à ce qu'il note bien les consignes au JDC et que ses notes soient bien complètes, merci à la prof de math qui accepte que la démonstration ne soit pas la même que la sienne même si elle hoche la tête à chaque fois après lui avoir demandé comment il a fait, en disant "tu ne sais vraiment pas faire comme les autres, toi", merci à la prof de français qui veille à ce que la matière à étudier pour les interros soit bien précisée dans le cahier et que les notes soient bien complètes, merci au directeur qui entend, qui demande comment kurzweil fonctionne, merci à l'école qui a rendu une classe solidaire, où les élèves prêtent leurs notes de cours à celui qui n'arrive pas à écouter et noter en même temps.
Madame, entre une mauvaise cuisinière et une empoisonneuse il n'y a qu'une différence d'intention (Desproges).
J'abandonne définitivement un forum où, quoi que l'on dise, on est l'ennemi. Que savez-vous de mes pratiques et de ce que je mets en oeuvre ? Vous déduisez de tout ce que j'écris que je suis forcément un monstre. Il y a tout de même une mauvaise foi assez désespérante à constater dans vos propos! Alors, je répète que, sans travail, sans effort, on n'arrive à rien, qu'on soit doué ou pas, qu'on ait ou non des difficultés d'apprentissage. Et c'est rendre un bien mauvais service à tous les élèves en danger et même aux autres, que de leur laisser croire qu'ils n'ont aucune prise sur ce qui leur arrive. "Ce n'est pas ta faute, mon chéri, c'est forcément le prof qui est méchant, incompétent, stupide, ridicule! Tu n'y es pour rien, tu n'es qu'une malheureuse victime."
Je constate également que vous ne répondez pas à la question de savoir si vous êtes prof ou non, logopède ou non. Vous voyez tout au prisme de la dyslexie de votre fils et refusez de prendre en compte aucun autre paramètre. Excusez-moi, mais c'est vous qui réduisez ces élèves à leur handicap!
A combien de cm estimez-vous la "réduction"? Je ne comprends pas votre intervention, excusez-moi. Le mot handicap n'est pas un mot qui réduit les gens, je vous répète que le mot handicap est un terme anglosaxon qui évoque l'équité, il n'y a pas de jugement de valeur de la personne dans ce terme.
J'espère que ce n'est pas ce que vous enseignez à nos jeunes.
Je suis heureuse de lire que vous reconnaissez que les enfants véritablement dyslexiques ont le droit qu'on les aide.
Puisque vous les reconnaissez dès la première copie, surtout de grâce, Madame ne les aidez pas avec votre traitement qui est la seule chose qui marche : travailler plus, copier, lire lire lire lire.
Ainsi vous forceriez un jeune à qui il manquerait 3 doigts de la main droite à jouer du piano comme les autres, que peut-être avec beaucoup beaucoup beaucoup de travail, le malheureux arriverait à nous impressionner, mais pour les arpèges, impossible, il lui faudrait toujours "tricher". Comme le dys quand il est bien compensé. Est-il au fond vraiment nécessaire qu'il joue du piano aussi vite, aussi bien, et avec la même méthode que les autres?
Nous ne demandons pas que vous aidiez les dyslexiques, nous demandons que vous respectiez leur handicap, et donc les compensations de ce handicap dont ils ont besoin, afin qu'ils puissent équitablement avoir accès à votre enseignement.
Votre témoignage illustre les réponses apportées par Madame Simonet aux questions parlementaires relatives à la dyslexie dans le secondaire : il faut une meilleure formation des maîtres.
Votre témoignage met en évidence une difficulté supplémentaire à organiser cette formation. Nombreux sont ceux, comme vous, qui n'ont pas l'humilité de reconnaître
qu'ils ont besoin d'une formation sur ce sujet. Il y a pire que l'ignorant, c'est celui qui croit savoir.
Enfin, "les autres restent en arrière parce qu'ils ne veulent pas " qui, je maintiens, est insultant, immoral, incorrect, discriminatoire, lâche et consternant illustre combien l'école faite par certains professeurs est arbitraire et ne respecte pas le décret mission, sans qu'aucune régulation ne soit appliquée dans les classes.
"Je constate également que vous ne répondez pas à la question de savoir si vous êtes prof ou non, logopède ou non. Vous voyez tout au prisme de la dyslexie de votre fils et refusez de prendre en compte aucun autre paramètre. Excusez-moi, mais c'est vous qui réduisez ces élèves à leur handicap!"
Chère Mab, on en revient toujours à la même conclusion défendue par la plupart des profs pour justifier le désert pédagogique dans lequel ils patinent: la responsabilité des parents et la victimisation à outrance qu'ils font subir à leurs enfants dyslexiques .
Une mère de dyslexique en connaît forcément plus, de manière intime durant des années sur la dyslexie qu'un professeur appliquant (mal , souvent) quelques formules toutes faites ...
Vous êtes ulcérée par votre manque de résultats (ils se comptent sur les doigts d'une main) , c'est ce que je perçois, vous refilez donc la patate aux parents, c'est pour le moins facile, mais ayez au moins du respect pour tous ceux qui s'acharnent sans baisser les bras face à un système qui exclu de fait leurs enfants et transforme un enfant dys qui désire réussir en un adolescent dys glandeur.
Malgré toutes vos certitudes vous ne connaissez rien à la dyslexie, vous manquez de formation, sans parler de l'empathie qui ne semble pas faire partie de votre univers....
Mais encore, ce que vous semblez méconnaître est le don que représente la dyslexie, aux Etats Unis par ex, ils sont considérés comme de petits génies et reçoivent un enseignement adapté à leur façon de penser, les outils qui leur permettent de s'épanouir et éventuellement ils finissent à Stanford Berkeley ou à la NASA (qui engage des dyslexiques pour leur capacité à "voir" en 3 dimensions..)
Voyez-vous chère Mab, vous êtes loin, très loin de tout savoir, cessez de nous donner la leçon, nous ne sommes pas réceptifs nous les dys à votre cloisonnement intellectuel.
Bien à vous


Chère Dyslexique,
Nous avons bien compris votre propos et aussi le fait que vous avez un unique cheval de bataille. Personne ici n'a jamais nié qu'il se produise des injustices à l'école - ce serait bête, d'ailleurs, puisqu'il se produit des injustices partout et que la sottise est au monde la chose la mieux partagée.
Mais voyez-vous, je suis une dyslexique, et une gauchère visuelle par dessus le marché. J'ai probablement eu la chance de tomber sur une logopède très douée. J'ai surtout eu la chance, je crois, d'avoir des parents qui m'ont fait travailler et retravailler les choses tout le temps qu'il a fallu pour que je les maitrise, et mon "handicap" avec. Et qui ne m'ont pas laissé geindre sur mon sort quand je ne trouvais pas juste d'avoir à en faire plus que les autres. Et j'en ai rempli, des cahiers d'écriture, des devoirs de vacances, et même des lignes de punition absurdes. Et j'ai lu, lu, lu (et je continue de le faire).
Mais c'est ce drill longtemps soutenu qui m'a permis de faire latin-grec puis romane et pas coupe-couture (bien que je n'aie aucun mépris pour les couturières, cela va sans dire) comme le préconisait le PMS de l'époque. Alors, la seule chose que peut faire un dyslexique, c'est travailler plus que les autres. Ce n'est pas juste? Tant pis! Mais ça marche, c'est même la seule chose qui marche, d'ailleurs.
J'ai des élèves dyslexiques - j'en ai même plus que la moyenne des "bonnes écoles" qui, parfois, se débarrassent d'eux à coups d'AOB, ce qui les fait atterrir chez nous. Je les reconnais à la première copie (les vrais, pas les faux, rendus "dyslexiques" par des méthodes d'apprentissage absurdes et le manque désespérant d'heures de français aux niveaux primaire et secondaire inférieur). Je leur donne toujours les mêmes consignes, celles dites plus haut (travailler plus, copier, et surtout lire, lire, lire). Les rares qui se prennent en main et se mettent à faire ce qui est nécessaires se comptent jusqu'à présent sur les doigts d'une main. Mais ils font des progrès notables après trois ou quatre mois. Les autres restent en arrière, parce qu'ils ne veulent pas (ou, en pédagogiquement correct "ne peuvent pas pour des raisons de blocage psychologique intense engendré par une école élitiste, injuste et particulièrement cruelle") faire les efforts nécessaires. Eh oui, il y a de vrais dyslexiques qui sont aussi des paresseux ou des glandeurs.