Je rêve d’une école.... une école de rêve ?
Publié il y a 9 mois par Denis DH dans Ecole de l’échec ou école de la réussite ? .
Je travaille dans l’enseignement depuis maintenant 13 ans. J’y ai occupé deux fonctions, enseignant et maintenant directeur. De par ma pratique et mes observations, voici ce que je pourrais écrire sur les constats quotidiens que nous pouvons faire dans une école :
Tout d’abord, un point de départ
- l’école, c’est un lieu où on retrouve autant des élèves qui ont envie de venir que des élèves qui sont obligés de s’y retrouver pour suivre un ensemble de disciplines adapté pour eux (selon ?).
- l’école, c’est le lieu de socialisation considéré comme un passage obligé pour « aider l’élève à devenir un acteur-citoyen » où la conscience collective estime que la vie doit s’y apprendre ... voire maintenant que tout doit s’y apprendre...
Je pense que la réalité de l’enseignement, c’est de faire vivre ces 2 idées qui si elles n’apparaissent pas contradictoires peuvent le devenir...
Ce qu’on peut observer...
Les personnes de terrain, les fameux acteurs de l’éducation, doivent faire vivre et transmettre une série d’objectifs et de savoirs définis par la société, via des programmes scolaires établis et contrôlés par un Parlement, un gouvernement ou leurs administrations (en ce qui concerne l’enseignement, c’est bien la Communauté française qui édicte ce qui doit être fait, et de plus en plus comment - voir le florilège de décrets ces dernières années...). Ils sont devenus non plus des «savants» de quelque chose, mais des rouages d’une société en mal d’objectifs pour sa jeunesse.
Voici sans doute le noeud du problème... dans une société où ce qui est important change aussi rapidement que ce qui est à la mode... qui peut s’y retrouver...
L’école, comme élément structurant dans la vie d’un élève, ne peut sans cesse être la proie des nouveautés politiques du moment, allant à dire le contenu du cartable, à parler des distributeurs de boissons gazeuses, à interdire les frites, à parler sexualité à tout crin, à « mixiser » socialement une société qui ne l’est pas, etc., mais sans se préoccuper de l’essentiel...
L’école doit redevenir un lieu d’expérience partagé dans un contexte plus souple.
L’organisation actuelle de l’école est toujours basée sur le Pacte scolaire (1958), bref, 50 ans après, on organise les écoles presque de la même manière... Quel autre système est encore aujourd’hui construit comme il y a 50 ans ?
Plus concrètement, qui d’entre nous pourrait aujourd’hui assister à 7 à 8 heures (même de 50’) sans beaucoup bouger, dans une position plus passive qu’active ? Qui pourrait suivre ce rythme pendant 5 jours ? Qui pourrait «subir» des grilles-horaire prédéfinies ? Dans quel contexte professionnel sommes-nous 25 assis dans une même pièce à suivre des enseignements, qui parfois il faut le dire, ne sont pas captivants ? Qui d’entre nous se souvient d’ailleurs de toutes les matières enseignées à l’époque (la bonne époque sûrement) ? Qui d’entre nous pourraient prétendre que l’école est organisée pour les élèves ?
On pourrait certes répondre qu’adulte et adolescent, ce n’est pas le même «tarif»...
On pourrait aussi me qualifier de clientélisme, car je place l’élève au centre...
Quelle serait mon école de rêve ?
Un ensemble d’objectifs prédéfinis par la Communauté, pourquoi pas, c’est même démocratique. Ensuite, liberté propre à chaque école dans l’utilisation des moyens pour d’atteindre ces objectifs ! ... Si des élèves ont besoin de 10 de français par semaine, ils suivent 10 h, si pour d’autres 2 suffisent, ils en ont 2, et idem pour tous les autres cours plus généraux !
Mettre tout en oeuvre pour implanter une pédagogie de l’engendrement serait également la base de tout le reste.
On reclasse les activités artistiques, sportives et philosophiques en dehors de l’école en augmentant les moyens attribués aux académies, aux associations sportives et en obligeant chaque élève à suivre un ensemble d’heures de modules dans ces endroits pour valider leur scolarité. Si certains ne veulent que de l’artistique, pourquoi pas, si d’autres ne veulent que du sportif, pourquoi pas... et ainsi de suite.
Imaginons ce que pourrait faire des associations genre ADEPS si tous les petits moyens des écoles en éducation physique y étaient concentrés, si l’ensemble des professeurs d’éducation physique redevenait des moniteurs sportifs. Ce raisonnement est valable encore plus pour les académies artistiques.
Rêve, c’est sûr, problème d’organisation, c’est évident... sans oublier les statuts de chaque réseau, de chaque membre du personnel...
Évidemment, ce n’est plus l’école de papa qui, comme toute nostalgie, ne pouvait être que meilleure.
À approfondir certainement. À suivre éventuellement ...


Utopie séduisante, l'idée proposée par un élève dans la rubrique "étudiants et élèves" devrait aussi beaucoup vous plaire. On travaille déjà à rendre les cours plus dynamiques et plus attractifs mais il faut certes laisser plus de libertés aux écoles (et aux enseignants) pour s'adapter aux élèves.