L'absence comme échappatoire
Publié il y a 7 mois par Herménégilde dans L'absentéisme des enseignants .
Faut-il vraiment s’étonner qu’il y ait un taux de 7 % d’absentéisme dans la profession enseignante, alors que la moyenne est de 5,3 % dans les autres secteurs ? Dans quel autre secteur, 33 % des jeunes qui s’y engagent quittent-ils la profession dans les cinq premières années de leur carrière ? L’explication est l’évidence même : pour l’enseignant, il est devenu de plus en plus difficile de faire face. Dans quelles conditions peut-il être motivé par sa « mission » – pour reprendre le terme même du décret –, se sentir porté en avant, voire enthousiasmé par les tâches qu’on lui confie ? Tout en admettant que la diversité des individus devrait produire une diversité de réponses, je suis convaincu qu’un élément premier, pour beaucoup d’enseignants, est la possibilité de transmettre un savoir, en même temps que son bon usage et les valeurs qui s’y attachent. Cette transmission sous tous ces aspects ne peut s’opérer que dans le cadre d’une relation humaine libre, détendue et constructive.
Or, le contexte dans lequel évoluent aujourd’hui les enseignants s’est considérablement dégradé. Pour faire bref, je dirais que la « pression » n’a cessé de s’accroître, par des mises en cause successives et variées. Voici vingt ans au moins que les agressions, même si elles prennent parfois des apparences non violentes, se sont multipliées. L’image de l’école s’est ternie. Et le mot est faible. De la suspicion de fainéantise de l’époque Di Rupo-Onkelinx à l’exploitation massive des enquêtes PISA, en passant par la cascade des réformes non concertées, le tout relayé sans sympathies particulières par les médias, l’école présente un triste visage. Le fait même que la Libre Belgique ouvre ce forum de discussion révèle assez quelle impuissance le commun des citoyens perçoit de la part des pouvoirs publics à redresser la situation.
Celle-ci continuera à s’aggraver, les absents seront plus nombreux encore, sans doute, et les départs d’enseignants vers d’autres secteurs ne se compteront plus. À moins que tout soit mis en œuvre pour que l’école et ses habitants redeviennent progressivement libres, détendus et constructifs.
3 réponses
Un métier fatiguant, un des plus stressant, avec une exposition la plus élevée aux microbes, des inspections qui poussent parfois certains anciens à la dépression parfois de très longue durée (je l'ai déjà constaté souvent) malheureusement. Comment s'étonner de l'asbsentéisme ou le comparer à d'autres secteurs ?
Dans leur dossier "lutte contre la pénurie" le gouvernement a parlé de constituer un "pool de remplaçants" pourquoi ne pas les recruter parmi les inspecteurs ? 4 avantages : on en a toujours sous la main, ils verraient ce qui se passe réellement en classe ! ils travailleraient toujours au maximum, l'intérim serait assuré par des personnes opérationnelles et compétentes ! !! etc....


Professeurs fatigués, ne vous découragez pas !
Notre ministre veut supprimer les DPPR… Tant mieux, poursuivons notre carrière jusqu’à 60 ans, ayons notre prime à 58 ans… et tombons malade dès 55 ans !
En remerciant les personnes qui nous ont soutenus lors des nombreuses grèves (89-90-95-96, etc).