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denis-dh

L’école peut-elle être le car-wash de la société ?

Publié il y a 4 mois par Denis DH dans Ecole de l’échec ou école de la réussite ? .

Quel est l’enjeu de l’école ? Qui le définit ?

Une lecture rapide des derniers posts dans ce forum me laisse perplexe dans la portée de certaines informations énoncées, mais surtout les reproches attribués soit à la profession enseignante elle-même, soit sur le rôle de parents et leur responsabilité. J’en arrive à me demander si le point de départ de tout cela, outre une méconnaissance du système scolaire par bon nombre, n’est pas simplement idéologique.

L’école, pour certains, doit être un lieu d’apprentissage de connaissances et de savoir-faire à travers un savoir-être. Pour d’autres, le lieu où l’apprentissage de la vie en société doit être primordial avant tout. À cela s’ajoute inévitablement une surcouche idéologique portée par les modes du moment (autant dans les croyances aux nouvelles pédagogies que dans le retour aux pratiques anciennes nostalgiquement meilleures). D’ailleurs, depuis plusieurs années déjà, chaque gouvernement rajoute des missions à l’école (on n’en a pas enlevé, je pense) selon les accords (mélanges ?) politiques. Une certaine idéologie voudrait même qu’en augmentant des moyens, on augmente concomitamment les résultats (pourtant « Plus de tout n’est pas mieux que tout »).

Tout cela engendre frustrations inévitables. Est-on prêt, pourtant, à croire que l’école ne peut pas être une forme de car-wash social ? Une série de « réparations » peut être prise en charge par l’école, mais attendre d’elle qu’elle puisse être une sorte de lieu privilégié, « hors société », réduisant les inégalités sociales relève d’une utopie, sinon plus que naïve, du moins déplacée. Une société forme des individus, mais ceux-ci constituent la société, avec toutes ses inégalités intrinsèques.

De par mon expérience, je me rends compte que l’enseignement, mais surtout l’enseignant, ne saurait être compris dans la pratique qui est la sienne. Dans les relations personnelles que chaque enseignant entretient, combien n’ont-ils pas pris une volée de réflexions pas nécessairement positives à chaque énoncé de sa profession ? Lequel a-t-il réussi à pouvoir expliquer l’ensemble de ses tâches ou difficultés sans se voir reprocher ou bien la « longueur » de ses congés, la « hauteur » de ses émoluments, la faiblesse de sa formation ? D'ailleurs, combien d’enseignants postent sur ce site ?

Pas mal d’enseignants sont parents. Ils peuvent, par conséquent, se rendre compte de la double face que leur travail induit. Leur reprocher une incapacité à comprendre que l’élève puisse être un enfant/adolescent n’est qu’un pas supplémentaire dans la rupture de confiance qui s’immisce dans tout ce qui est « service public », à devenir même le comportement-type valorisé.

Doit-on, parce qu’un système parfait n’existe pas, en arriver à cultiver une logique de méfiance ?

La perfection n’existe pas dans la vie, seuls les objectifs doivent la viser. Arrêtons de rêver ! et œuvrons à améliorer le système sans prétendre réinventer la roue. L’enseignement a besoin d’une réforme globale, mais sans s’emprisonner dans l’une ou l’autre idéologie plébiscitée selon l’humeur des foules. C’est à cela qu’il faut s’engager. Je pense même que beaucoup d’enseignants, éducateurs et directions sont demandeurs. Ils devraient d’ailleurs être à la base de ce changement… s’ils pouvaient être écoutés attentivement sans prépondérance liée à une "caste" quelconque, mais comme professionnels du terrain. Il reste du travail, c’est évident, dans la réalité qu’on connaît et dans le rôle des représentations dichotomiques qu’on connaît (syndicat/gouvernement). Il faudrait aller au-delà de toutes défenses de corporation, c’est évident.

Pour conclure provisoirement, je rejoindrai ce que j’ai pu lire d’un enseignant dans ce forum. On n’a rien sans rien, il serait désastreux d’attendre de l’école qu’elle arrive, par essence, à faire réussir les élèves sans leur implication réelle et continue dans leurs études (et selon leurs moyens et donc par des efforts personnalisés). Enseigner, c’est faire ce qu’on peut avec ce qu’on a. Comme toutes les professions non ?

11 réponses

mab

Merci!

zabou

Oui mais pourquoi l'enseignement ne tient-il pas compte des études et des connaissances sur la motivation? Pourquoi les jeunes sont-ils bien plus facilement éduqués par la publicité que par l'école?
Parce que la publicité part des besoins : besoin d'apprendre, besoin d'apprentissage présent dans tout être humain. Et l'enseignement renie les besoins, les envies...
Allez lire Mucchielli... Il a étudié la pub et l'enseignement et préconise les pédagogies actives...
Je trouve que la psychologie est diversement présente dans la réflexion des profs, directeurs, éducateurs... Que de gaffes de ce côté!!!

denis-dh

Je ne pense pas que tous les enseignants aient déserté les bibliothèques ou les bonnes lectures. Je pense toutefois qu'il ne faut pas non plus adhérer sans réserve à toutes les expériences "de laboratoire" qui par définition ne sont qu'un reflet dans un contexte particulier. Les enseignants ne sont sans doute pas tous pédagogues, mais il existe aussi des pédagogues qui ne sont pas enseignants ...

La richesse d'un prof se fait essentiellement sur le parcours qu'il peut établir dans ses classes, éclairés par des lectures et ses échanges avec ses collègues, c'est évident. Cela peut mettre un temps certain ... Un enseignant ne peut tout connaître ou tester toutes les pédagogies possibles s'il ne se convainc pas de leur utilité.

Si l'enseignement peut paraître fermer, l'enseignant possède une liberté pédagogique certaine. C'est à partir de cela que toute réforme devrait s'établir. La conséquence de cette affirmation, c'est d'en déduire que l'enseignement que suit un élève dépend avant tout de la personnalité de celui qui lui donne cours et de sa nécessaire remise en question plus que du système qui l'encadre.

Quant à croire que la publicité puisse participer à une forme d'éducation ... idée intéressante mais dangereuse comparaison ... et quel risque d'association avec Pavlov ?

Je vous rejoins quand vous dites que des gaffes sont parfois commises ... c'est le risque dans toute relation humaine tant dans une relation prof-élève que celle de parent-enfant en fin de compte.

Le système scolaire n'est pas parfait. Aucun système scolaire n'est parfait (même en Finlande).

J'ajouterai, provisoirement, que la vie d'un individu ne doit pas uniquement se lire à travers un parcours scolaire. Il m'arrive de rencontrer des anciens élèves qui, exclus d'une reconnaissance scolaire officielle, ont pu malgré tout réussir dans la vie, selon leur désir.

Bref, rien n'est simple ! C'est le facteur humain ...

zabou

J'ai remarqué dernièrement que les élèves utilisaient beaucoup les sophismes dans leur argumentation, utilisés aussi par la pub et... par les politiques. D'où mon interrogation sur le pouvoir d'éducation de la pub par rapport à l'école... de façon inconsciente sans doute, la façon d'argumenter reste.

Quand à la liberté pédagogique, c'est admis dans la loi mais dans la pratique... L'autorité étant plus un rapport de pouvoir, si votre pédagogie ne plait pas à votre direction, bye bye sans doute.

Permettez-moi de soulever un paradoxe : quand on est jugé par une personne moins formée que soi, il est évident qu'on le paie à la sortie...
Les directeurs sont-ils au-moins licenciés? Je n'en sais rien. Ne faut-il pas avoir X années de nomination?

Comme d'habitude, on commence à vraiment analyser un système quand on en est soi-même victime. Avant, on suit le mouvement (c'est humain).

Mais s'il vous plait, revoyez le titre de votre post : il me fait trop penser au karsher de Sarkosy... On a tous une idéologie mais on l'oublie parfois, emportés par la routine...

Mais vous terminez mieux que le titre : faire ce qu'on peut avec ce qu'on a, en ajoutant qu'on a sans doute de plus en plus d'élèves qui ne bénéricient d'aucune considération ni attention dans leur milieu familial. Le problème, c'est que tous les profs n'ont pas conscience de la société dans laquelle nous vivons. Avant, les femmes étaient au foyer et les enfants bénéficiaient d'une attention soutenue. Le enfants avaient envie de progression sociale car le confort du monde actuel n'existait pas.

Aujourd'hui, nous sommes arrivés à assurer des moyens minimaux de subsistance et d'un autre côté, les femmes ont eu envie de se réaliser dans un boulot ou sont obligées de le faire car leur mari ne gagne plus assez.

Les enfants/ados sont donc (sans doute?) laissés à eux-mêmes, et doivent trouver une motivation pour venir à l'école.

Ils sont rarement bêtes ou fainéants... seulement désabusés par un système qui les déclasse...

denis-dh

Quelques réponses parmi d’autres…

— Quant à la formation des directions… depuis 2007, il y a un décret les concernant (http://www.gallilex.cfwb.be/document/pdf/31886_002.pdf). Dans l’enseignement libre (que je connais) ce sont généralement des licenciés agrégés qui ont minimum 6 ou 7 ans d’ancienneté qui peuvent prétendre à la fonction (ou AESI pour un DOA). Il y a maintenant des formations nécessaires obligatoires. On ne peut donc affirmer qu’il ne connaisse pas la réalité scolaire d’une classe.

Souvent j'utilise l'analogie suivante : comme dans un match de football, il y a des gens sur le terrain. Mais pas tous au même endroit. C'est l'ensemble qui permet le bon déroulement du match. Une direction est sur le terrain aussi. Elle ne voit pas les choses de la même manière, comme les joueurs, mais elle participe. Elle n'est pas sur les gradins ou dans les loges VIP.

Ce que je peux conseiller, comme directeur, c'est de ne pas résumer cette fonction à un pouvoir. La discussion est toujours possible, les expériences pédagogiques également. Une direction n'est pas là pour empêcher ou embêter. Si elle donne l'impression de ne pas s'occuper de pédagogie, ce n'est pas nécessairement par choix, mais par l'ampleur administrative que revêtent de plus en plus ses missions. Elle doit faire fonctionner le système (la loi le lui demande) et s'assurer qu'il y ait une cohérence globale. Certes, l'aspect "coercitif" existe, car à plusieurs occasions le rappel des règles et obligations doit aussi se faire aux adultes. Comme professeur (que j'ai été), on en a parfois une vision réductrice et peu glorifiante... Il est vrai que comme directeur, on préfère être informé au préalable que de découvrir les expériences pédagogiques au travers des réactions de parents... Il est vrai aussi que l'on peut rencontrer différents types de direction tout comme différents types d'enseignants.

— Le titre a été volontairement rédigé pour "provoquer". Technique publicitaire sans doute, mais derrière ce "slogan" se cache une réflexion sur les attendus que d'aucuns projettent sur l'école.

— Je rencontre beaucoup d'élèves dans mon école qui me disent venir pour l'école ... pas pour les cours. C'est interpellant, mais souligne combien ils sont en attente de quelque chose.

— Pour ma part, ma formation initiale de sociologue m'a permis d'appréhender plus concrètement les situations des élèves auxquels j'ai donné cours pendant quelques années, de même que pour les enseignants actuels, car là aussi, des modifications sociétales se mettent en route.

— à suivre ...

zabou

Vous savez qu'on est sensé connaître la loi mais que PERSONNE ne la connait totalement. Notre conversation m'a incitée à retourner dans la loi que vous avez la gentillesse de me rappeler.

Effectivement, en cas de non possession du titre requis, il faut avoir exercé durant 900 jours la fonction de sous-directeur pour accéder au titre de directeur (stagiaire). Devant la pénurie actuelle de professeurs et de directeurs, ne va-t-on pas bientôt prévoir des exceptions comme les fameuses dérogations pour les professeurs?

Cet article (2003) vous convaincra de ce danger : http://www.changement-egalite.be/spip.php?article423

Votre analyse de sociologue, que je partage avec vous, vous permet de prendre du recul et de mesurer le danger d'une fonction coercitive mal comprise.

Et je voudrais revenir sur l'idée de l'idéologie que vous avez soulevée dans votre article. A bien y penser, notre société démocratique admet une diversité d'idéologies concrétisées dans des partis politiques et des élections pour arriver à un parlement "représentatif" composé d'une majorité et d'une opposition.

Il est probable que les enseignants représentent une bonne fourchette d'idéologies différentes et dernièrement, en France, a été soulevée la question d'un professeur universitaire qui diffusait ses idées d'extrême-droite au travers de ses cours...

Je crains ou plutôt je ressens une dérive de l'enseignement par la recrudescence du racisme et de l'intolérance vis à vis des plus faibles qui sont désormais légitimement exclus. Marche ou crève...

Et je voudrais rappeler la loi qui, elle aussi, se perd dans la pratique (décret Missions):

"La Communauté française, pour l'enseignement qu'elle organise, et tout pouvoir organisateur, pour l'enseignement subventionné, poursuivent simultanément et sans hiérarchie les objectifs suivants :

1° promouvoir la confiance en soi et le développement de la personne de chacun des élèves;

2° amener tous les élèves à s'approprier des savoirs et à acquérir des compétences qui les rendent aptes à apprendre toute leur vie et à prendre une place active dans la vie économique, sociale et culturelle;

3° préparer tous les élèves à être des citoyens responsables, capables de contribuer au développement d'une société démocratique, solidaire, pluraliste et ouverte aux autres cultures;

4° assurer à tous les élèves des chances égales d'émancipation sociale.

Je vous assure qu'il y a abus de pouvoir de la part de certaines directions... dans le sens, par exemple, de l'orientation de l'élève vers le cours de religion catholique plutôt que musulmane (sous prétexte qu'il n'y a plus de place...). Dès le moment où nous constatons cela, comment garder la confiance?

Considérez-vous que l'école a une fonction de tri? Certains le pensent très sincèrement!!!

Pourquoi le "système" nous invite-t-il a suivre des formations? Parce que nous devons aussi nous remettre en question.

Tiens, je vous refile un extrait de la formation de Christian BOKIAU sur la discipline car il insiste, lui aussi, sur le fait que la punition vient de l'extérieur mais l'auto-discipline vient de l'intérieur :

"La punition amène l'obéissance
La punition absolue amène l'obéissance absolue
Et qu'est-ce que l'obéissance absolue a amené?
Souvenez-vous de vos cours d'histoire!"

(NDLR : expérience de Milgram citée oralement. On pourrait ajouter : avez-vous l'émission "Le jeu de la mort" sur France 2?)

denis-dh

Je partage les mêmes craintes que vous concernant la pénurie des enseignants, mais aussi de plus en plus pour d'autres fonctions dans l'école. On allège l'exigence des titres... qui bien ceux-ci ne marquent pas nécessairement une qualité, indiquent toutefois un parcours. Ce qui est paradoxal, c'est que la Communauté française y gagne financièrement, car les personnes n'ayant pas le titre requis ou suffisant sont moins payées...

Quand je parle d'idéologie, c'est en terme de croyance et donc de toutes les déviances qu'elle peut apporter. Il est vrai que la démocratie participe à une meilleure représentation, mais souvent j'ai l'impression que les compromis politiques sont un mélange où chacun retrouve un peu de ce qu'il croit, mais sans une cohérence globale...

L'école trie-t-elle ? Sans doute, inévitablement. Nous sommes bien dans une société stratifiée. Je n'irais pas jusqu'à dire que c'est normal, mais c'est un fait. Comment croire que changer des pratiques au sein de l'école influencera nécessairement des changements au sein de la société dans son ensemble ? L'école, n'est-elle pas d'ailleurs un lieu artificiel de vie commune (c'est-à-dire qu'on ne rencontre que dans une école) ? Pour transformer notre société ne doit-on pas agir sur plusieurs niveaux ?

Les abus de pouvoir des directions n'existent pas plus que ceux de certains enseignants au sein même de leurs cours... et je pense que notre système poursuit quand même les abus.

Je garde espoir et confiance dans le système actuel, non par une foi aveugle en son efficacité, mais parce qu'au niveau que nous avons (prof, éducateur, direction), nous pouvons oeuvrer à en limiter les dégâts... mais, je le répète, c'est une transformation / réforme globale que nous devrions pouvoir mettre en place pour faire de l'école un lieu d'épanouissement humain partagé. Si le système ne change pas, il y aura lieu alors de créer une forme d'ingénierie scolaire pour permettre au plus grand nombre d'atteindre ces objectifs sans se fourvoyer.

Ces propos sont à placer en rapport avec le réseau que je connais, je pense que le réseau libre permet une meilleure organisation parce beaucoup de décisions peuvent être prises en local par des gens sur place.

zabou

Nous avons tous des croyances qui orientent nos actions et c'est ce qui me permet d'avoir foi en la démocratie... Je ne pense pas, a priori, que l'on pense à mal, ni d'ailleurs que les extrêmes pensent à mal... Elles ne sauraient pas vendre leur parti! (Eh oui, Hitler a été élu par des millions d'Allemands...).

Le problème, c'est que les extrêmes qui tirent vers la droite revendiquent l'inégalité tandis que les extrêmes qui tirent vers la gauche revendiquent moins de liberté...

L'enseignement doit rester neutre et ne peut, à mon sens, légitimer une inégalité. C'est toute la difficulté de notre profession : rester stoïques face aux élèves éventuellement mal éduqués... D'ailleurs, vous savez, il faut savoir regarder dans son assiette aussi... Les élèves qui réussissent sont-ils si bien éduqués? Je remarque que dans le général, l'auto-discipline n'est pas vraiment une réussite!!! (mais je n'ai qu'une expérience limitée du général).

Si l'école trie, de fait, il faut absolument prendre conscience du fait que nous visons trop haut, je crois.

Regardez les offres d'emploi : on ne demande que très peu de licenciés... Il faut donc avoir plus de modestie dans nos ambitions pédagogiques et accentuer, peut-être (?) l'apprentissage du vivre ensemble?

En tout cas, je pose la question : ne faut-il pas se recentrer sur des compétences à atteindre en fin de secondaire pour s'en sortir dans la vie plutôt que de vouloir former des érudits? Ne vivrait-on pas mieux ces moments (vous l'avez dit : ça ne les dérange pas de venir à l'école)? Ne fairait-on pas baisser l'absentéisme? Notre but, c'est quoi?

C'est plus de former des "érudits" (une minorité - En 2008, il y a 23 % de diplômés de l'enseignement supérieur en Région wallonne!!!!!!!
http://www.faitsetgestes.cfwb.be/telechargement/FG_2008/faits_&_gestes_25.pdf - page 1))

OU

C'est plus former les citoyens de demain?

denis-dh

Une certaine idéologie à un moment donné a poussé le plus de monde à effectuer des études supérieures au nom de la démocratisation de celles-ci. Bien que l'idée soit plaisante, elle a eu comme conséquence assez rapide de dévaloriser toute une série de métiers plus manuels qu'intellectuels. Chacun tente d'aller au plus loin dans le parcours scolaire possible, couvert par ce courant naïf qui a même énoncé que nous serions tous bilingues en 2000...

Notre société se construit de plus un plus sur une dévalorisation de quasi tout plutôt qu'une reconnaissance honnête du rôle de chacun. Cela a commencé par les « notables » des villes et villages, il y a presque un demi-siècle... Regardons autour de nous, quelle profession est encore encouragée ? On envie, on envie, mais sans plus et souvent sans connaître réellement le travail accompli.

L'école participe consciemment ou non à reproduire cela. J'ai déjà « surpris » des enseignants, au moment des inscriptions dans l'école, de conseiller d'aller terminer des études d'enseignement général au vu des résultats du bulletin... Or, le projet de l'élève était d'apprendre un métier précis...

Étonnamment, maintenant, on est à rechercher le plus de « diplomation » possible. Si tout le monde a un CESS (ce qui n'est certes pas encore le cas), il faut donc « avoir plus pour rester mieux ». Cette manière de penser est difficile à combattre, car, comme parents, nous voulons le meilleur pour nos enfants, sans parfois comprendre que leur meilleur n'est pas le nôtre...

D'ailleurs, la finalité des humanités n'est pas d'entreprendre d'autres études... À lire les compétences terminales, c'est de former...

zabou

Une réponse trouvée ici

http://www.lmg.ulg.ac.be/spip/IMG/Le_chantier_de_la_conception_pe.pdf

"c. Une lecture critique du décret Missions

A la lumière de ce tableau, il nous semble que les finalités exprimées dans le décret mission invitent à se situer à contre-courant de l'idéologie dominante actuelle, largement "libérale-utilitariste". L'esprit du décret, en mettant l'accent sur l'éducation à la citoyenneté, révèle plutôt une idéologie "progressiste-reconstructiviste", à la fois centrée sur la personne et sur la société.
Cependant, l'accent mis sur les compétences est en contradiction avec ces finalités, puisque cette façon de réfléchir "centre l’enseignement sur les résultats que l'élève doit pouvoir atteindre", et traduit plutôt une vision utilitariste de l’enseignement.
Or, de l’avis de nombreux spécialistes en matière d’exclusion sociale et scolaire en particulier, les élèves en difficulté scolaire sont d’abord des élèves en difficulté de vie.
Ils ont d’abord besoin d’un enseignement qui leur donne du pouvoir sur
l’environnement et sur eux-mêmes. A notre sens, il conviendrait dès lors de ne pas réduire l’enseignement à la seule vision utilitariste, mais de miser sur la valeur formatrice et émancipatrice des contenus et des pratiques de savoir (pour les pouvoirs que cela donne sur l’environnement et sur soi-même)."

zabou

Oui, seule une minorité veut faire changer le système car c'est inconfortable... pour tous!

Ce site est créé par un professeur de Haute Ecole et voici, sous l'article, un tableau avec quelques pistes pour une pédagogie émancipatrice :

http://www.changement-egalite.be/spip.php?article1128

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