La mort des 2P
Publié il y a 5 mois par Anne petit dans Ecole de l’échec ou école de la réussite ? .
Depuis septembre dernier, les 2° professionnelles n'existent plus. L'idée des dirigeants politiques étant - je le suppose - de dire qu'un jeune de 12 ou 13 ans était trop jeune pour décider de son avenir. Ce qui parait légitime. Le problème est que nous héritons en classe de 1°S, regroupant les élèves qui ont raté une 1° commune, d'élèves de 13 à 16 ans qui savent qu'ils passeront de toute façon en 2° année commune. Donc, non seulement ils n'ont pas le droit de faire les études qu'ils voudraient : certains d'entre eux savent déjà qu'ils veulent devenir menuisier ou chauffagiste mais en plus, ils passent toute une année à ne rien faire puisqu'ils passent de toute façon en 2°. Pourquoi faire un effort de travail même minimum? Ces élèves sont donc en classe pendant 8 heures par jour à attendre que le temps passe. Il n'y a qu'une seule activité possible : ennuyer le prof. Ou pire encore : se battre, faire du trafic, bref, l'occupation principale est de semer la pagaille.
Comment se fait-il que les décisions ministérielles aient toujours l'effet contraire de celui escompté? Le but est de laisser le temps de réflexion aux élèves pour qu'ils puissent tous atteindre un niveau de scolarité équivalent à la fin de leurs 3 ans dans le premier degré et les effets sont : la démotivation, la violence et le décrochage. Au nom d'un enseignement égalitaire, on creuse un fossé, si non un ravin infranchissable entre les élèves qui suivent la filière commune et ceux qui sont obligés de passer un an ou deux à ne rien faire pour pouvoir, s'ils ne sont pas tout à fait dégoûtés de l'enseignement, faire enfin ce qu'ils veulent à 17 ans en 3°!
2 réponses
Tous les profs sont d'accord, il n'y a plus qu'à espérer qu'un jour, un ou une Ministre de l'Enseignement ait l'idée d'écouter l'opinion argumentée des gens de terrain... Nous sommes encore bons pour 2-3 générations de jeunes qui écrivent à 20 ans en expression libre (texte sous sa forme authentique) : "ont sé que sépatoi" ou encore "sont no deure" et le plus beau : "g'endentè" et qui va passer cette année en 5ème s'il a ses points en cours pratiques (en même temps, 20 ans en 4ème, il ne faut pas abuser des bonnes choses, 10% des P sont là pour un métier, 90% pour passer à l'ancienneté... Ce nouveau Balzac a eu la patience nécessaire...


On a inventé cela parce que des esprits éclairés imaginent que tout le monde a les mêmes capacités intellectuelles de naissance. Ces penseurs rousseauistes ("l'enfant nait bon, c'est la société qui le corrompt") ont fait plus de désordre et de malheureux avec leur angélisme que les coups de pied au derrière d'il y a deux ou trois générations.
Dix-sept ans en 3P, ça veut dire vingt-et-un ou vingt-deux à la sortie (quand tout va bien!). C'est l'enfer en classe pour eux, pour les élèves à l'heure et pour les professeurs. Je le sais, j'en ai eu (cette année, j'ai de la chance, mes 5 et 6 P ne dépassent pas vingt ans). C'est de la sottise doctrinale et c'est un vrai massacre. Mais ça parait juste et égalitaire à ceux qui n'ont jamais mis un pied dans une classe de P (et qui préfèreraient être foudroyés sur place plutôt que d'avoir à la faire).