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zabou

La sévérité, oui. L'exclusion, non!!!

Publié il y a 4 mois par Zabou dans Ecole de l’échec ou école de la réussite ? .

Distinguer autorité et sévérité pour ne pas (re)tomber dans le régime autoritaire.

 

4 réponses

frannin

L'autorité et même la sévérité sont indispensables pour donner une colonne vertébrale à nos enfants, mais il est évident qu'il ne s'agit en aucun cas d'exclusion. Le dialogue entre parents et enseignants est indispensable pour soutenir ces mêmes enfants. En aucun cas ils ne peuvent se sentir l'enjeu d'un conflit. Que les adultes montrent l'exemple du courage pour progresser

zabou

Questionner les évidences permet d'avancer. Une évidence cache peut-être un travers.
La question est : sous prétexte d'autorité vis-à-vis des élèves, ne met-on pas la pression sur les enseignants pour qu'ils fassent respecter les règles de vie à l'école?
Je m'explique : de nombreux professeurs se plaignent car ils n'enseignent plus, ils régentent...
Pourquoi le font-ils? S'ils ne le font pas, on dit qu'ils ne "tiennent" pas leur classe.
Et que constate-t-on dans les auditoriums du supérieur?
Des étudiants absolument pas autonomes qui boivent, parlent, sortent à tout bout de champ pour aller aux toilettes, pour répondre au téléphone...

N'avez-vous pas l'impression que c'est toute la société qui est indisciplinée?
Au théâtre, n'êtes-vous pas de plus en plus gêné par ceux qui parlent pendant une représentation?

Alors je m'interroge sur notre façon d'éduquer nos enfants, à la maison ou à l'école : éduquer à l'autonomie, ça ne se fait pas par l'interdit mais par l'autorisation contrôlée et négociée (expérience d'une maman-prof).
Je proposais de distinguer autorité et sévérité car l'autorité, c'est un outil de pouvoir tandis que la sévérité, c'est un outil d'éducation.

zabou

http://www.skolo.org/spip.php?page=forum&id_article=1205

"(...) soit il (le prof, ndlr) accepte le fait établi, jouant dans une mauvaise pièce un mauvais rôle, conscient (ou , peut-être pire, inconscient) d’être un rouage sans âme, à l’opposé de l’Homme impliqué moteur du devenir sociétal. Il deviendra alors uniquement transmetteur de savoir(s) (actuellement, on parlera de compétences...), enfermé dans ses praxis aux buts incertains, inféodé aux programmes, aux préparations de cours bien faites et aux leçons bien dites. Soumis, stressé, inquiet, voire parfois terrorisé face aux Directions, inspections et autres conseillers pédagogiques, ses préoccupations majeures deviendront ses cours (que vais-je donner et devoir préparer ?), ses classes ( non, pas eux !) et son horaire. Singleton perdu dans la grande machine administrativo-pédagogique, notre transmetteur de savoir oublie alors que l’enseignement est d’abord un acte relationnel centré sur l’élève et son devenir.

Ou alors, il prend l’autre voie. Dans l’impossibilité, actuelle, d’une école idéale, il devient acteur du changement et se bat dans sa fonction d’enseignant, dans son école quelle qu’elle soit ! Il s’engage dans un militantisme critique, privilégie le rôle intégrateur de l’école à celui de sélection, par des paroles, des actes, des actions et des prises de positions qui auront certainement demandé une décolonisation de l’imaginaire ( nécessaire également ici, merci Monsieur Latouche...) et remet en question un environnement sociétal immuable (oui, les choses peuvent changer !). Et ceci malgré le risque que ses prises de position ne créent chez ses collègues au mieux qu’ un sourire crispé condescendant, au pire une opposition féroce des tenants archaïques de la pédagogie binaire : si l’élève travaille, il réussit, s’il ne réussit pas, c’est qu’il ne travaille pas !

zabou

Il semble que cette question soit très éloignée de recueillir des avis partagés... Eh oui, les gens qui se préoccupent du fonctionnement de notre démocratie et du rôle qu'a à y jouer l'enseignement sont assez minoritaires il me semble. Qu'à cela ne tienne, connaissez-vous le Groupe Ecole Démocratique? GED? Eh bien c'est un groupe qui se réunit quatre fois par ans pour échanger des pratiques de travail éducatif sur le comportement des jeunes. On y considère l'autorité non comme un instrument de pouvoir mais comme un instrument d'obéissance qui nécessite un accompagnement du jeune.
A ce sujet, voici ce qu'en dit Patrice Traube dans son livre "Violences côté face, côté profil", Essai Odin, 2002.

Il y explique page 158 que la loi a un avers et un revers, une face claire et une face sombre. D'un côté, elle est aliénante (frustrante), de l'autre elle est structurante.

(...) Le principe étant posé dans sa généralité, que faut-il concrètement pour qu'une règle soit une bonne règle c'est-à-dire une règle éducative, maturative et structurante?
Pour qu'une règle ait ces propriétés, il faut qu'elle soit perçue comme protectrice (non persécutrice), légitime (pertinente) et juste (non arbitraire). (p 159 ...) Une règle est subjectivement perçue comme persécutrice quand elle est : inadéquate (ex:"Julien - 3 ans- tais-toi quand il y a un visiteur à la maison!"), purement formelle (ex: "Pourquoi ne puis-je pas aller aux toilettes pendant le cours? Parce que le règlement l'interdit dans son paragraphe 2, alinéa 5".), arbitraire ("Tu ne sortiras pas ce samedi car aujoud'hui, ton père m'a fait une vacherie et que je suis en rage contre lui"), injuste ("Pourquoi dois-je ranger moi-meme ma chambre tous les matins, alors que tu ranges celle de Fabrice mon frère jumeau?"), non comprise dans sa légitimité ("Je te l'interdis", "Pourquoi?", "Parce que c'est comme ça!").

Inversement, une règle est protectrice, éducative, structurante, quand elle est : objectivement justifiable ("Pour des raisons évidentes de sécurité, le port du casque est obligatoire sur tous les chantiers"), juste et expliquée.

Cependant, il n'est pas inutile de rappeler :
a. que la loi est toujours évolutive, susceptible d'être adaptée, amendée, modifiée (dans une Etat démocratique, le travail législatif est continu; les assemblées parlementaires siègent en permanence).
NDLR : A ce sujet, faut-il appliquer le même règlement aux jeunes de 12 ans qu'à 16 et jusqu'à parfois 23 ans?
b. qu'une règle n'est véritablement une règle qu'à la condition que sa transgression soit effectivement sanctionnée.
c. que la rigueur des principes n'exclut nullement la souplesse de leur application, notamment en matière de sanctions, c'est-à-dire la prise en compte des circonstances (atténuantes ou aggravantes), des situations particulières (récidive ou primo-transgression), du degré de responsabilité, etc.

La mauvaise sanction est infantilisante, vexatoire, humiliante, irrespectueuse de la personne.
La bonne sanction est réfléchie, responsabilisante, isomorphe au comportement blâmable, placée sur le même terrain que la faute.

TOUTE SOCIALISATION IMPLIQUE DONC UNE INTERIORISATION DE LA LOI, OR LE VEHICULE DE CETTE INTERIORISATION, SON "ONDE PORTEUSE", C'EST L'EDUCATION.

A méditer dans les écoles..... qui ressemblent de plus à plus à des commissariats plutôt qu'à des lieux d'éducation!

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