Les réactions face à l'humiliation
Publié il y a 8 mois par Aurélie dans Autorité, quelle recette miracle? .
Les adolescents sont particulièrement sensibles à la critique, surtout lorsqu'elle émane d'un adulte. Un élève humilié devant ses camarades aura soit tendance à se renfermer sur lui-même soit à exprimer son malaise par des actes et des paroles agressives. Les adolescents fonctionnent fort à "l'affectif". Un élève humilié n'aura pas envie de s'investir et risque de mettre en danger ses chances de réussite. De plus l'humiliation d'un élève entraine souvent la réaction des autres, et le professeur peut très vite se mettre l'ensemble du groupe à dos. Il est donc préférable d'avoir un entretien individuel avec l'élève à la fin du cours afin de lui expliquer calmement que son comportement est déplacé.
24 réponses
Sanctionner est la pire des chose à faire, l'accepter aussi. Faire appel à un vrai pro de la relation humaine et le charger de désamorcer la situation. Cela dans un dialogue équitable, dans lesquelles toutes les parties doivent être entendues. La formation de groupe fait appel à notre instinct grégaire de survie pour faire face à une menace réelle, même si pour l'adulte elle ne la perçoit pas toujours comme tel.
C'est un vrai problème. J'ai souvenir dans mon adolescence de professeurs qui abusaient des petites remarques assassines sur l'ensemble des élèves (non toi tu es trop bête etc ...).
Quand plusieurs jeunes se liguent, je pense qu'il faut surtout agir très rapidement. Sans quoi, cela peut avoir de réelles conséquences sur un jeune "plus faible" ou plus replié sur lui-même, et qui sera pris comme tête de turc.
Je ne pense pas que l'enseignant a la formation adéquate pour régler ce genre de problématique. Interrompre un conflit ne règle pas le conflit, il ne fait que l'ajourner voir le déplacer à l'extérieur de l'établissement.
La solution serai de faire appel a du personnel "neutre à l'école". Les centres PMS ne sont pas la bonne solution. Ils divulgent aux enseignant le contenu des entretiens. Ce qui est tout à fait contraire à la déontologie. Un psy est tenu au secret professionnel. Comme vous pouvez le constater la problématique n'est pas simple du tout.
Quand le professeur prend le temps d'avoir un entretien à ce sujet avec l'élève, je trouve qu'il serait intéressant de permettre à l'élève d'être accompagné d'un ami ou d'une tierce personne... La relation unique entre le professeur et l'élève n'est pas toujours évidente pour l'élève.
Sauf que l'enseignant n'est pas formé pour ce genre d'entretien. psychologue et psychiatre ont le mérite d'avoir la formation adéquate. la tripartite me semble intéressante. Les deux parties peuvent être entendues par le même intervenant qui doit être extérieur à l'établissement scolaire.
La notion d'injustice est profondément ancrée dans les établissements scolaires. Y remédier, c'est déjà rétablir un semblant d'équilibre dans la dialectique du maître et de l'esclave. Un bref exemple : le maitre tutoie l'esclave qui dois le vouvoyer. L'idéal ce sera d'employer une seule façon de se parler mais bilatéralement. Quant à appeler l'enseigner par son prénom c'est une honte absolue et un déni d'identité familiale. Qu'en pensez-vous ?
Je réponds ici à Gwen sur le fait de tutoyer. L'élèves est obligé de vouvoyer pour créer une inégalité, c'est volontaire mais ce n'est pas de l'esclavagisme. C'est simplement une manifestation d'une différence de statut prof/élève avec ses avantages et ses défauts : 5 élèves et un professeur qui veulent avancer contre 12 élèves qui souhaitent jouer, le "groupe" du professeur devra toujours avoir le dernier mot. Ce n'est pas pour cela que les élèves sont des esclaves...
Par contre, si le professeur a plus de droits, il a aussi plus de responsabilités. C'est pourquoi il faut marquer cette différence notamment par l'usage du "tu" dans un sens et du "vous" dans l'autre sans que cela ne serve à humilier l'élèves ou à le rabaisser...
Selon moi...
L'humiliation est violence. Humilier un élève seul ou face à ses camarades, sous-tends un manque d'écoute et de respect réel, essentiel et fondamental. De là à susciter des réactions de violences (verbales ou non), il n'y a qu'un pas que d'aucuns n'hésite pas à franchir.
Les jeunes doivent le respect aux professeurs mais ceux-ci doivent respecter les jeunes. Elémentaire !
L'affectif est extrêmement important. L'humiliation la détruit. Je vous assure que si l'enfant "sent" le climat de confiance avec son prof ou titulaire, les choses sont beaucoup plus faciles. Ce qui ne doit pas empêcher d'être exigeant-comme l'enfant peut l'être vis à vis de son prof ou ses parents
Respect mutuel et dialogue .. quand celui-ci est encore possible ! Le manque de nuance et de vocabulaire entraîne trop souvent les mots grossiers et violents parceque trop souvent c'est la seule référence que les jeunes ont encore (films, jeux video parents !!!
Pourquoi associer de manière presque "naturelle" autorité et humiliation ? Dans la plupart des cas, l'autorité est conjuguée avec le respect mutuel. Le vrai problème est plutôt de savoir comment faire travailler les jeunes dans un contexte de désimplication assez généralisé.
En fait on ne peut qu'être d'accord... Humilier un jeune est toujours négatif. Les remarques doivent se faire le plus souvent hors du cours pour moins vexer l'élève mais aussi ne pas perdre un temps précieux pendant le cours.
Souvent, des remarques anodines ("Mets-toi au travail." ou "N'hésite pas à demander de l'aide si ça ne va pas.", cas vécus) sont pris pour des insultes et font grimper certains aux rideaux (Vous avez pas l'droit d'me dire ça!). Cela dénote souvent un manque de recul et un manque d'éducation.
Les ados sont à fleur de peau, soit. Mais ils ont aussi une tendance marquée à se choquer par principe de la moindre critique. Casser quelqu'un est facile : je ne le fais jamais. Mais j'observe que c'est souvent le mode habituel de relation entre eux (insultes "pour rire", grossièretés fréquentes.
Bref, je crois que "l'humiliation" subie à l'école est bien plus souvent le fait des autres élèves que le fait des professeurs. Quant à celle ressentie en cas d'échec, elle est réelle. Mais elle sera bénéfique ou pas, selon le caractère de l'élève, qui décidera de se reprendre ou de gémir.
Aucune humiliation n'est tolérable. Ni prof envers élève. Ni élève envers prof. Ni entre élèves (votre resp. en tant que prof !), ni entre profs. Valoriser les élèves réserve souvent de bonnes surprises à terme. Les profs doivent être des exemples positifs sans être angéliques: un profil vrai et sûr
Traiter les 'groupes' : 2 cas : grégaires ou communautaires (plus difficile). Valorisez le leader puis amenez le jusqu'à ses limites / contradict./ faibl./ err.. Vous restez maître de la situation en ayant discuté avec le 'chef' de bande. Et il aura à essayer de maintenir sa position de leader...
Pour aller plus loin : ce post a été classé dans 'Autorité, quelle recette miracle'.
Je pense que l'humiliation fait partie d'une technique pour prendre le pouvoir sur l'autre et en aucune façon ne permet d'avoir plus d'autorité... On confond souvent autorité et pouvoir.
Je pense que la violence à l'école vient du problème de la relation de pouvoir que les directions nous demandent d'avoir vis-à-vis des élèves et notamment de leur respect de la discipline. Toute la discipline scolaire doit être garantie par le professeur... c'est lourd et ça provoque de fait des réactions parfois disproportionnées de la part du professeur!
Oui mais le Prof essaye d'avoir de l'autorité comme il peut et ça devient tellement difficile que chacun commet des erreurs pour la garder (ou devient pourri et ne donne même plus cours : Je connais des profs qui lassent les élèves jouer à la PSP en plein cours pour avoir la paix...)
On n'a pas toujours l'énergie pour faire le gendarme, c'est sûr! J'ai remarqué que ce qui passe mieux avec les ados, c'est de leur demander de mettre leur GSM ou SPS sur le bureau du prof le temps du cours. On se met d'accord : on lui rend après le cours... Et s'il préfère gérer lui-même, il le range dans son sac. Pour ma part, plus jamais je ne confisquerai un GSM après mon expérience personnelle racontée par ailleurs...


Que faire quand plusieurs jeunes se liguent pour se sentir plus forts? Faut-il les sanctionner individuellement ou collectivement?