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denis-dh

Marre des "anti-compétencieux"

Publié il y a 7 mois par DenisDH dans Ecole de l’échec ou école de la réussite ? .

Le travail et l’évaluation par les compétences datent maintenant depuis le décret Missions (1997). Plus de 12 ans après, des discours tenus dans beaucoup de forums ou articles de presse liés à l’enseignement attribuent à cette « nouvelle » pédagogie nombre de maux. On retrouve souvent, à l’instar de la Belgique de papa, la pédagogie de papa qui ne pouvait être que la meilleure, le bon temps.

12 ans ! Et pourtant dans beaucoup d’écoles, il existe encore des enseignants qui décident toujours pour eux-mêmes, sans recours à une réflexion partagée avec d’autres (et aussi ailleurs que dans son école), de ce qui est le meilleur pour leurs élèves sans tenir compte des recommandations pédagogiques venant d’ailleurs (et à les entendre parfois, par des gens qui ne connaissent rien que de la « vraie » pédagogie de terrain). Bref, rien de vraiment intéressant comme démarche réflexive sur des pratiques réelles pratiquées dans sa classe, ni recherche de solutions cohérentes.

J’ai utilisé pendant plusieurs années la « fameuse » (fumeuse ?) pédagogie par compétences. Celle-ci n’est certes pas la plus facile pour l’enseignant, car elle impose une certaine révolution dans la manière de voir sa pratique professionnelle. On n’enseigne plus comme « avant », on ne peut pas faire fi du contexte d’une société en évolution. On se remet inévitablement en question. On doit souvent innover dans cette pédagogie, et bon nombre d’enseignants ne l’ont jamais rencontrée ou vécue dans leur propre parcours scolaire personnel.

 

Compétences ? C’est quoi en fait ? On ne se concentre plus principalement sur des savoirs à connaître pour eux-mêmes, mais on les replace dans des actes (intellectuels, techniques ou pratiques) pour leur donner sens. Rien ne sert de connaître Marignan pour Marignan. Rapide résumé, mais plein de bon sens me semble-t-il, ... et qui n’est pas si neuf non plus, on l’expérimente nous-mêmes dans la vie quotidienne.

 

Le problème est sans doute ailleurs... Car, je ne pense pas que ce soit cette pédagogie qui pose le plus de souci.

Les difficultés que l’enseignant rencontre sont principalement dans la gestion du groupe-classe lui-même. Les comportements évoluent, pas toujours dans le bon sens, c‘est vrai. Captiver l’élève n’est plus aussi facile qu’avant, le rendre acteur d’une situation pas nécessairement voulue par lui relève parfois d’un défi impossible. Lui rappeler des règles à respecter est même, particulièrement, une mission dangereuse.

Si je devais définir, pour moi, ce qui est le plus gros problème dans l’acte de donner cours, c’est bien ce point précis : la gestion d’un groupe-classe (hétéroclite dans sa composition, dans sa motivation, dans sa richesse personnelle, dans ses objectifs de vie...).

Je serais en attente de formations plus spécifiques sur ce sujet, et à l’observation des élèves en stage pour devenir enseignant, on remarque aisément que là, le bât blesse (sans oublier aussi que certains ne connaissent pas vraiment la pédagogie par compétences). Avoir l’autorité n’est plus lié à un titre ou à un statut, mais à une reconnaissance que le groupe donne... C’est là aussi une évidence qui nécessite adaptation et dans une relation, tout le monde doit se devoir de s’adapter. On peut pleurer là-dessus, ça n’aidera pas.

Ce n’est certes pas non plus la solution unique, c’est évident, mais c’est une base essentielle.

Dans un contexte plus large que celui de la classe, le public scolaire (qui est un public imposé) nécessite d’autres approches que celles qui semblaient fonctionner auparavant. Les ados sont ce qu’ils sont, nous l’avons été, ce n’est pas la période la plus facile dans le développement humain. Ne l’oublions pas non plus, sans trop non plus en subir toutes les conséquences. Rien n’est tout noir ou tout blanc, y compris en pédagogie. Nous leur demandons de se mettre en projet, faisons-le aussi.

J’avoue que parfois un certain blues traverse les professions de l’enseignement (comme les autres sans doute), mais nous ne pouvons nous permettre d’être constamment pessimiste ou réactionnaire, les jeunes comptent sur nous pour les aider à grandir. C’est eux notre point de départ. Que fait-on avec eux ? Pourquoi ? Une énorme majorité des enseignants y pensent régulièrement, je l’espère, j’y crois ; ce qui fait la richesse de notre enseignement.

27 réponses

denis-dh

Le système ne permettant pas de correction dans son article publié, je le rajoute ici ... le titre initial que je voulais placer était : Marre des "anti-compétencieux", visons plus loin.

michelb

N'ayant pas avoir suivi les discussions sur les compétences, et en tant que prof novice, je me demande ceci: pourquoi est-ce que les savoirs et les compétences seraient-ils mutuellement exclusif? On sait faire des choses en fonction de ce qu'on sait (connait) et vice versa - n'est-ce pas?

denis-dh

Il est vrai aussi, à la sortie du décret Missions, aucune mesure d'informations précises sur les objectifs poursuivis n'a été prise. C'était laissé au bon vouloir de chacun, qui, tout le monde le sait, passe son temps à lire des décrets ... Un effort d'explication aurait été attendu.

jamfredo

Je crains de faire partie des "anticompétencieux"... Le psittacisme primaire imposé précédemment était ridicule (si un élève n'était destiné qu'à apprendre par cœur, le prof ne servirait que de gardien...) mais nos politiciens veulent une école où tout le monde réussit, les jeunes sont

jamfredo

de moins en moins courageux donc, pour qu'ils réussissent autant voir plus, on supprime l'étude. On doit appliquer et plus étudier, on doit apprendre à chercher et plus à retenir. 3 Défauts dramatiques cependant à cette méthode : 1) sans connaissance, on ne peut "appliquer des connaissances"

jamfredo

car par exemple, pour le "savoir écrire", l'orthographe (qu'on simplifie sans cesse) ne' compte plus que pour 1/56ème du cours de français en primaire. Comptez que le français n'occupe plus qu'un quart de la grille horaire des élèves, 1 heure sur 224 sera consacrée à l'orthographe. (Bref, moins

jamfredo

d'une heure par mois.) Et là on dira, ils ne doivent pas connaître l'orthographe d'usage, ils doivent savoir vérifier au dico, ils ne doivent pas savoir conjuguer, ils doivent savoir chercher dans leurs tableaux de verbes (ou ceux du célèbre manuel, Be...) Bref, ils ne savent plus écrire même en

jamfredo

classe. Imaginez chez eux sans outils... 2) On supprime la culture générale. Pourtant, un peuple qui ne sait pas retenir les leçons de 200 ans d'histoire est condamné à reproduire les mêmes erreurs (retour de la crise de 29 pus ... Une 3ème guerre mondiale ? ) Des jeunes de 15 ans ne savaient pas

jamfredo

dans quel pays se trouve Berlin après qu'on ait lu (et essayé de comprendre) des articles sur la chute du mur de Berlin. Ils ne connaissaient même pas le continent. Une autre, de 17 ans, en 4P, me cite l'Afrique comme pays ! (Mais elle sait trouver le mot Afrique au dico donc elle est "compétente"

jamfredo

Un peuple mal formé est manipulable, "du pain et des jeux", "la religion est l'opium du peuple" de l'époque de César à elle de Marx, on a toujours cherché l'obscurantisme chez les masses populaires. Ajoutez à cela la masse de programme télévisés débilisants, on fera voter de moins en moins bien ...

jamfredo

De là à dire que c'est l'objectif des pouvoirs politiques... Enfin, 3) c'est compétences veulent mettre du concret où il n'y en n'a pas. Ecrire à un Allemand ou à un Anglais est faisable si on n'a pas de correspondant mais non! On n'apprend que si ce correspondant est "réel" Alors on fait se

jamfredo

rencontrer 2 classes du même nombre d'élèves ou presque et les profs s'organisent au préalable pour savoir "qui sera l'ami de qui" ... (S'il manque un élève dans une classe le premier de classe aura 2 "amis") Ca donne des réflexions surréalistes comme "mon ancien ami arrête le Français alors je

jamfredo

deviens l'ami de l'ami de Benoit mais je vois plus trop à quoi ressemble mon nouvel ami"... Donner du REEL comme ça à nos jeunes, c'est d'un ridicule... et ça ne les rend pas plus bilingue car ils ont trop de lacunes en Français pour maitriser des langues étrangères en 4 heures semaine, hors maladie

jamfredo

Sauf ceux qui ont la chance d'aller à des stages comme "ABCzaam" ou Roelandts, les 2 seuls stages de langues en immersion complète et où les jeunes apprennent comme en famille d'accueil avec en plus l'obligation de parler et pas de communiquer avec ses amis par GSM, de la vraie immersion.

jamfredo

Ce genre de stage devrait être remboursé 2 fois par scolarité de jeunes pour sa première lange et une fois pour la seconde afin d'améliorer les acquis chez nos jeunes mais la vraie compétence est-elle à ce point (et à ce prix) prioritaire pour nos dirigeants ???

la-dyslexique

j'aimerais savoir quel âge vous avez... Nous vivons au XXl ème siècle, les professeurs ne font plus l'école le samedi à des enfants en tablier. Les heures de cours données ont diminué depuis votre école de papa, et pourtant, la matière à voir est bien plus vaste. Les parents travaillent, les mères ne lavent plus les langes dans la rivière. Vous mémorisez probablement un tas de numéros de téléphone dans votre portable, c'est bien plus facile qu'un carnet, et moins fastidieux qu'à retenir... Vous n'en êtes pourtant devenu ni un crétin, ni un paresseux. Il faut vivre avec son époque, nos enfants sont bien plus cultivés que nous mêmes. Aujourd'hui, j'avoue être assez consternée par la bêtise des adultes et non celles des jeunes; voyez les émissions de TV proposées au grand public, ce sont des adultes et non des jeunes qui les proposent. Je pense qu'utliser un traitement de texte et un correcteur d'orthographe (vive sa simplification!) sont une excellente solution, quand il y a tant de choses à faire, à écrire. Notre enseignement est moyen-âgeux, il est temps de le dépoussiérer un bon coup et de l'adapter à notre siècle. Trouveriez-vous décent de vous laver dans une grande bassine à remplir d'eau que vous auriez chauffée plutôt que de vous doucher en ouvrant le robinet, rien que parce qu'il faut aussi savoir le faire, si jamais... Quant à votre remarque sur la géographie, elle est bien pertinente, mais... l'école de papa ne s'embarassait pas de connaître la géopolitique du moyen-orient. Comment permettre aux jeunes (qui sont la société de demain) de participer à un débat, de voter, si l'école ne leur donne pas les jalons nécessaires à cette démarche intellectuelle? Je préfère que mes fils vérifient sur internet le nom de la capitale de l'Allemagne. L'obscurantisme n'est pas dans la jeunesse, elle est dans les bureaux de l'administration de l'enseignement obligatoire, incapable de suivre une évolution des connaissances et de l'accès à ces connaissances qui va beaucoup trop vite pour elle. Nos enfants en sont les victimes, les études PISA le mettent en évidence.

mab

D'une dyslexique à une autre : si vos enfants avaient appris la capitale de l'Allemagne, ils n'auraient pas à perdre leur temps à la chercher sur le net. En plus, dans un dictionnaire, c'est plus rapide!

la-dyslexique

Pas du tout d'accord, foi de dyslexique : un portable prend moins de place qu'un dictionnaire et internet est beaucoup plus rapide que tourner les pages en récitant son alphabet. De plus, les informations sont à jour, ce qui n'est pas le cas du dictionnaire. Je vous invite à chercher la capitale de l'Allemagne dans deux éditions différentes, une bien avant 1989 et l'autre bien après. "En fait, pendant près de 400 à 500 ans, nos écoles ont essentiellement transmis à leurs étudiants les compétences du scribe médiéval : lire, écrire, compter et mémoriser des textes. Il semble que nous soyons aujourd'hui à l'aube d'une ère nouvelle, qui exigera que nous développions, que nous le voulions ou non, un ensemble de talents et d'habiletés très différents de ceux que nous exploitons actuellement, et qui se baseront sur le sens de la vue. Il s'agit de talents semblables à ceux que possédaient les penseurs de la Renaissance, Léonard de Vinci par exemple, plutôt que les capacités des clercs ou des lettrés du Moyen Âge." source : http://www.dyslexiacentre.ca/french/files/Quelle%20confusion.pdf Je ne pense pas que Bil Gates utilise un dictionnaire

jice

J'aime beaucoup cet article qui va à contre-courant de cette bienséance anti-compétencieuse de salle des profs, qui commence à m'agacer. Au passage, je voudrais indiquer à notre prof novice michelb que l'approche par compétences ne s'oppose en rien à l'acquisition de savoirs. Au contraire, celle-ci est indispensable car la compétence se définit comme un ensemble de ressource mobilisables comprenant des savoirs, des savoir-faire et des savoir-être, dans le but de résoudre des problèmes inédits. Il est donc indispensable d'acquérir des savoirs pour ensuite les mobiliser en vue d'acquérir des compétences.

la-dyslexique

Je me permets d'ajouter que la compétence implique trois dimensions : le savoir, le pouvoir, et le vouloir. Sans motivation à être compétent, pas de compétence.

denis-dh

Sans motivation à être compétent, pas de compétence ...

ou l'art de tenter de donner à boire à un âne qui n'a pas soif ...

La motivation ne se décrète pas, ni ne s'impose. Si j'ai face à moi des élèves (ça marche aussi avec des adultes) qui ne veulent pas ... ce serait idiot de croire que je dois arriver à les motiver de m'entendre ou de suivre un cours...

La question n'est pas pour moi la motivation des uns ou des autres, mais plutôt le sens que cela a pour chacun. L'école a-t-elle encore un sens pour tous ceux qui la fréquentent (adultes et adolescents) ? Si oui, par qui est-il donné ? Si non, comment en donner ? Voilà des questions qui permettraient, sans doute, de poser les jalons d'une réflexion constructive. Mais ces questions ne doivent pas uniquement être le fait d'une corporation (les politiques, les parents, les syndicats ou que sais-je encore). C'est ensemble que nous pourrions développer cela ... si cela a du sens ... et si cela nous motive ... (CQFD ?)

la-dyslexique

je voudrais juste rappeler que le besoin d'apprendre est un besoin fondamental qui doit être satisfait. Le plaisir vient de la satisfaction du besoin. Avec ou sans école, l'enfant (et l'adulte, même très vieux) apprend toujours. Donnez lui un nouveau jeu électronique, écoutez le chanter en Anglais.... Pourquoi n'apprend-il pas à l'école? Pourquoi ne trouve-t-il pas de plaisir à satisfaire ce besoin fondamental à l'école? Et si on parlait de l'évaluation, parce que c'est cela que l'école leur apprend : on apprend à nos enfants comment réussir leurs évaluations à l'école. Pour ne pas être humilié, pour ne pas être exclu, pour ne pas devenir un "chômeur" un "profiteur" un "baraki"... Retirez l'évaluation, que reste-t-il à faire l'école pendant une journée de classe? "Sans sa cote, le roi n'est plus" source padenote.org.

olivier-deham

Je trouve que La dyslexique y va un peu fort concernant l'évaluation... Cette fixette emplie de mauvaise foi commence à me "les briser menu" (Merci Monsieur Audiard...Et j'ai pas eu besoin d'aller vérifier sur le net si c'était exact...)
A force d'avoir été trop (bien trop...) permissif avec nos chères petites têtes blondes, on en arrive à des inepties sans nom...
Mais bon, laissons dire puisqu'elle, elle sait!
Et sans rancune...

PS... J'aime bien mister jamfredo ;-)

la-dyslexique

Si la cause de tous ces maux de l'école est d'évoir été trop permissif avec nos chères petites têtes blondes, est-ce vraiment logique que ce soient eux qui en paient les pots cassés? Parce qu'au fond, jusqu'à présent, c'est bien eux qui échouent, pas ceux qui ont été trop permissifs. Si mes remarques sur les évalutions ne vous ont pas convaincues, je vous invite à ouvir le lien "compétences quel cafouillage" sur le blog inspectionscolaire-en-cf.skyrock.com. Vous pouvez également consulter le rapport général établi par l'inspection scolaire au terme de l'année 2008-2009, il est disponible sur le net, vous serez édifié. Mon étudiante ce matin me confiait que pour les examens, le prof donnait quinze questions à étudier, donc pas besoin de s'embarrasser de l'entièreté du syllabus. Quel est le sens d'un tel enseignement? Elle ne pouvait pas répondre à ce qui n'était pas dans les quinze questions, son seul but étant de réussir l'examen, non d'apprendre la matière pour l'exploiter.

denis-dh

Je viens de parcourir les liens référencés ... Peut-on sur cette base rejeter le système des compétences. Puis-je d'un cas particulier tirer une conclusion générale ? Puis-je du cas de mon enfant déduire que le système scolaire est inefficace ? Regardons aussi les réussites des autres ... Combien de "contents" pour combien de "déçus" ? Le système scolaire et son évaluation ne plairont jamais à tout le monde, je n'en suis pas non plus heureux, mais certaines pédagogies induites par les compétences sont plus apprenantes que d'autres ...

Il est sûrement difficile, voire moralement inacceptable, d'affirmer que tout système produit des échecs quand cela concerne des êtres humains. Sans doute que les personnalités de nos enfants rendront un système performant ou l'autre inadéquat.

L'échec est plus présent aujourd'hui dans l'enseignement qu'auparavant (quoi qu'il faille voir aussi le rôle de l'obligation scolaire jusqu'à 18 ans dans cette histoire), la massification y est aussi peut-être pour quelque chose, tout comme l'évolution de la société qui semble plus permissive et plus relative et dont on croit qu'elle devrait raser presque gratis.

Dans les différents propos jusqu'à présent, je décèle une opposition entre une vision collective de l'enseignement et une vision particulière ou partisane. Les deux sont rarement conciliables malheureusement. Un groupe n'est pas un individu et inversement. L'enseignant gère un groupe avant tout, le parent ne voit que son enfant. C'est sans doute la base de l'entrée en discussion avant tout reproche ...

la-dyslexique

Il y a 6 élèves sur 10 qui doublent au moins une fois en secondaire, on peut donc déduire qu'il y a 60% qui sont au moins une fois dans la catégorie des déçus. Le rapport annuel de l'inspection reconnaît que l'évaluation des compétences est un leurre, que beaucoup de professeurs ne maîtrisent pas ces notions, et que les programmes (qui permettent de décider le "tri" des bons et des mauvais) manquent de précision, ce qui explique que le "niveau requis" varie d'un établissement à l'autre, voire d'un professeur à l'autre. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est noté dans le rapport. Les 60% de déçus cherchent l'école qui conviendra à l'enfant, il faut encore ajouter le marché des cours particuliers, des écoles privées. Comment peut-on encore affirmer que le système fonctionne bien? Il faudra encore combien d'années pour reconnaître que cela ne marche pas, que ni les enfants, ni les profs, ni les parents ne sont satisfaits? J'ai noté aux infos ce midi à la rtbf que nos ministres ont dégagé un boni qui sera consacré à la justice et à la sécurité, il n'y aura donc pas un centime pour l'éducation, pour la non-exclusion.
La violence dans nos rues a encore de beaux jours devant elle.
Le CEB va encore permettre à bon nombre de fonctionnaires de justifier leurs salaires...( vous avez déjà vu l'épaisseur du répertoire de l'AGERS? impressionnant, non?) pendant que les gosses s'entassent à 27 (oui, vingt-sept) élèves au cours d'anglais en rhéto.... où ils apprennent des listes de vocabulaires et des règles de grammaire, le professeur nous confie qu'il ne peut pas faire autrement, il est impossible d'envisager de "l'oral" dans ces conditions... Celui qui réussit ces "compétences" sera-t-il capable de lire ou comprendre l'Anglais dans le cadre de son boulot ou de ses études supérieures? En tous les cas, s'il les "rate", il devra doubler... Quel gâchis, quelle perte de temps, d'énergie, de talent. Quel est le but de cet enseignement?

denis-dh

Votre rancoeur à l'encontre de l'enseignement est énorme. Votre douleur se manifeste très souvent dans les différents posts de ce site. Je pense que débattre ou discuter n'est pas possible.

Je devrais faire partie des 60 % de déçus car j'ai connu un échec dans mon parcours scolaire ? Il ne m'a pas empêché de réussir ma vie jusqu'à présent.

L'enseignement était-il mieux avant ? Est-il si mauvais maintenant ? L'échec que vous soulignez ne peut-il être aussi une étape dans la construction de sa vie ? L'expérience n'est-elle pas aussi un amoncellement d'échecs çà et là ? N'apprend-on qu'à l'école ?

Chaque vie a son lot d'échec. Vivre sans, c'est peut-être même dangereux.

Réussir sa vie, ce n'est pas nécessairement réussir l'école et inversement. Beaucoup de réussite s'explique au-delà de l'école également.

Le but de l'enseignement ? Produire ou reproduite (Bourdieu), former (ou formater ?), découvrir, se construire, ...

Le système ne fonctionne pas bien, mais il avance. La réussite ne se mesure pas uniquement à la sortie d'une école, mais aussi bien des années plus tard. Changer le système ne changera pas nécessairement non plus la nature humaine ...

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