Ne plus poser la question: pour ou contre le voile?
Publié il y a 8 mois par Votre Community Manager dans Interdire le voile à l'école? .
Voici l'avis d'Edouard Delruelle paru ce matin dans la Libre Belgique.
(...)L’enseignement est sans doute le secteur le plus compliqué à aborder, dans la mesure où plusieurs principes sont à équilibrer en regard de la liberté individuelle : la neutralité de l’Etat (écoles officielles), la liberté d’enseignement (écoles libres) et la nature de l’activité pédagogiques.
D’autant que des distinctions sont à opérer entre élèves, enseignants, directeurs et autres membres du personnel; en fonction des Communautés (française, flamande, germanophone); entre officiel et libre; entre personnel statutaire, contractuel, professeur de religion
Le système actuel a atteint ses limites (qui laisse à chaque école le libre choix d’interdire ou d’autoriser le port du foulard) a atteint ses limites; il faut légiférer, au terme d’un débat serein qui privilégie les acteurs de terrain et "pas les porte-parole idéologiques", répète le Centre pour l’égalité des chances.
Le principe de base reste la liberté individuelle, poursuit Edouard Delruelle. "Mais pas de confusion : il ne peut servir de prétexte pour être dispensé de certains cours ou activités." Comme la piscine, la gymnastique ou le cours de biologie.
Le but d’une interdiction peut être légitime : pour lutter contre le prosélytisme; au nom de la mission de l’école, dont celle d’inculquer des valeurs démocratiques telles que l’égalité femme-homme "Mais on peut introduire un élément de proportionnalité en fonction de l’âge ou, plus intéressant, du niveau d’études", poursuit Edouar Delruelle.
Le Centre plaide ainsi pour une interdiction des signes convictionnels dans l’enseignement primaire et la liberté dans l’enseignement supérieur. S’agissant du secondaire, le débat doit s’entamer dans les différents parlements. Et si on envisage une interdiction, il faut préférer l’imposer par décret, le règlement d’ordre intérieur n’étant pas un niveau normatif suffisant pour limiter une liberté fondamentale.
La réflexion doit aussi s’engager pour le staff, en s’interrogeant notamment sur la proportionnalité d’une éventuelle interdiction : devrait-elle viser tous les membres du personnel de l’école ? Ceux qui exercent une mission éducative ? Ceux qui sont en contact avec les élèves ?
21 réponses
En Turquie, une étudiante a déposé plainte auprès de la Cour des droits de l'homme pour l'interdiction de porter le voile dans une université. Elle n'a pas obtenu gain de cause... Le juge a estimé que l'école avait le droit de l'interdire!
Si ce règlement ne peut servir qu'à imposer des détails, il n'a plus de raison d'être et comme il est le produit de l'école, diminuer son importance revient à diminuer l'importance de l'école dans la tête de certains jeunes... (fred Jamin, enseignant.)
En 1789, pour assurer l'égalité de tous, on a atteint à la liberté des privilégiés. Aujourd'hui encore, l'égalité est un principe qui passe avant la liberté. Quel que soit l'âge, le voile est un symbole d'oppression, consentie (intériorisée) ou non.
Monsieur Delruelle devrait venir expliquer aux clampins qui refusent d'ôter leur casquette sous prétexte que des filles portent un voile pourquoi, dans leur école, il y a deux poids et deux mesures. S'il y arrive, je lui tirerai mon chapeau. Mais j'ai des doutes. Donc, pas de voile, nulle part.
Si le foulard des jeunes étudiantes n'était pour elles qu'un élément de "l'éternel féminin" je me battrait pour qu'elle le porte comme d'autres porte la mini-jupe avec élégance, pourtant traitée de "put" par ces petit machos coranisé en continu comme leurs "seigneurs et maîtres" de père et de frère
Pas besoin d'être étranger pour traiter les filles de p*! L'analogie est toutefsoi parlante : on a le même problème avec la mini jupe qu'avec le voile. Ce n'est pas parce qu'on porte une mini jupe qu'on est une p* et ce n'est pas parce qu'on porte un foulard qu'on est soumise ou intégriste! Ce sont là des préjugés qu'il faut combattre.. mais la tâche est dure! Les préjugés sont tellement courants dans notre société médiatisée!!!
Réussir à s'intégrer dans un pays signifie accepter le mode de vie de ce pays et ne signifie pas imposer ses propres règles comme nouvelle loi.
Bon nombre de jeunes filles seraient heureuses de s'intégrer vraiment dans leur classe....loin de la pression familiale!
Mon fils ne mange pas de porc à l'école...Interdit à la Ville de Bruxelles!!!!Quant aux aliments interdits pour raison médicales(allergie,virus de la vache folle etc.)pas moyen d'y échapper....Prière de l'inscrire au dîner tartines Qui s'intègre?
C'est clairement un sujet très sensible pour lequel le nouveau gouvernement devra rapidement trouver une solution. Il ne se passe pas un jour sans qu'on évoque ce sujet assez touchy !
Qu'on laisse, je vous en supplie, ces jeunes filles en paix ! Si le voile est l'affirmation modeste, raisonnable, sans intention de prosélytisme, de leur conviction religieuse, respectons-les. Et cessons de les infantiliser en affirmant que c'est le fait de la vonté du père, des frères, du moufti qu
tout à fait d'accord. Comme dit BHL Bernard Henri Levy, on poursuit de pauvres petites musulmanes inoffensives au lieu de résoudre le problème de l'intégrisme qui est le vrai problème! (Dans : la pureté dangereuse, Grasset)
'elle subisse. Les femmes, musulmanes comme les autres, ont le droit et la capacité de faire valoir leur conviction...certes parfois douloureusement, y compris au sein des familles. N'ajoutons pas à leur possible souffrance ! A-t-on jamais pensé interdire les chainettes avec les croix ?
Le problème, avec la réaction suisse en plus, est vaste. Personne ne sait quel est le niveau de liberté ou de contrainte. Si le port du voile à l'école doit être un signe de prise de distance avec la communauté,, il n'a pas sa place. Sinon, pourquoi pas ? Gare au racisme à l'envers à notre égard.
Le voile est une signe distinctif d'une religion. A ce titre, il doit être exclu tout comme la croix l'a déjà été. Je ne vois vraiment pas pourquoi dans nos pays les musulmans devraient être là encore favoriser.
le voile n'est qu'une partie du problème. Le vrai problème est que si on accepte le voile à l'école, comment allons-nous réagir par rapport aux demandes de la Scientologie, des Temoins de Jehovah ou des Enfants de Dieu ? Par souci d'équité, on devrait accepter leur demande
Le voile peut être porté dans la sphère privée, sur la voie publique. Mais pas à l'école. Pq? (a) preuve de prosélytisme (b) ou de soumission (c) pour apprendre qu'il n'y pas que le Coran (d) p.conscientiser à terme aspect rétrograde et xénophobe envers Occident (e) p devenir 1 jr libre, autonome, respons et heureuse (voile ou pas)
Le voile peut être porté dans la sphère privée, sur la voie publique. Mais pas à l'école. Pq? (a) preuve de prosélytisme (b) ou de soumission (c) pour apprendre qu'il n'y pas que le Coran (d) p.conscientiser à terme aspect rétrograde et xénophobe envers Occident (e) p devenir 1 jr libre, autonome, respons et heureuse (voile ou pas)
Si les élèves musulmanes que j'ai en classe portaient une chainette avec un croissant, ça ne me ferait ni chaud ni froid. J'ai eu un élève juif qui portait une chainette avec une étoile de David, et j'ai des élèves catholiques avec une croix. J'en ai aussi un qui a un T-Shirt avec une faucille et un marteau. Ses camarades ignorent la plupart du temps ce que ça signifie.
Et j'ai des élèves voilées, dont une de 6ème qualification, qui est arrivée voilée à l'école après le congé de Toussaint. Ses copines, musulmanes ou pas, n'ont pas compris. Elle a même convaincu son petit copain depuis des années, Sicilien d'origine, d'aller se proclamer musulman à la mosquée.
MAIS pour faire ses stages avec des écoliers, elle l'enlève - pas le choix - sans problème. Donc, l'interdiction dans toutes les écoles, libres ou officielles, ne devraient guère en poser plus - voir la France. De plus, d'après ses amies - dont une Turque - maintenant elle regrette. Elle regrette d'avoir cédé à la pression familiale et sociale pour le mettre, et elle regrette d'autant plus qu'elle n'ose plus l'enlever en dehors des stages.
Ce n'est qu'un exemple , mais je suis convaincue qu'elle sont nombreuses, les gamines sur qui on a "gentiment" fait pression, de toutes les manières imaginables, pour qu'elle se couvrent la tête. Il suffit pour cela d'entendre les garçon les traiter de p... à mi voix quand ils se croient hors de portée des oreilles adultes; il suffit aussi de voir comment les frères ou les cousins fliquent les filles. Il suffit de remarquer tel élève qui l'an dernier chez moi ne faisait rien, ne me répondait pas quand je lui adressait la parole et qui, cette année est remarquable dans ma matière - il est vrai que c'est un collègue masculin qui lui donne aujourd'hui le cours de français.
Le voile révèle bien plus qu'une observance stricte du Coran - qui d'après de nombreux exégètes ne l'impose pas. Il relève de la volonté délibérée de certains d'empêcher une véritable intégration, il relève d'une vision politique de la religion - et dans une démocratie, c'est inadmissible. Les gamines qui le portent n'en voient pas souvent toutes les implications - et qu'on ne vienne pas me dire que je les méprise en disant cela, la plupart des mes élèves ne voient pas les implications de l'immense majorité des problèmes qui sont les leurs, quelles que soient leurs croyances. Alors, aidons-les et bannissons le voile de toutes les écoles!
S'il suffit de bannir le voile des écoles pour éviter aux filles une pratique dont elles ne veulent pas, je ne comprends pas comment il y a encore des écoliers (et des profs) qui fument devant l'école et écrasent leur mégot sur le trottoir, devant le surveillant qui les attend, puisque la cigarette a été bannie des établissements publics dont les écoles. Il est plus facile d'interdire qu'éduquer, quel est le sens d'interdire l'école à une élève qui ne voudrait ou dont les parents ne voudraient pas qu'on enlève le voile? En quoi cette interdiction pourrait l'aider à prendre sa décision de porter le voile ou pas en toute liberté? L'interdiction fabrique des exclus, des déçus, des incompris. Le port du voile chez une enseignante est moins insultant que certaines tenues vestimentaires autorisées, tant chez les professeurs que chez les élèves. Je connais des enseignantes quincagénaires qui ont les cheveux rouges et le ventre dénudé, des directrices d'école en jupe très courte, sans bas, en sandalettes de plage. Pour être respecté, il faut être respectable; comment peut-on revendiquer la liberté quand on la base sur une interdiction?


Tout à fait d'accord sur le fait que chaque intervenant doit se plier aux mêmes règles quant aux signes extérieurs dans une école (excepté un professeur de religion évidemment) par contre je ne partage pas l'avis d'Edouard Delruelle sur le fait qu'un règlement interne ne puisse pas suffire.