Plus d'autorité pour l'inspecteur
Publié il y a 2 mois par Herménégilde dans Autorité, quelle recette miracle? .
L'inspection, réformée par un décret parmi les décrets, est-elle devenue l'instrument rêvé du pilotage vers un enseignement meilleur ? La réputation qu'elle a prise dans les écoles pendant ces deux dernières années permet, éventuellement, de voir poindre un léger doute. Peut-être les inspecteurs eux-mêmes trouveraient-ils un intérêt dans une formation à l'autorité ? Et que pourrait leur suggérer cette formation ? Voyons voir.
Le mot latin à l'origine étymologique de l'"inspecteur" est le verbe inspicere, qui signifie "regarder, examiner, scruter à l'intérieur". Tout est dit par le mot concernant la mission d'inspection. Mais que faut-il entendre par "regarder à l'intérieur" ? A l'intérieur de quoi ? L'intérieur est le contraire de la surface. Or, dans le fonctionnement d'une inspection, tous les documents, toutes les justifications, tous les formulaires demandés à l'inspecté relèvent de la surface. En les multipliant et en les rendant tâtillons à l'extrême, que produit-on ? Sinon un primat de la surface sur l'intérieur. Tout le monde sait bien qu'il est possible de produire des justificatifs de forme qui ne correspondent que très vaguement, voire pas du tout, au fond des choses.
Partons du principe que l'inspectrice ou l'inspecteur est un être humain normalement constitué, capable d'intelligence, de bon sens, de discernement. Faut-il, dès lors, lui codifier l'esprit de mille et une manières pour qu'il soit capable de percevoir si un enseignant "va dans la bonne direction", c'est-à-dire parvient à faire passer auprès des élèves une matière définie par un programme en concordance avec le sens que la discipline et la matière prennent dans la formation d'un être humain normalement constitué ? Faut-il que l'inspecteur lui-même soit phagocyté par des grilles aux critères multiples plutôt que libre de procéder à une observation personnelle intelligente ?
C'est ici que surgit la notion de l'autorité de l'inspecteur. On connaît la distinction traditionnelle entre l'autorité de fonction et l'autorité naturelle. C'est dans la seconde plus que dans la première que l'enseignant trouve le principe de son progrès personnel : il peut avoir cette chance de rencontrer une personne à part entière, libre, bienveillante, qui dispose d'une faculté de recul supérieur à la sienne et qui lui reflète où il en est dans son enseignement, comment il peut encore mettre mieux en valeur ce en quoi il croit, avec, lui-même, encore plus d'autorité.
Selon l'étymologie (encore !), l'autorité, elle, est "accroissement", "augmentation". Enorme paradoxe : souvent ressentie comme le frein, l'empêcheuse de danser en rond, la censure, l'autorité serait, si on accepte de rejoindre son sens fondamental, le poids supplémentaire apporté à quelque chose ou à quelqu'un pour en augmenter l'importance et la portée et l'efficience. Rendre aux inspectrices et inspecteurs la possibilité de cette démarche constituerait un signalé service dont l'école deviendrait forcément la première bénéficiaire.
Tous les obstacles, écrans, filtres, voiles que l'on vient placer entre l'inspecteur et l'inspecté deviennent autant de coups portés à une relation entre deux personnes, dont la qualité repose sur la liberté, de part et d'autre. Dans la réalisation concrète d'une inspection, que le dialogue de personne à personne occupe le temps consacré à une vérification méthodique de documents multiples, formalisés, "critériés".
Libérer l'école, c'est humaniser la formation. Et donc la rendre plus efficace, si le but est de former des humains. Un petit moyen parmi d'autres ? Lâcher les inspecteurs, non pas comme une horde de contrôleurs assermentés, mais comme une vague d'êtres libres, amateurs de liberté pour eux-mêmes et pour les autres.
4 réponses
Bonjour et merci de votre réponse.
Si l'école a pour but de former des humains et non des outils, rendre l'école efficace, c'est l'humaniser.
Bonjour aussi, désolée de ne pas avoir commencé par là. Ma réponse était un billet d'humeur.
Vous évoquez l'humanisation, je vous invite à lire l'article paru le 15 juillet dans le soir "sans école secondaire, elle est désespérée"
Les réponses du cabinet sont effrayantes :
S’il admet la « souffrance de l’élève », le cabinet reste ferme. « Il y a une règle ; elle est la même pour tous. » On fait valoir que si l’état de la fille devait évoluer de façon négative, le père pourrait toujours déposer une nouvelle requête. Mais on ne cache pas que ses chances sont minces. Le cabinet redoute le précédent. « Si cette demande-ci était acceptée, on serait noyé de cas semblables. » Aussi : « Qu’un enfant ait ses amis dans une école ne peut pas être un critère pour accéder à cette école. Le décret ne rimerait plus à rien. »
Consternant.
Le problème des inspecteurs qui soutiennent les écoles n'est pas étonnant : ils ont le même patron et il n'est donc pas honnête qu'ils interviennent dans le cas d'un litige.
C'est tout le problème qui devrait être soulevé quand on évoque une école UNIQUEMENT OFFICIELLE (sous-entendu : on ferme les écoles catholiques et d'autres cultes).
A quand les inspecteurs indépendants du gouvernement??


Si le service d'inspection est au service de l'école, alors son intention est de veiller à l'intérêt de l'élève et ensuite du professeur. Dès lors, que penser de la phrase "Ceci étant, il existe des exceptions qui consistent en des comportements inadéquats voire répréhensibles de certains enseignants (corrections sommaires, remarques uniquement négatives, ironie, ambiance de travail peu positive ou peu coopérative" en page 16 du rapport général de l'inspection, sans faire aucune proposition pour améliorer ce manquement épinglé et permettre à l'élève qui serait défavorisé par ce comportement "inadéquat voire répréhensible" d'être aidé?
Dans le rapport d'une enquête menée au sein d'un établissement particulier, que penser d'une inspection qui traduit la plainte "il manque des points sur l'épreuve" par "les parents estiment qu'une question est mal libellée....l'inspection a expliqué au professeur que dans ce cas, la question aurait du être posée comme suit"? Que penser d'une inspection qui atteste que "la consultation des documents et la justification des décisions ont été apportées tant aux parents qu'à l'élève lors des réunions de parents de juin" alors que l'inspectrice note que le prof était absent lors de la réunion de juin et note dans le rapport "l'élève n'a pas pu voir son examen"?
Que penser de la conclusion d'un Inspecteur Général, qui conclut que "les deux échecs qui ont motivé la décision DES conseils de classe sont justifiés. Ces échecs se situent dans l'orientation d'études de l'élève qui a été choisie à la fin de sa 4ème année malgré des résultats peu favorables en mathématique". "LES" conseils de classe n'ont pas vu qu'il manquait des points à l'épreuve notée 8/20 qui "justifie" le redoublement d'un élève noté 50/90 pour l'année, qui n'avait jamais échoué. L'inspecteur principal a oublié de vérifier l'information, l'élève est noté 67.5% en 4ème en math, par ailleurs il n'avait jamais échoué et n'avait jamais changé d'école. Résultats "MALGRE des résultats peu favorables"?
La préoccupation du service d'inspection n'est pas d'apporter un éclairage objectif sur les difficultés de l'élève. Il est à noter que le service d'inspection n'avait pas remarque qu'il manquait une feuille à l'épreuve que l'école lui avait remise pour l'inspection.
On note en outre, et c'est cela le plus grave, que l'épreuve contestée par l'élève pose des manquements très graves. On note ainsi un manque de temps flagrant, 50 minutes étaient prévues pour présenter cette épreuve infernale. Conclusion de l'inspection : le prof s'était assuré que les élèves pouvaient rester 2 heures.
Mon oeil, deux heures était de plus totalement insuffisant : deux des six questions requièrent déjà 40 minutes chacune, c'est préconisé par la Commission de pilotage. Les inspectrices attestent pourtant que les questions sont conformes aux épreuves de la Commission.... la dernière question est hors programme, pêchée sur le net, est une question du bac français. C'est vraiment du n'importe quoi, cette épreuve est proposée en JUIN et en SEPTEMBRE depuis au moins 2005, l'inspection n'a rien changé, les mêmes questions encore en juin 2010...Cette évaluation -car c'et tout de même le but de cette épreuve : évaluer ce que l'élève a appris- est vraiment insensée, le nombre d'échecs et hallucinant.
Donc l'inspection n'assure aucune régulation.
Pas convaincu? Si vous le désirez, vous pouvez trouver l'épreuve en cherchant "inspectionscolaire-en-CF" sur le net, premier article du blog, il faut cliquer sur le lien "lien enseignement en Belgique : compétences, capacités, savoirs et savoir faire, quel cafouillage"
Quelles sont exactement les missions de l'inspection? Humaniser l'école? La rendre plus efficace?