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zabou

Professeur : une fonction peu enviable en Wallonie?

Publié il y a 4 mois par Zabou dans Ecole de l’échec ou école de la réussite ? .

 

Par un prof de morale

 

Malgré bien des préjugés concernant la fainéantise du chômeur, la recherche d'emploi reste une réalité en Belgique pour 16,6 % des Wallons.actifs. Ce fait coexiste avec une pénurie de candidats à la profession enseignante qui est maintenant reconnue comme structurelle. Mais s'interroge-t-on vraiment pour savoir pourquoi l'image de marque de cette profession est si mauvaise en Wallonie? Cette carte blanche ne prétend pas y apporter une réponse mais plutôt un éclairage suite à une situation vécue.

 

Le candidat au métier de professeur dispose de nombreuses offres de remplacement temporaire, en permanence, sur le site du Forem. Quand il s'y risque, que découvre-t-il? Qu'il remplace des professeurs en arrêt maladie pour diverses raisons dont celle de la dépression n'est sans doute pas la moins présente. On accepte de nombreux candidats sur base de l'article 20 qui permet à ceux qui n'ont pas le diplôme requis de « faire office » à moindre frais pour la Communauté française.

 

Premier stade : on résiste à l'organisation du groupe-classe qui ne manquera pas d'essayer de ne pas travailler avec ce prof néophyte (ne pas payer les photocopies, bavarder, se plaindre auprès de la direction font partie des astuces déployées pour vous déstabiliser). Si vous êtes bien entouré de professeurs conciliants, vous apprenez par hasard que vous devez fournir deux évaluations par période afin de pouvoir coter les élèves et on vous montre où se trouvent les classeurs que les directions mettent à votre disposition pour vous informer (sorties de classe, dates d'encodage des points, programmes officiels et autres informations indispensables à l'organisation de votre travail). Le plus souvent, vous l'apprenez suite à la plainte d'un élève ou d'un parent... Vous n'avez que 4 heures de cours pour coter vos étudiants sur une période? A vous de vous organiser! Vous êtes comme un indépendant. Autrement dit, vous ne recevez pas le mode d'emploi mais votre obligation est de coter en temps voulu. Autant dire tout de suite qu'il s'agit d'un casse-tête pour ceux qui travaillent dans plusieurs écoles. Sans compter les organisations différentes pour disposer d'un local vidéo ou introduire une demande de sortie avec les élèves (formulaires et délais d'introduction différents) et la difficulté de trouver les personnes adéquates qui ne sont jamais dans leurs bureaux mais ne laissent pas d'informations pour que vous puissiez les y trouver.

 

Deuxième stade : vous arrivez à faire travailler les élèves et vous passez votre diplôme pédagogique afin de devenir un vrai et un bon professeur et de gagner un peu mieux votre vie. Vous commencez cependant à souffrir du climat qui règne dans certaines écoles (sûrement pas toutes, je l'espère!) : en effet, dès que vous totalisez deux ans de fonction, vous pouvez prétendre à la nomination. C'est peut-être là que ça se gâte : on sent que vous risquez de devenir un collègue permanent et on vous suit d'un peu plus près : les éducateurs ne sont pas en reste pour vous faire des réflexions irréfléchies et donc souvent gênantes devant les élèves, quand ce n'est pas la direction... Faute déontologique très courante! (pour l'anecdote, un éducateur a un jour dit à mes élèves « Mais pourquoi tu ne demandes pas à ton prof d'aller à la toilette? Il te dira certainement oui » tandis que d'autres sont, au contraire, très autoritaires et vous montreront du doigt si, effectivement, vous cédez à ces demandes...) Car l'autonomie, vous vous apercevez vite que c'est un mot qu'on ne fait qu'enseigner au cours de morale dans les écoles; quant à donner de l'autonomie de la gestionde la discipline aux professeurs et aux élèves, ce n'est pas partout envisageable en raison, vous dit-on, de problèmes d'assurance (eh oui... si aller à la toilette à l'intercours est interdit dans le règlement, vous prenez trop de risques vis-à-vis des assurances et vous n'avez pas le droit de prendre ce risque). C'est le professeur qui est responsable de TOUT : même s'il l'interdit à son élève, il peut être tenu pour responsable du fait que l'élève lui a désobéi. Enfin, ceci est la version de l'éducateur. Si vous creusez, vous apprenez (en situation de crise toujours, donc par hasard) que vous devez absolument avertir la direction quand un élève échappe à votre vigilance afin de prévenir ses parents immédiatement et de prouver par ces actions la désobéissance de l'élève.

On vous dira que vous ne savez pas « tenir » votre classe. Tenir avec autorité, bien sûr. On ne s'intéresse pas à la question de savoir s'il est plus efficace d'interdire (apprentissage de la soumission) ou de mettre devant ses responsabilités (apprentissage de l'autonomie). L'argument est là : en cas d'accident... Pour peu, on devrait faire signer une décharge par les parents pour laisser les élèves mineurs aller aux toilettes en dehors des récréations. On ne s'intéresse pas non plus à l'efficacité des sanctions : les retenues pendant les heures de fourche, ce n'est pas très efficace par exemple. Une demi heure AVANT les cours, par contre...

 

Et c'est là que j'en viens au dernier stade : celui du rapport de direction (en principe du Pouvoir organisateur mais celui-ci peut le déléguer à qui il veut) ou d'inspection de la Communauté française. Là, c'est pile ou face. En fonction de la personnalité de la personne qui vous inspecte, vous serez un bon ou un mauvais prof. Si vous n 'y prenez garde, vous pouvez en perdre la foi. On vous dira que le rapport est constructif, qu'il est destiné à vous aider dans votre pratique... Un peu tard, non? Vous vous êtes « démerdé », le mot est adéquat, pour vous en sortir jusque-là, avec l'aide éventuelle d'une inspection et des services de soutien psychologique mis en place pour vous aider et malgré ça, on vous casse : un beau matin, sans vous prévenir , vous êtes jugé par une personne qui n'est pas celle qui vous a guidé : un jugement de valeur et non un jugement de fait qui repose sur des éléments objectifs. Vous êtes critiqué sur votre façon de « mener le débat » alors que vous faites de la discussion philosophique dont la règle est justement de confronter les arguments au travers d'une discussion plutôt que de « mener » le débat (comme dirait Jacques DUEZ, professeur de morale reconnu, la réponse tue la question et le professeur de morale doit éveiller le questionnement). Vous n'avez pas de questions écrites? Rien à remettre à vos élèves? Mauvais ... (on ne s'inquiète pas de savoir si ils vous ont payé les photocopies). Vous ne vous attendiez pas à être jugée par des ex-profs de mathématiques « arrivés » qui sont, par la force des choses, incompétents dans la matière qui est la vôtre.(je n'ai pas dit incompétents dans la pédagogie mais l'un et l'autre sont liés en matière de morale). Vous avez une grande distinction pour votre diplôme pédagogique? Si vous les écoutez, vous le jetez à la poubelle et vous vous flinguez... Le rapport sera favorable ou défavorable, à moins qu'il ne soit « réservé » : la plus mauvaise situation, celle qui vous donne une vraie boule dans le ventre. A partir d'aujourd'hui, vous savez qu'une personne peut venir dans votre classe pour vous juger tous les jours. Ce n'est plus des élèves dont vous avez peur, c'est de votre direction. Car le direction est dans ce cas juge et partie. Elle est partie par la gestion quotidienne de l'école (dans laquelle la délation et les plaintes sont courantes) et elle est juge de la qualité de votre travail.

 

Car le programme du cours de morale des 5ème et 6ème secondaire est, lui, extrêmement bien fait et il vous permet, à vous et à vos élèves, de vous poser les bonnes questions sur la démocratie (soit dit en passant, avec l'entière liberté pédagogique du professeur (sic) d'adapter sa pédagogie à la classe). Une démocratie reste-t-elle une démocratie quand elle érige un système dans lequel vous perdez toute autonomie? N'est-ce pas l'absence d'autonomie (de capacité de prise de décision) qui aboutit à l'anomie, à l'anarchie (version pacifiste) ou au terrorisme (version guerrière)? N'est-ce pas un système scolaire trop rigide sur la règle et sur sa modalité d'application qui crée cette absence de consensus des professeurs concernant l'application de la règle et donc, ces classes révoltées de ne pas pouvoir gérer de façon autonome leurs besoins urinaires? (même si certains élèves en profitent pour fumer un joint, il ne faut pas généraliser! Ne devrait-on pas laisser le professeur gérer ses élèves à partir de 16 ans?) Et si l'école devenait vraiment un laboratoire de la démocratie participative plutôt qu'un agent de reproduction de la démocratie autoritaire? Comment un professeur de morale peut-il faire gober à ses élèves que notre démocratie est le meilleur régime du monde, lui parler d'autonomie et de liberté, qui sont les valeurs de la laïcité, quand il est lui-même confronté à une perte de sens de la démocratie?

 

Quand un système, fusse-t-il démocratique, est de plus en plus centré sur la discipline (valeur sécuritaire) au détriment du vivre ensemble (valeur humaniste), n'est-on pas en train de justifier l'exclusion par l'incompétence (de l'élève ou du professeur) au lieu d'accompagner vers la compétence?

 

Et c'est là qu'on retourne dans le site du Forem. Stupéfaction : 345 offres d'emploi de professeurs en Wallonie (ce 10 mars 2010) alors qu'il y en a 94 sur la Région bruxelloise (données Actiris) et .387 en Région flamande (données VDAB). Pour évaluer le taux d'absentéisme, il faudrait connaître le nombre total de professeurs... Mais il serait encore sous-évalué car une école n'engage qu'à partir de 15 jours de certificat médical. Si vous affinez par province, vous vous apercevez que la vôtre (celle du Hainaut, pour ne pas la citer) en totalise 157 … soit 45 % des besoins de remplacement des 5 provinces! Donc, vous êtes dans la province où le taux d'absentéisme rapporté à la Région est le plus élevé du pays. (la province d'Anvers tient le record en Flandre avec 30 %). Et vous vous dites qu'il est peut-être temps de retourner chercher du travail dans le privé où le management des ressources humaines est une réalité, où le respect est encore une valeur partagée. Vous n'avez pas envie de remplir les rangs des mauvais profs dépressifs et vous êtes déjà fatigué d'une organisation qui privilégie la discipline à l'appréciation des résultats (les résultats de vos élèves, bien sûr). Un ami me disait : «On fait ce qu'on peut, pas ce qu'on veut ». Cette sagesse n'existe pas toujours dans le monde parfois intolérant de l'enseignement.

 

Suis-je en mesure de tirer une conclusion de cet essai de compréhension du malaise de l'enseignement? Il n'y en a qu'une, à mon sens, qui puisse se prononcer : c'est que nous sommes toujours en marche vers la démocratie et que la démocratie est un régime particulier qui a l'énorme avantage de pouvoir évoluer, qui n'est pas fixe et dogmatique, tout comme ne l'est pas le cours de morale dans sa conception. Et que nous devons encore lutter dans certaines écoles pour que le système scolaire en particulier évolue vers plus de dignité humaine et d'éthique.

17 réponses

sylvie-collard

très vrai malheureusement, il ya aussi sur le site du Forem, un certain nombre de fausses annonces, auxquelles il ne sert à rien de postuler. Elles sont émises par des écoles qui cherchent à remplacer un nouveau prof (qui n'a pas bien su gérer ces contradictions de discipline que vous expliquez si bien) par un interne ou autre nouveau qui n'a pas le titre requis! Cette étape est indispensable pour engager un article 20 !!

sylvie-collard

Votre analyse est vraiment excellente, accrochez-vous et courage ! j'ajouterais aussi que la première année, la direction est souveraine pour juger un prof, donc beaucoup de directions, de peur de prendre le moindre risque, ne vont laisser aucune chance au prof qui ne sera pas assez autoritaire, trop à l'écoute des besoins (même petits) de ses élèves. Le prof débutant va donc être balloté dans l'incertitude d'école à école pendant 5 ou 6 ans voire plus et sans doute la moitié en auront marre et vont chercher autre chose après 4 ou 5 ans. Pourtant quelqu'un a dit que pour bien doner un cours, il fallait l'avoir donné 5 fois...

la-dyslexique

Merci Madame, votre article est un excellent résumé. Le centre des préoccupations de l'école n'est plus l'élève, profs, éducateurs, fonctionnaires, tous sont perdus dans des tas de considérations satellites qui les empêchent de fonctionner dans leur fonction : celle d'apprendre à nos enfants.
Nous demandons à notre ministre une collaboration école-parents, de la bienveillance autour des difficultés de l'élève en difficulté, elle nous répond logiciel informatique et impossible de créer un type 8 pour le secondaire pour le moment. La déshumanisation de l'école vient d'en haut : on y fait TOUT sauf apprendre aux enfants à devenir de chouettes adultes. Une jeune prof de math m'expliquait qu'elle aimerait avoir un cours tout fait qu'elle n'aurait qu'à dispenser, et des évaluations externes, ce serait plus facile!

jack

Bonjour,

Je souhaiterais poser une question ou lancer un débat.

Ma fille et mon beau-fils sont sortis tous les deux en juin 2008, en tant qu'instituteur et institutrice primaire.

Depuis ce jour là, ils font des remplacements dans différentes écoles du Brabant wallon, tous secteurs confondus. Ils travaillent comme des fous à la maison pour leurs préparations de cours parce qu’ils ont tous les deux une conscience professionnelle incroyable. Ils adorent ce qu’ils font mais je peux vous dire qu’en tant que père je me pose quand même des questions :
- Depuis 2008, mon beau-fils a un contrat APE mi-temps qui a été renouvelé cette année. Que des avantages ce contrat APE, c’est ironique !
- Depuis 2009 ma fille fait des remplacements à gauche et à droite, 15 jours par ici, 3 semaines par là, parfois entre coupée de périodes de chômage (avec chaque fois les inscriptions à la clef). Que des avantages, et beaucoup moins de travail pour l’administration, là aussi c'est ironique. Ne parlons pas de la pension et des formalités quand l’heure sera venue !
- Mais en attendant, qu’en est-il de leur avenir, quand seront-ils nommés, ils ne savent même pas eux même ni quand ni comment ni quelles sont les règles.
- En tout cas, depuis qu’ils enseignent, ils ont pu constater que les prioritaires "comme on dit" ……… ce ne sont pas toujours ceux qui cumulent des jours. Ils ont pu remarquer aussi que ce ne sont pas les compétences qui priment, même quand les parents des élèves ou certains directeurs d’école souhaiteraient les avoir en lieu et place de la personne qu’il ou elle remplace !
En attendant heureusement qu’ils louent un petit appart à un prix avantageux parce que autrement je ne sais pas comment ils feraient pour vivre ?
Quand seront-ils nommés ? Quand auront-ils un contrat de type CDI ?
Connaissez-vous une seule banque qui octroie un prêt hypothécaire à un couple qui est incapable de fournir un contrat de travail et qui est incapable de dire combien il gagne ou combien il va gagner le mois suivant ? Quand pourront-ils quitter ce statut précaire et envisager une maison ? Quand pourront-ils avoir des enfants sans ce demander s’ils auront du travail demain ? Ouiiiiiiiiiii en attendant on entend partout « pénurie de professeurs » laissez moi rire.
Ne seraient-ils pas mieux au chômage, du moins les banques nous ont déjà répondus que chômeur ce n’est pas un statut précaire !
En attendant que faire, que dire, à qui le dire, qui ose en parler, où trouver le filon qui fera que… Ah ouiiiiiiiiiiiiiiiiii s’ils connaissaient un échevin ou un bourgmestre, car ça aussi ça existe !
Je ne sais pas si j’aurai une réponse ou si je provoquerai quelque chose mais je me suis promis de livrer bataille pour mes enfants car ils ont la foi en ce qu’ils font car ils donnent leurs tripes pour ce métier et je suis révolté pour eux. Jack
NB : si vous avez des renseignements qui pourraient leur être utiles, ce serait bien gentil.

zabou

Personnellement, après 4 ans dans l'enseignement et un mois de réflexion et d'introspection, on ne peut pas changer un système et notre seule liberté est de pouvoir quitter un poste pour en reprendre ailleurs.

Je conseille donc à votre enfant et beau-fils de profiter de la pénurie actuelle et d'aller voir dans un autre réseau. C'est mal vu mais étant donné qu'il y aura des départs à la retraite massifs l'année prochaine, il faut savoir saisir sa chance!

C'est ça aussi, pour moi, la démocratie : la possibilité d'aller voir ailleurs si on nous donne de meilleures conditions de travail!

La toute grosse difficulté, c'est qu'aucune direction n'annonce les départs à la retraite... et qu'on s'engage! Mais sachez qu'à ma connaissance, un intérimaire peut quitter son poste en prévenant une semaine à l'avance. C'est une réelle démission qui n'ouvre pas le droit au chômage. Mais avec les offres d'emploi actuelles, on peut postuler et être au courant des départs éventuels...

promethee

il y a pénurie d'instits à Bruxelles; les engagements à l'année sont faciles à obtenir et les nominations interviennent endéans les trois ou quatre ans maximum. il faut postuler à partir de maintenant dans les communes comme Schaerbeek, Anderlecht, Molenbeek, etc.

la-dyslexique

Que vous répondre... si ce n'est qu'en tant que parents, nous ne comprenons pas tout ce gâchis... Exemple : des parents se plaignent du style pédagogique d'un prof de math dans l'officiel : l'examen de fin d'année est un oral, il note les élèves 0, sans jamais donner d'autre explications que "manque de travail". Le service d'inspection enquête, et recommande qu'une partie de l'examen se fasse à l'écrit, rappelle qu'un examen oral doit faire l'objet d'un PV. Deux ans plus tard, rebelotte, mon fils est noté 0/40 à l'oral, 1/60 à l'écrit. Le prof ne peut expliquer l'oral -il ne se souvient plus de tout ce que les élèves lui disent.... on ne peut obtenir copie de l'écrit car on ne peut que les "consulter"... Nous nous plaignions par écrit, sans savoir que d'autres parents ont déjà écrit à la direction générale, pour les mêmes griefs, à l'encontre du même prof, dans le même établissement deux ans plus tôt. En septembre, le prof est promu conseiller pédagogique, il est remplacé par une jeune prof qui n'a jamais vu mon fils, qui ne fait que corriger les examens de passage. 6 élèves étaient ajournés en math, 2 réussissent (=ont plus que 10/20), 4 échouent, seul mon fils double, la jeune prof explique que ses fautes sont trop importantes que pour aborder convenablement une cinquième année. Le conseil d'Etat a jugé, sans voir les copies, que mon fils n'avait pas "les compétences requises". Difficile de résister, n'est-ce pas, mais c'est possible, croyez-moi. Je n'ai qu'un conseil, battez-vous Monsieur, ne rien faire devant un tel gâchis est immoral. Ecrivez aux politiques, ils sont normalement le relais du citoyen auprès du gouvernement. Sur le net, vous trouvez les compte rendus de la commission de l'enseignement, en principe elle se tient le mardi. Vous trouvez aussi le rapport du Médiateur de la Communauté française, c'est l'instance "égalité des chances" des matières communautaires, c'est un service au service du public. Vous pouvez également surfer sur le site de l'Europe, interpellez le parlement européen, en tant que citoyen : vous cliquez sur pétition ou question de citoyen. Vous pouvez également écrire aux parlementaires directement, ils possèdent tous un site, ils réagissent, il faut les interpeller, leur poser vos questions. C'est ainsi que cela fonctionne une démocratie. Mais dites vous que la direction de l'enseignement obligatoire ne s'embarrasse pas de moralité. Inutile de chercher à vous faire entendre, même le Médiateur a fini, dans mon cas, à clôturer mon dossier "de facto" Ce mot latin signifiant à mon avis que puisque je ne suis pas satisfaite de la réponse que l'administration m'a donnée, mon dossier est clôturé. Je vous invite à faire un petit tour sur mon site, il y a quelques liens de contestataires... Courage!

denis-dh

Parti pris, sans aucun doute, étant directeur… je souhaite toutefois aborder une réalité méconnue. Les décrets sur les statuts des enseignants poussent les directions à établir leur point de vue sur l'enseignant sur une année (après la deuxième année, l'enseignant acquiert une ancienneté et donc devient prioritaire). Or, comme toute profession, il n'y a pas que de bons enseignants (voir le cas de La dyslexique évoqué dans beaucoup de posts de ce forum). Par conséquent, il est vrai qu'en cas de doute, bon nombre de directions préfèrent ne pas prolonger l'expérience avec un enseignant plutôt que de lui risquer une carrière de plus de 30 ans. J'espère que les parents comprennent que cela sert avant tout les élèves...

Il est pourtant naïf de croire que si les premières années peuvent être bonnes ou mauvaises, elles ne présagent rien de la suite... Certains s'améliorent, d'autres...

Bref, le système induit toute une série de comportements… Cela ne préjuge pas nécessairement de la qualité des personnes. L'enseignement, par son évolution, est devenu une machine complexe. Il est vrai que tous les 6 mois, on doit publier une annonce dite de réserve. Cela permet d'introduire les demandes de dérogation aux titres quand il n'y a pas de candidat. Et être candidat, ne veut pas dire convenir nécessairement à l'école… (voir parfois les motivations de certains à être enseignant).

Beaucoup de soucis rencontrés dans l'enseignement viennent, pour ma part, de la bureaucratisation croissante du système. Le système en arrive à être le point de départ et d'arrivée de tout, laissant les directions, les enseignants, les élèves ou les parents sur le côté. Beaucoup ne connaissent pas le système avant d'y entrer ou d'y rencontrer ses premières difficultés. De là aussi peut-être les départs avant 5 ans ou les incompréhensions telles que celle de Zabou.

Autre question soulevée dans le premier post qui m'interpelle… la démocratie. Quel rôle doit jouer l'école dans ce domaine ? Une initiation ? Une information ? Une réalité ?

Notre société vit à travers une démocratie… partielle. Nous la délivrons à d'autres qui choisissent pour nous. Nous leur renouvelons notre « accord » à chaque élection… (on reprend généralement les mêmes… quoi qu'il ait pu se passer d'ailleurs… drôle de système…) et il y a peu de candidats (même pour les directions d'école d’ailleurs)… Drôle de paradoxe que de préférer dénoncer plutôt que d'être à la manoeuvre...

Si philosophiquement la démocratie est le meilleur système (quoi que certains ont préféré dire qu'il était le moins mauvais), l'école doit-elle être elle-même démocratique ? Je n'en suis pas sûr, mais sans doute est-ce un autre débat.

Que proposer par rapport à ces « constats » ? Un système d'évaluation des enseignants qui valorise ce qui doit l'être et qui corrige le reste… comme dans d'autres pays… mais cela risque de remettre en question certains acquis sociaux chers aux syndicats… au détriment d'une amélioration ?

zabou

Voici mon sentiment relatif à la question de la démocratie à l'école. C'est bien l'objet de mon questionnement actuel sur l'école.

Réfléchissons : l'école est soi-disant un droit ou a-t-elle été conçue comme un devoir? A la base, il me semble qu'il s'agit d'un droit mais qu'on en fait de plus en plus un devoir...

En regardant mes bulletins d'école du secondaire, comme j'ai été émue de voir dans les remarques "Zabou a collaboré avec sa voisine, elle devra refaire son test la période suivante". Eh oui, on n'était pas dans un système où "ça ne fait pas sérieux de ne pas mettre des cotes dans le bulletin donc c'est soit certificat médical pour tous les professeurs, soit c'est 0 d'office" (dixit ma direction...). Ca me déchire le coeur, en temps que professeur, d'être obligée de pratiquer une telle violence symbolique!!!

Je me suis rendue compte, Monsieur Denis, que le système dans lequel je travaille m'oblige à "discipliner mes élèves" plus qu'à les conduire vers l'autonomie dès le moment où le professeur n'est plus libre d'évaluer lui-même les sanctions à prendre vis-à-vis de l'élève. Car c'est bien dans mon rapport : motivation des élèves : assez dissipés... Expliquez-moi comment on crée un bon climat de classe en les disciplinant continuellement... C'est contradictoire avec ce qui m'a été enseigné (je faisais figure de ringarde à côté des jeunes profs qui étaient habitués aux bavardages et appréciés par leur direction...).

Je pense que l'école est trop conçue aujoud'hui comme une mini société avec des régles incontournables et qu'elle ne joue pas son rôle d'éducation à le citoyenneté car elle ne permet pas le dialogue qui est pourtant essentiel à l'adhésion de l'enfant à son éducation.

Je suis personnellement très sensible au fait que les directions ont très peur de la liberté d'expression car elles ne tolèrent aucune critique et que c'est pour cela que nous vivons de réels blocages. Le premier de ceux-ci étant la discipline relative aux besoins urinaires (on passe des heures à argumenter... ). Sauf que c'est pris comme un manque d'autorité que d'en parler à ses élèves. Il faudrait savoir distinguer entre autorité et pouvoir. L'autorité passe, pour moi, par le dialogue mais c'est vrai que j'ai une expérience très féminine de l'autorité en tant que mère de famille. Pour moi, pratiquer l'autorité vis à vis de la discipline sans que celle-ci ne soit comprise et assimilée, c'est passer à côté de sa mission. Et ça veut dire qu'une certaine tolérance doit être de mise... ce qui n'est pas le cas!

En tant que prof de morale qui est sensée enseigner ce qu'est la démocratie à mes élèves, je suis assez sensible sur le sujet...

L'école démocratique n'est pas encore en place et voici quelques pistes pour ceux que le sujet intéresse : certaines écoles mettent en place des "sas de parole" (asbl Groupe Ecole Démocratique) :

http://www.g-e-d.eu/crbst_8.html
A cette adresse, on trouve la liste des écoles qui le pratiquent.

Je m'intéresse de plus en plus aussi à la communication non violente qui cherche à comprendre pourquoi les élèves développent de telles résistances à l'éducation.

Je crois que le type de régime de gouvernance qu'on instaure détermine la violence sociale qu'on récolte et je suis convaincue que notre régime démocratique n'est pas encore tout à fait abouti et qu'on risque de régresser vers des formes de gouvernance plus autoritaires. Nos enfants connaîtront-ils le bonheur que nous avons connu? Ce n'est pas sûr.

Je crois que le dialogue et la discussion sont des soupapes de sécurité qui sont nécessaires à l'école dans un objectif d'éducation à la citoyenneté.

la-dyslexique

Puisqu'on envisage la démocratie à l'école...

Le principe de base est la séparation des pouvoirs. Ce qui implique un règlement, qui doit être respecté par tous. D'ailleurs, on le signe au début de l'année, il est dans le journal de classe officiel de la Communauté française.

Dans une école officielle, mon fils n'a pas pu consulter ses copies d'examen, disposition prévue par l'art 96 du décret mission.
Ne pas pouvoir exercer ce droit lui est très dommageable. Pourquoi ne peut-il l'exercer? nul ne sait, mais c'est comme ça : l'autorité ou le pouvoir local décide que le prof est absent et que les copies sont archivées. Nous sommes le 28 juin et c'est comme ça, point à la ligne. "Et si vous n'êtes pas d'accord, vous n'avez qu'à changer votre enfant d'école".

Dans une démocratie, il y a une séparation des pouvoirs.

En Belgique, le service d'Egalités des Chances se déclare incompétent pour les matières qui relèvent de l'enseignement car ce n'est pas une matière fédérale. Seuls les services du Médiateur et du Délégué général aux droits de l'enfant de la Communauté française sont compétents. Je me suis donc adressée au service du Médiateur et mon fils, mineur d'âge à ce moment, s'est adressé au service du Délégué général aux droits de l'enfant.

Vous avez dit séparation des pouvoirs?

Le pouvoir organisateur de l'école qui n'a pas respecté ce droit fondamental (qui est un droit de la CIDE que notre pays a ratifié il y a vingt ans, et qui est également repris dans l'article 24 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne) en toute impunité est précisément la Communauté française de Belgique, qui est le pouvoir organisateur de tous les établissements du réseau secondaire officiel.....

Le service du Médiateur de la Communauté française n'a pas obtenu la médiation que j'ai demandée avec ce pouvoir organisateur qui est la Communauté française et a clôturé mon dossier "de facto", le service du Délégué général aux droit de l'enfant de la Communauté française a répondu à mon fils qu'il le recontacterait plus tard, c'était en août 2009.

Vous avez dit, séparation des pouvoirs? Un qui fait la loi, un qui l'applique, et un qui vérifie si elle est bien appliquée.


La Communauté française a diligenté une enquête auprès de son service d'inspection scolaire qui a attesté, tout en reconnaissant l'absence de conciliation et de consultation des épreuves que le règlement des études a été respecté par le pouvoir organisateur de l'école, qui est la Communauté française de Belgique.

Pour les élèves, je ne sais pas, mais je peux vous assurer qu'en ce qui concerne les parents, ce n'est pas dans l'enseignement officiel de la Communauté française qu'ils apprennent ce qu'est une démocratie.

zabou

Pour votre information, il y a de plus en plus de recours contre la décision des écoles de redoublement. Je ne connais pas le taux de réussite, sans doute que cela nous donnerait des informations sur "l'impartialité" de cette commission qui appartient effectivement à la Communauté française (qui d'autre pourrait le faire? Si on nommait des experts indépendants, ne pourraient-ils pas aussi être liés, en quelque sorte, par leur nomination?).
Mais les directions d'école et leurs enseignants prennent la chose très au sérieux...

J'ajouterais que dans notre démocratie, de nombreux corps de métiers règlent leurs problèmes de déontologie eux-mêmes : voyez l'ordre du barreau des avocats, voyez la commission d'éthique publicitaire par exemple...On n'a pas dit qu'il fallait, à tous les niveaux, créer des instances pour décider et des instances pour faire appliquer... Par contre, l'éthique, c'est pris en charge.

Encore que, c'est bien le problème de l'officiel (et du libre?), les PO décident de tout et les directions sont soumises à leur PO. Est-ce un bien, est-ce un mal?

Ma propre expérience révèle une incohérence entre les injonctions de l'inspectrice de morale et la direction de l'école d'un côté (côté pédagogie), du pouvoir organisateur provincial et de la direction d'école de l'autre (pour les obligations faites aux enseignants). Peut-être faudrait-il aller voir de ce côté s'il n'y aurait pas matière à simplification administrative???? C'est vrai que le système des recours est lourd... mais il existe pour nous aussi et c'est pourquoi nous sommes bien en démocratie. Et personnellement je trouve qu'il est plus simple de changer d'école que de se lancer dans des procédures souvent lourdes et traumatisantes.

Je ne suis personnellement par rassurée d'entendre parler de "niveau des études" qui doit être déterminé par l'inspection de la communauté française... Si quelqu'un a des infos sur ce sujet, je suis preneuse!

la-dyslexique

Devant de telles choses, se taire est immoral.

denis-dh

Pour un apprentissage de la démocratie à l'école : oui !
Pour une ouverture aux moyens d'expression non-violente : oui !

Toutefois, je ne pense pas que l'école doit être bâtie comme une démocratie. En effet, comment imaginer un tel système où toute prise de parole devrait être entendue, débattue, ... pour chaque chose (le choix des cours ? le choix des enseignants ? l'évaluation des enseignants ? le choix de la direction ? l'évaluation de la direction ? les moments de récréations,...) Il faut bien à un moment trancher et travailler pour les objectifs propres à l'enseignement. Imaginez un parallèle pour la famille ? Est-elle démocratique ? Doit-elle l'être ?

De même, nous vivons dans un système démocratique. Que pouvons-nous en déduire ? La pipolisation (?) des différents acteurs, les promesses (toutes tenues ?), la démagogie... sont fréquentes. Beaucoup de citoyens refusent de plus en plus de jouer le jeu (voir pendant les élections). Bel exemple pour nos jeunes quand nous leur affirmons les bienfaits d'un tel système ... Je pense que nous devons les préparer à la vie plutôt qu'à un système (pour mieux vivre, sans doute faut-il connaître le système, mais pas pour lui-même).

En vous relisant, je vois que beaucoup de vos observations portent sur l'enseignement officiel. Certes, vous pourriez me rétorquer que les miennes visent l'enseignement libre. J'en déduis, à ce stade, qu'il y a peut-être autant de manières de gérer une école que de personnes qui les gèrent, tout comme dans une classe, un enseignant n'est pas l'autre ... un élève non plus.

Une direction n'est pas forcément à l'affût des pauses-pipi non plus ... Il ne faudrait pas entrer dans une logique où l'on rejette sur l'autre tout défaut du système. Je pense que chacun, consciemment ou non, est aussi responsable des manquements du système, mais pas une seule personne ou une seule catégorie de métiers.

Je crois qu'une réflexion est en cours au niveau politique (voir la déclaration de politique commune) pour que le PO de l'enseignement officiel ne soit plus le cabinet du ministre ou la Communauté française elle-même ... Peut-être que cela fera avancer un peu plus les droits et devoirs de chacun.

zabou

On est d'accord en ce qui concerne la responsabilité collective et individuelle (j'ai posté un nouvel article sur ce sujet). On peut tous améliorer notre système mais on sait que ce sera une toute petite pierre à l'édifice... On a donc chacun son rôle à jouer sans devenir des moutons de Panurges... et là se pose la question du rapport à l'autorité.

En ce qui concerne la pratique de la démocratie à l'école, je pense que des conseils de participation sont prévus, qui devraient réunir parents et enseignants, cela existe dans mon école. Madame la dyslexique pourrait sans doute se renseigner car il me semble qu'il s'agit d'un système obligatoire?

BIen sûr, il s'agit d'un organe consultatif mais il a le mérite d'exister, c'est du "bottom up" (faire remonter les informations de la base) face au "top down" (diriger par le haut). La démocratie participative n'existe que comme cela mais cela a permis de générer beaucoup de développement local : connaissez-vous les groupements d'action locale? C'est un système de consultation des citoyens qui permet de générer des projets collectifs locaux. A la clef, les projets sont subventionnés par la Région wallonne...

D'ailleurs, point positif pour ma direction, des élèves ont suscité l'idée d'une bibliothèque dans notre école et cela a été réalisé, sans doute avec les subventions ordinaires...

J'envisage la "démocratisation" des problèmes liés à la vie scolaire comme le fait de pouvoir mettre le problème sur la table, tout simplement, de créer les conditions d'une mise en question. Seuls les systèmes totalitaires refusent de le faire car ils savent que leurs lois ne tiennent pas la route... Dans nos écoles, les règles sont-elles injustes? Je ne le pense pas mais je pense que les règles peuvent évoluer, tout comme évoluent les lois dans notre société. Voyez l'avortement par exemple, en un siècle on est passés de son interdiction pure à son autorisation réglementée...

la-dyslexique

L'avortement n'est pas autorisé, il est dépénalisé sous certaines conditions. Dans l'école officielle anciennement fréquentée, nous étions une poignée de parents à demander à créer une association de parents, avec l'aide de la FAPEO. Des parents avaient des projets, l'une voulait aborder le tabac et les drogues douces, l'autre voulait aborder l'accueil du demandeur d'asile. Evidemment je voulais proposer des activités autour du thème de la dyslexie. Savez vous que la première souffrance est d'être exclu par ses pairs? Informer les autres élèves est vraiment porteur.
Cela a été un véritable parcours du combattant. Il n'y avait pas de local, puis la date ne convenait pas, puis c'était reporté... Nous avons fini par être 8 parents réunis (prévenus l'avant veille) avec la préfète et la représentante de la FAPEO en janvier 2009. La préfète a présenté un parent comme Présidente d'une association qu'elle a qualifiée elle même de "dormante". Etrange affaire... Personne n'était au courant qu'une association de parents existait! Quant au conseil de participation, cette Présidente "dormante" y siégeait avec une autre maman, toutes deux contactées par téléphone par la préfète pour y venir. Tout est resté ainsi, il n'y a pas eu d'autre réunion.
Par contre, dans l'établissement libre que mes enfants fréquentent depuis cette année, le conseil de participation existe, et il existe un réel souci de dialogue dans l'école. J'y participe et je suis bienvenue dans l'école.

Je ne parle de l'officiel que parce que je ne connais que celui là, nos enfants y étaient depuis toujours. Nous avons vécu par ailleurs plusieurs changements de direction. La dernière s'est montrée incompétente à conduire son équipe éducative. Les profs absents, les copies non rendues, le PV de l'oral non rentré, les enfants à l'étude toute la journée le premier jour des révisions... parce que les profs sont à eurodisney en voyage d'étude?! Trois mois de "maladie" à cause de tiraillements internes -largement commentés dans la presse locale...- Pas de chef d'équipe pour fixer des objectifs et les atteindre ensemble. Le problème est que le pouvoir organisateur n'est pas vraiment responsable, c'est son agent qui est incompétent. Et le problème est que l'agent, le fonctionnaire qui dirige l'école, n'est pas non plus responsable, c'est son pouvoir organisateur qui endosse la responsabilité de ses actes. . Ajoutons un zeste de politique, ou d'autres influences... Car in fine, c'est toujours le ministre de l'enseignement obligatoire qui tranche, n'oublions pas. Que deviennent finalement l'élève, le prof et le parent dans tout ça? Je pense et j'espère aussi que le débat parlementaire qui devrait demander plus de clarté par rapport au PO des école officielles sera mené. Ce n'est pas sain, n'oubliez pas que le service du Médiateur, seul compétent pour instruire les plaintes, est le service du Médiateur de ce même pouvoir organisateur! Il en est de même pour le service du délégué général aux droit de l'enfant.

la-dyslexique

Par rapport à votre question sur le niveau des études

dans le rapport établi par le Service général de l'inspection au terme de l'année scolaire 2008-2009,

page 11 chapitre 3.2 "l'évaluation du niveau des études ... a pris en considération
- la mise à disposition d'un programme,
- le respect des contenus des programmes : l'inspection note des manquements en sciences au degré supérieur.... en mathématiques au degré supérieur
- la mise en place des savoirs et des savoir faire dans la perspective de l'acquisition de compétences reste une pratique que les professeurs s'approprient difficilement... ainsi on note en mathématique la multiplicité d'exercices procéduraux identiques, longs et abusivement complexes...
- l'organisation de situations d'apprentissage en vue d'amener les élèves à utiliser les savoirs et savoir faire..... en sciences de base, il n'est pas rare que les élèves soient confrontés à des exposés descriptifs présentant des notions comme des éléments à admettre, démarche en totale contradiction avec les conceptions d'une approche scientifique du monde
- l'évaluation des acquis des élèves et notamment l'adéquation entre les épreuves..; et les outils produits par la commission d'évaluation... l'évaluation reste un problème majeur pour bon nombre d'enseignants... dans certaines disciplines, on relève une proportion importante d'évaluations hors programme...


enfin, l'inspection relève une grande hétérogénéité des programme non pas en termes de méthodes d'apprentissage mais en termes de contenus d'apprentissage... c'est notamment le cas en ce qui concerne les cours de sciences aux deuxième et troisième degré...


page 25, "l'imprécision des référentiels a aussi pour conséquence que les niveaux d'exigence visés et attendus en matière de maîtrise des compétences varient fortement d'une école à l'autre voire même d'une classe à l'autre"


Quand un enfant double, c'est parce qu'il n'a pas "les compétences requises" , c'est ce que le Conseil de recours indique, il est à noter qu'il ne consulte pas les copies des examens qui évaluent ces compétences, il se base sur les déclarations du chef du conseil de classe.

Le Conseil d'Etat juge que "compétences requises" est suffisamment motivé, en ce sens qu'il ne faut pas le vérifier, puisqu'il correspond au programme.

Curieux, vous ne trouvez pas?

zabou

Je vous remercie pour ces informations très détaillées. Cela me rassure de savoir que le "système" scolaire se pose enfin la question de sa cohérence interne... Le tout est de savoir qui va endosser les responsabilités... c'est souvent la base qui trinque et la base, ce sont les professeurs... D'où ma crainte.

Savez-vous que la France va abandonner le travail par compétences? Il est très constesté parmi les enseigants qui estiment que ça augmente la difficulté pour l'élève car il doit réfléchir et certains élèves d'aujourd'hui n'aiment ni la gymnastique physique ni la gymnastique réflexive...

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