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anne

Qu'attendent les parents de l'école ?

Publié il y a 7 mois par Anne dans Réforme des inscriptions .

Mis en ligne le 06/09/2008  dans les pages débâts de la L.B. et encore d'actualité.
Chaque fois que je réfléchis à ces décrets, qu'ils s'intitulent "inscriptions" ou "mixité sociale", j'entends Madame Navez, le seul professeur de mathématique qui a pu capter mon attention à l'école secondaire dire avec force : "A problème mal posé, il ne pourra y avoir de solution." Une opinion de Anne FRANÇOIS, Psychopédagogue.

 

Les termes de cette problématique vue côté de nos gouvernants ? C'est simple, Pisa et les autres études internationales pointent les mauvais résultats des élèves en Communauté française et également l'inégalité de ces résultats. Seule une minorité d'enfants trouvent place dans le haut du classement alors que trop nombreux sont ceux qui montrent des piètres résultats. De plus, trop de jeunes quittent l'école sans diplôme de fin de secondaire et donc trop feu formés dans notre société se mondialisant à vive allure.

La faute serait le refus des écoles et des parents de la mixité sociale, gage principal selon les chercheurs de l'amélioration des résultats de tous les élèves. La solution est donc facile : il suffit de "décréter" pour forcer parents, enfants et écoles à la mixité sociale, et le tour sera joué.

Premier acte : le décret "inscriptions". Deuxième acte : le décret "mixité sociale" voté au coeur des vacances scolaires. La logique de ce décret substitue à la logique du "premier arrivé, premier à s'inscrire" un système complexe d'étapes que doivent suivre les parents et les directions d'écoles qui classent les enfants selon différentes priorités. La dernière étape sera un super-tirage au sort des élèves si l'école a plus de demandes que de places à offrir pour débuter le secondaire.

Le voeu de la toute grande majorité des parents est de trouver pour son enfant une "bonne école". Pour avoir fait l'exercice non seulement pour chacun de mes enfants mais aussi professionnellement avec de nombreux parents, je prends la liberté d'énoncer quelques aspects de cette demande parentale. La bonne école pour "John", c'est :

- Une école à laquelle je peux déléguer ma responsabilité parentale en toute confiance dans un partenariat éducatif.

- Une école qui me respectera et respectera John avec ses qualités et ses défauts, ses forces et ses lacunes, une école qui mettra en place les moyens nécessaires pour aider John à surmonter les petites ou grandes difficultés qu'il vivra au cours de sa scolarité.

- Une école dans laquelle John sera en sécurité physique et psychique et qui lui permettra de nouer des amitiés. Une école qui non seulement instruit efficacement mais aussi éduque.

- Une école qui m'informe régulièrement de l'évolution de John et pas seulement quand il y a une difficulté.

- Une école dont l'équipe enseignante accueillera, accompagnera et formera John au quotidien avec toujours comme objectif d'apprendre à John à devenir un adulte parmi les autres, capable de s'insérer dans la société qui sera la sienne mais aussi capable s'il le souhaite de s'inscrire dans la transmission de la vie. La qualité du temps "récréation" est à cet égard primordiale.

- Les "plus" pourront être la proximité, l'organisation d'activités hors cours, la présence de copains de l'école primaire, la qualité des locaux, voire le goût des frites du jeudi...

Le jour où toutes nos écoles en Communauté française répondront à cette demande largement partagée par les parents, gageons que les résultats aux épreuves Pisa et consorts seront, comme la mixité sociale, au rendez-vous. La lancinante question de la "bonne école pour John" sera résolue comme au Danemark, en Suède ou en Finlande. Toutes les écoles répondent aux besoins des enfants et mettent en place les conditions nécessaires et suffisantes à l'apprentissage et à l'accompagnement de chaque enfant quel qu'il soit. Le constat est partagé tout comme l'objectif. Notre société se doit d'accompagner chaque enfant vers l'obtention du certificat d'enseignement secondaire supérieur (CESS

19 réponses

mab

Certes. Mais quelle valeur aura alors ce CESS, qui ouvre les portes de l'enseignement supérieur à tout le monde et à son frère pour conduire les trois-quarts des postulants à l'échec? De nombreux étudiants de première année prennent somme toute une année sabbatique (parfois trois, j'en connais). ...

mab

Il est un fait que le CESS seul ne vaut pas un pet de lapin sur le marché du travail (qui demande en même temps que les balayeurs soient bilingues). Il est aussi un fait que de trop nombreuses sections qualifiantes ne qualifient pour rien de solide, quand les entreprises veulent des travailleurs...

mab

opérationnels dans la seconde qui suit la signature du contrat. Et, cerise sur le gâteau, il est évident que ce CESS envoie dans le vaste monde des gens qui n'ont ni culture solide ni bases concrètes pour se construire une vie. Voilà pourquoi j'ai l'impression de vider l'océan à la petite cuiller..

mab

Cela dit, il me semble que cette intervention demande tout à l'école donc à la société, rien à John, rien à ses parents. Il me paraît qu'il y a là une des racines les plus profondes des problèmes actuels. L'instruction de John est du ressort de l'école. Son bonheur et son éducation, pas vraiment.

anne

Aux pro de l'enseignement (dont je suis) de mettre en oeuvre les méthodes adéquates pour amener chacun au CESS ( moins 5% de la courbe de Gauss qui ne sont pas en mesure d'atteindre cet objectif). Si les profs devenaient coachs et non + à la X juge et partie notre enseignement gagnerait bcp!

anne

CESS de qualité = aux normes internationnales le qualifiant compris avec une vraie qualification. Le partenarait avec la famille est svent difficile mais est de la responsabilités des équipes d'enseignants et qd le tps de l'apprivoisement (St Ex!) est pris Après c'est gagné mais c'est du boulot! :

mab

Ne voyez-vous pas combien ce mot "coach" dévalorise les matières enseignées? Sans parler des professeurs qui tentent de les faire passer?m Après tout, il y a des coachs de fitness, de nutrition, de développement personnel, et même des coachs de chiens de concours. Quand une équipe perd, on vire...

mab

le coach, ce qui permet aux amateurs de pensée magique d'imaginer deux ou trois semaines que l'on sera champion à la fin de la saison. L'expérience prouve le contraire. Je ne suis pas l'entraineur de mes élèves, je suis celle qui essaie de leur faire comprendre le monde et cela passe par des...

mab

SAVOIRS et des techniques, que la plupart seraient incapables de mettre au point seuls, comme j'étais incapable, à l'école ou au collège, d'être Pythagore, Louise Labé, Darwin ou Marie Curie. Mais j'étais capable de comprendre ce qu'ils avaient découvert ou créé parce que mes professeurs me...

mab

l'expliquaient et que je partais du principe qu'il y avait de bonnes raisons pour qu'ils soient devant moi à le faire. Quant aux parents, nous ne voyons la plupart du temps que ceux dont les enfants font leur métier d'écolier ou de collégiens. Et franchement, je n'ai guère le goût de courir après...

mab

ceux qui nous disent en pleine face que "l'école , ça ne sert à rien", devant leur gamin, en plus, ou qui signet trois fois par semaine des excuses courtelinesques à leur ado de dix-huit ans en quatrième, ou qui vous envoent le banc dans l'estomac parce que vous avez osé dire que vous ne voyez...

mab

Monchéri à votre cours (tout ça, c'est du vécu). Et c'est plein de fautes, mais tant pis, pour une fois. L'école, on y va pour apprendre, pas pour y être materné, dorloté, "compris" à tout heure du jour. Cela ne signifie évidemment pas que je ne tienne aucun compte des difficultés de mes élèves...

mab

mais je ne peux sucer de mon pouce celles qui relèvent des conditions familiales, psychologiques ou sociologiques, pas plus que je ne peux y porter remède efficace et à long terme. Ce que je constate, par contre, c'est qu'il y a des élèves, plus nombreux qu'on ne pense, qui vivent des situations....

mab

dures, mais qui font leur travail, réussissent leur année, s'engagent, demandent de l'aide si nécessaire, font tout ce qu'ils sont capables de faire, même si ce "tout" ne vole pas très haut. Pour ceux-là, je me bats bec et ongles. Pour les autres, quiveulent qu'on les aime, qu'on les amuse, qu'on...

mab

leur donne un diplôme parce qu'ils ont consenti à poser une demi fesse sur une chaise de temps à autre tout en faisant savoir à la terre entière combien leur situation était injuste et combien le prof était mauvais de ne pas leur laisser dire et faire tout ce qui eur passait par la tête, je ne veux.

mab

tout simplement plus les voir dans mes classes. Je ne suis pas psychopédagogue. Et la pédagogie n'est pas une science, c'est un artisanat; il y a des techniques, à efficacité très variable d'ailleurs. Il n'y a pas de vérité absolue. Il y a du travail quotidien, avec de vrais élèves.

cabinetvinois

Anne je vous admire parce que moi en tant qu'accompagnant de jeunes en difficultés je constate le manque de professionalisme des parents quant à la préparation de l'élève pour aller en classe manque de rigueur dans le respect de soi : alimentation, sommeil, hydratation...
Voir mon blog: http://reussitescolaire-vinois.blogspot.com/
Bonne chance dans votre métier et bon courage
J'aime votre dérision! Gardez la, elle vous permet de prendre du recul et de garder un esprit positif!

zabou

J'aimerais reprendre la citation du début de l'article : "A problème mal posé, il ne pourra y avoir de solution."
Je m'interroge pour ma part sur l'échec de l'école à vouloir conformer des élèves à une société libérale de compétition économico-scientifique. Pourquoi les élèves soutennent-ils de nos jours les plus faibles, les plus chahuteurs, les plus inadaptés? Ce type de solidarité est tellement candide mais tellement réconfortant aussi!
Je voudrais que Mab s'interroge sur la RESISTANCE des parents et de leurs enfants devant un système qui les oblige à aller à l'école quand les statistiques démontrent que l'école est l'organe actuel de la reproduction des inégalités sociales.
Si, depuis un siècle, on n'a pas réussi à augmenter le taux de réussite dans le supérieur (23% en Communauté française), faut-il vraiment toujours croire en l'UTOPIE de l'égalité scolaire?????????
Donc, je souscris totalement aux propositions de Anne concernant les objectifs à se fixer pour l'enfant. Et je rappelle les 4 objectifs du décret "Missions" (2002) :

Des objectifs généraux, article 6.  La Communauté française, pour l'enseignement qu'elle organise, et tout pouvoir organisateur, pour l'enseignement subventionné, poursuivent simultanément et sans hiérarchie les objectifs suivants :

1°     promouvoir la confiance en soi et le développement de la personne de chacun des élèves;
2°     amener tous les élèves à s'approprier des savoirs et à acquérir des compétences qui les rendent aptes à apprendre toute leur vie et à prendre une place active dans la vie économique, sociale et culturelle;
3°     préparer tous les élèves à être des citoyens responsables, capables de contribuer au développement d'une société démocratique, solidaire, pluraliste et ouverte aux autres cultures;
4°     assurer à tous les élèves des chances égales d'émancipation sociale.

Je constate pour ma part que les écoles ne traitent que le deuxième point. Les activités extérieures vont, dans l'école que je quitte, désormais devoir souscrire aux compétences de ce point, ce qui va fortement les limiter...

On ne cherche à développer que des compétences quand notre mission est de former des adolescents seins d'esprit et heureux d'apprendre... mais pour respecter ce décret "Missions", ne faudrait-il pas arrêter de vouloir conformer TOUS les élèves au moule de l'enseignement supérieur? Ne pourrait-on pas admettre, une fois pour toutes, que tout le monde n'a pas envie d'acquérir une position sociale supérieure aux autres, que beaucoup de gens veulent seulement pouvoir se loger et se nourrir et donc, avoir un petit boulot dans lequel ils seront bien dirigés?

Si on admettait ceci, on valoriserait ceux qui veulent vraiment tenir une position sociale élevée et on fouttrait la paix à ceux qui n'en ont rien à faire de la performance, ceux pour qui la qualité des relations humaines est plus importante que tout...

anne

Vous pouvez bien entendu reprendre cette citation qui comme expliqué dans l'article est de celle mon de prof de math ...Vous me rajeunissez de plusieurs dizaines d'années !! Je ne puis que rejoindre vote argumentation ... qui est aussi celle d'ELEVeS : des écoles en nombre et qualité suffisantes mais aussi diversifiées pour que tous nos enfants, chacun avec spécificités puissent être accompagné dans leurs choix différents d'un CESS véritable label dans leur secteur . A cet égard les compagnons du devoir et l'ASBL Skills Belgium font du bon boulot (que se devrait de faire la C.F.!)

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