Qui fait quoi?
Publié il y a 8 mois par Benoit C. dans Autorité, quelle recette miracle? .
La famille (les parents, en l'occurence) est là pour "élever" (emmener plus haut). L'école (les enseignants au sens large) est là pour instruire, enseigner, développer des aptitudes (intélectuelles, physiques et/ou manuelles).
Il ne faut donc pas demander à l'école de remplacer la famille, pas plus qu'il ne faut attendre des professeurs qu'ils remplacent les parents.
Chaque structure a sa place, chaque éducateur ("qui conduit hors de soi") a son rôle.
Il y a quelques années, un livre a remporté un beau succès. Il était intitulé "Tout se joue avant 5 ans" (je crois bien que c'est passé à 6 ou 7 au cours des rééditions). Qu'est-ce que ça veut dire?
Simplement que la base de l'éducation se joue dans la famille! Et que par conséquent, s'il manque ce socle fondateur, il est illusoire d'attendre un édifice solide...
23 réponses
C'est rarement de la démission volontaire, attention!
C'est parfois bêtement la vie (qui peut être chienne) qui veut ça...
Et, parfois aussi, le "manque de repères" pour les parents eux-mêmes (repères anciens = leur propre vie; repères actuels = les autres parents, la "société", etc...)
Si tout se joue dans la famille, pourquoi la société ne permet pas de donner aux parents-travailleurs des horaires plus flexibles afin de donner un maximum aux enfants cet édifice solide!
Vous posez un problème de fond. Il faudrait une société qui soit aussi soucieuse d'éducation que de rendement et de performance immédiats. Mais chacun vit au jour le jour, sans réfléchir Pourtant c'est essentiel. Si on ne retourne pas à la possibilité d'exercer l'éducation, la société va dans le mur. Pourtant la société de demain ne vivra que de ceux qu'elle éduque aujourd'hui... Mais on préfère consommer à outrance. Des fora comme celui-ci, il faudrait en noyer les responsables politiques. Et ne pas soutenir ceux qui ne se préoccupent que de prestige de fonction. Est-ce seulement possible ?.
"La société", c'est qui? Est-ce que les parents ne font pas des choix dans ce qu'ils acceptent sur le plan travail?
Bien sur il y a des parents qui n'ont pas beaucoup de choix. Mais il y a trop de parents qui veulent tout: des enfants, une belle maison, une bonne carrierre... et j'ose dire, tout simplement, qu'ils font des mauvais choix. Mieux d'avoir une maison plus modeste, moins de vacances, une plus vieille voiture, pas les gadgets et vetements derniers cri.... mais, par contre, avoir le temps et l'energie de s'occuper de ses enfants et leur scolarité. Epictete le disait: Veillez que vos enfants soient bien instruits plutot que riches, parce que quand on sait très peu, a qoui bon la richesse?
L'ecole pourrait aussi jouer un rôle plus important dans l'éducation. Elle a un gros avantage : elle est obligatoire.
C'est effectivement, à mon sens, une des pistes à creuser. Il suffit de voir, à cet égard, ce qui se passe en Scandinavie, avec les résultats (scolaires mais pas seulement) que l'on sait... La redéfinition politique de l'enseignement concerne donc aussi d'autres domaines que l'enseignement lui-même!
Il est intéressant en effet de voir ce qu'il se passe dans d'autres pays. Il y a certainement vous avez raison de très bonnes idées à reprendre ou à adapter.
Il est clair que, sauf exception, le succès est favorisé par la complémentarité parents - école. Le risque de ce forum ( à mon âge : 73 ) est de tomber dans le passéisme.
Jamais mon père n'aurait désavoué un professeur devant moi, quitte a avoir avec celui-ci un débat singulier.
C'est élémentaire.
Je suis entièrement d'accord avec la fin de cette intervention: nous connaissons tous des histoires où des parents réprimandent (qu'en termes délicats ces choses-là sont dites...) un professeur en présence de leur progéniture.
Comment espérer, après ça, que l'élève respecte son professeur?...
... Comment ne pas favoriser chez l'élève, ainsi "couvert" par ses parents, un sentiment d'impunité face à son enseignant?
J'ai toujours eu, face à mes enfants, le même discours: "Dans sa classe, le professeur a toujours raison", même si parfois j'étais en désaccord avec celui-ci...
... et que je le lui faisais savoir (ou à sa direction) de manière à la fois respectueuse et ouverte, dans un communication inter-personnelle, sans témoin. Les enfants suivent (toujours?) l'exemple de leurs parents: si ceux-ci marquent du respect pour le corps enseignant, ceux-là en marqueront aussi
(Sans vantardise.) Notre fils a un problème d''échec relatif en 5ème humanités. Après débat, nous donnons carte blanche absolue à M. D. professeur.de 6ème. Ce fils ( 44 ans) est ingénieur-cadre-supérieur chez Arcelor à Luxembourg. Il dit lui-même qu'il doit ce succès de trajectoire à ce monsieur D.
Ce n'est pas seulement une chance. Nous avons pu avoir une relation harmonieuse avec nos gosses dans le schéma du respect des droits et des devoirs de chacun. Le plaisir et le travail ne sont pas incompatibles. Et le prof a toujours été celui qui sait devant celui qui ne sait pas ( encore )
La profession d'enseignant est déconsidérée alors qu'elle est un pilier social. Comme partout, il y a des défaillances. Il faut avoir du coffre pour poursuivre, Comme cet ami profeseur qui avait sanctionné un élève. Reçu dans le bureau du Directeur avec des parents, ils étaient cinq à l'insulter.
Une des clés, revendication ancienne de la profession, quel que soit le niveau où ils professent, est effectivement la revalorisation du métier d'enseignant.
Ca attirerait d'abord plus de candidats.
Et, du coup, le choix se ferait réellement sur les qualités (expérience, pédagogie, etc...) des postulants, et non plus par défaut comme c'est parfois le cas aujourd'hui.
Car, bien sûr, il faut aussi pouvoir le dire, il y a des gens qui n'ont (plus) rien à faire dans l'enseignement...
Mais le déficit est tel que les directeurs sont bien obligés de prendre ceux qui se présentent...
(Et ce n'est pas une exclusivité de l'enseignement... Tous les secteurs qui sont en manque de candidats sont confrontés à ce problème: les exigences de l'employeur baissent!)
Et, aussi, les exigences en termes de formation baissent aussi!
Les services hospitaliers déplorent de voir arriver des infirmiers/ères fraichement émoulus auxquels/elles il faut apprendre le métier...
D'autant mon cher Monsieur que si ne niveau baisse - ce qui est du simple nivellement par le bas - dans le secondaire, le supérieur n'a aucune envie de céder à la tendance. J'ai le bonheur d'avoir une fille qui - au-delà d'être un ange - est Maître de Recherches FNRS et chargée de cours à l'Ulg depuis 18 ans. Elle m'assure que si cela contnue ainsi, on comptera toujours plus de cadavres en fin d'année, impitoyablement. L'Unif n'a pas d'objectifs de performance en termes de réussite. Elle m'assure que seulement 40 % des étudiants ( pour les deux sessions ) ont leur chance dans sa discipline. Et alors la mentalité parfois ! Deux exemples pour rire : - Lors d'un examen : "Madame, vous ne voudriez pas changer de question ? Je n'ai pas eu te temps de voir ce chapître..." - Un courriel reçu par ma fille : "Madame ! Vous m'avez fixé pour mon examen le mardi 17 à dix heures. Je préfère l'après-midi. On dira quinze heures ? Juré vrai ! Croix de bois, croix de fer...si je...
C'est que, là aussi, pour pallier au déficit, les écoles sont "priées" d'envoyer un max' d'étudiant(e)s au turbin dans le délai le plus court possible (en évitant donc au maximum les redoublements et donc en baissant un peu la difficulté des cours et/ou examens...).
le niveau des études secondaires est "pris en charge..." par le gouvernement...D'où le beau "concept : "école de la réussite". L'essentiel est que l'élève ne soit plus à charge...En cas de poursuite en supérieur : les parents financent les 1ers échecs universitaires>
>< nivellement par le bas. Pour moi la base d'une éducation : règle des 3 R : responsabilité des ses actes,respect de soi, respect des autres. Donnez un message clair à nos enfants : offrir un cadre de référence...Et le reste suit au niveau des valeurs.


Cela me semble très juste. Il y a dans certains cas démission des parents.