Revaloriser l'enseignant... Ou cesser de lui nuire ?
Publié il y a 8 mois par Jamfredo dans Autorité, quelle recette miracle? .
Le 2 juillet, j'ai écrit (en vain, toujours pas de réponse concrète à ma proposition) à 5 partis politiques. Je leur expliquais que j'étais conscient qu'il fallait revaloriser l'enseignement mais que nous augmenter n'était pas (alors que nous étions AVANT les élections et que plusieurs partis, dont le CDH qui est actuellement ersponsable de l'enseignement, en parlaient) LA solution et qu'il existait beaucoup de moyens de nous rendre notre autorité et surtout notre réputation (c'est lié) de façon moins onéreuse.
Par exemple, des lois interdisent de confisquer plus d'un jour le bien d'un élève et obligent à lui restituer ce bien pendant les récréations, cette loi est pour moi sacandaleuse et je m'explique:
1) Cela interdit toute sanction puisqu'on ne peut confisquer l'objet que pendant une période où l'élève est de toute façon supposé ne pas l'avoir.
2) En plus d'être antipédagogique, c'est anti-éducatif : beaucoup de jeunes sont dépendants de leur GSM et souffre presque physiquement de ne pas l'avoir sur eux en permanence et en interdisant de les en priver dans la cour, on renforce ce repli sur soi (on ne se parle plus que par message en semi-français ou téléphone) cette dépendance psychologique et qui induit une surexpositioon à des ondes dont la dangerosité est de plus en plus souvent évoquée malgré les pressions de lobbies (GSM et informatiquse) ...
3) Enfin cela nous condamne à devoir parfois perdre 3 fois 3 minutes à un cours pour les confisquer (car ils ne sonnent pas tous en même temps) ce qui fait près de 10 minutes sur un cours de 50, moins le temps de passer d'une classe à l'autre, de remplir le journal de classe, de prendre les présences et de reprendre ou distribier des feuilles. Doit-on se donner la peine de commencer un cours si en plus on est interrompus par des arrivées tardives ou autre détail et qu'il nous reste moins d'un quart d'heure et qu'à 5 minutes de la fin les élèves commencent ostensiblement à ranger pour ne pas perdre 10 secondes de récréation ?????
4) Imaginez la perte de temps si ce "cirque" ce reproduit tous les jours ? Sans compter que lorsqu'un droit est acquis, l'humain en veut toujours plus. J'ai déjà vu plusieurs fois (et pas dans le spécialisé) des élèves qui se lissaient les cheveux en classe pendant l'intercours et qui "devaient bien terminer" quand j'entrais en classe!!!!!
(Prochaine étpe l'épilation ??? Je ne pourrai entrer que quand elles auront fini ?)
5) le prétexte ministériel est je crois, "que les parents puissent communiquer avec leurs enfants en cas d'urgence". Je signale 2 détails importants : premièrement, en cas de vrai urgence, nous sommes aussi équipés de GSM à l'école et même, d'appareils semblables à des GSM mais qui n'envoient pas d'ondes car reliés à des files par un ingénieux système (on lse appelle des postes fixes) et deuxièmement, j'entends plusieurs fois chaqe année (et pas dans le spécialisé) des parents appeler leurs enfants pendant les cours pour demander (échantilon représentatif)
a) comment se passe la journée ?
b) s'il sait ce qui passe le soir à la télévision (ça j'avoue, une seule fois mais je la trouvais formidable...)
c) s'il peut acheter ceci ou ça en sortant de l'école ?
d) à quelle heure il termine ? (pas de prof absent ? Oh, zut, j'aime mieux quand tu finis plus tôt je vais encore devoir passer chercher Logan moi-même...)
e) s'il a pensé à donner à Monsieur les papiers pour l'argent (traduction : "As-tu demandé à ton professeur pendant le cours, de s'adresser à ta place à la personne responsable pour te fournir les documents te permettant de recevoir une aide financière pour payer tes frais scolaires de 60 € qu'on n'a pas payé l'année dernière et qu'on nous réclame avec de plus en plus d'insistance apès que nous ayons pu fournir dans la semaine 150 euro pour t'offrir un voyage à Eurodisney ?" et "Comment a réagi cet abruti ? Il a immédiatement quitté a classe pour traiter ta requête en priorité j'espère?"
En conclusion, pourquoi ne pas permettre aux enseignants de confisquer de plus en plus longtemps en même objet en cas de récidive et obliger les paernts à venir le récupérer chez l'éducateur (car théoriquement, ce sont eux les premiers éducateurs ???) Voire interdire tout bonnement certains objets à l'école et les confisquer systématiquement jusquà ce que les parents viennent les cherches (la première fois) et renvoyer l'élève chez luila prochaine fois ?
Le débat est lancé!
9 réponses
Et celui qui, 20 ans bientôt, demande (à l'intercours, encore heureux!), s'il peut "aller faire caca". C'était vendredi. C'était tout de même un peu trop, même pour moi!
Oups, j'ai laissé quelques erreurs orthographique, la pire : "si ce cirque Se reproduit", vous aurez corrigé spontanément mais l'immobilisme de nos politiciens sur des points comme celui-ci m'énerve tellement que je m'emballe et voilà le résultat...
Il faudrait que les profs distribuent cette adresse à leurs collègues pour que nos propositions soient lues, qu'elles reçoivent de nombreux votes et qu'on puisse leur demander leur avis sans qu'ils feignent de l'ignorer! Ces questions ne leurs sont jamais posées! Si un journaliste me lit...
Cette thématique semble vous faire réagir. Je vais choisir cette contribution pour en parler dans la Libre Belgique du lundi 30/11, faites passer le message!
PFFF... On ne découvre les règles du jeu dans lequel nous jouons qu'au jour le jour...
Témoignage sur le GSM : une élève (très correcte en cours habituellement) n'arrête pas de pianoter sur son GSM. J'ai beau lui demander d'arrêter... cause toujours! Puis, elle met son GMS à charger TOUT PRES DE MOI! Je continue mon cours imperturbable, les autres élèves lui disent : "elle va te le prendre" et biensûr, je le prends! Elle saute sur moi et comme je refuse de le lui rendre... elle me baffe!
Je lui dis qu'on va aller voir la direction ensemble et à 16 H 15, j'arrive à la direction avec la fille et la mère qui a été prévenue illico presto.
Rencontre chez la sous-directrice : explications, elle reconnait l'avoir utilisé, elle reconnait m'avoir baffée, la mère reconnait que sa fille ne supporte pas la moindre remarque mais dit qu'il s'agit de son GSM à elle, sa mère, et qu'elle doit le récupérer...
J'ai beau dire à la mère que sa fille a dit qu'elle venait de le recevoir pour Noël... Tenez-vous bien, le GSM a été remis à la mère dans l'heure!!!
Sanction pour l'élève : un jour de renvoi!!!!
Autant vous dire que j'ai craqué : une si petite sanction pour avoir giflé son professeur... Le lendemain j'étais en larmes devant la direction et la sanction est passée à trois jours.
Allons plus loin... J'ai fait une légère dépression suite à ça et mon médecin a décidé qu'il s'agissait d'un accident du travail.
La même sous-directrice a omis, dans la déclaration d'accident, de mettre des témoignages (elle a mis : pas de témoins) et la Communauté française a refusé la déclaration d'accident... J'ai encore du aller me plaindre à la direction qui, entre-temps, avait fait témoigner les élèves majeurs... ouf!
La sous-directrice a prétendu qu'elle n'était pas sûre que j'avais vraiment subi ce dommage... Dans quel jeu jouons-nous???
Etre prof est non-seulement exigent mais on ne nous donne pas les moyens d'être efficace. La Maman-copine que vous décrivez est la même que celle dont je me plaignais dans un autre article.
Elle n'éduque pas sa fille, n'est pas sanctionnée et on vous empêche de le faire. Dans le privé les horaires sont plus lourds (souvent) mais votre patron ne vous empêchera pas de bien bosser... (Ou alors il est un peu fou!)
Pour moi, le privé c'était le bonheur : on est respecté et surtout, on laisse son travail au bureau!!! Depuis que je suis prof, je pense à mon boulot tout le temps, même quand je suis devant la télé, je pense à "ça"! Parce que j'ai à coeur de résoudre les problèmes. C'est à y perdre sa santé mentale... ce qui arrive bien souvent!
Je viens de rentrer du boulot à 19 heures 15 (j'avais pourtant fini à 13 H 45 aujourd'hui et j'habite à moins de vingt minutes à pieds de l'école) mais je e suis lancé dans la rédaction de 52 (précisément) lettres personnalisées pour un projet parrainage pour nos élèves. Quand je suis arrivé en classe 3 minutes après la sonnerie ce matin, une des plus fainéantes a eu le toupet de me demander ce que je "glandais". Quand je lui ai parlé du projet et des lettres (dont elle devait initialement elle-même en écrire une il y a plus d'un mois) elle m'a demandé "quel projet". Les élèves plus malins m'ont dit qu'ils ne comprenaient pas pourquoi je me démenais autant pour eux. Je leur ai dit que tant qu'à faire de passer 30 heures (minimum) à bosser pour l'école chaque semaine, autant passer 50 heures mais que ce soit utile et que je me sente valorisé par mon job. Etre enseignant devrait être une vocation, si on le fait juste pour être tôt chez soi, c'est triste pour le prof ET pour les élèves. Ils semblent avoir compris mais leur motivation s'étiolera d'ici lundi, aucune illusion... et de plus en plus de difficultés à rester motivé!!!


Il y a aussi ceux qui se mettent du déo devant tout le monde en levant bien haut la chemise; celles qui se font les ongles en classe; ceux qui ne répondent qu'à leurs pulsions ("j'ai envie", "j'ai pas envie", plus souvent "j'ai pas"); ceux qui n'ont jamais une feuille ni un bic mais un GSM à 300€.