Se concentrer sur des domaines précis
Publié il y a 8 mois par Charly dans Ecole de l’échec ou école de la réussite ? .
Le constat:
Notre modèle éducatif est bon, mais il pourrait être meilleur. En effet, notre enseignement se concentre actuellement sur une éducation des bases en général... C'est intéressant, mais on constate que certains élèves très doués dans un domaine, n'exploitent pas assez leur talent.
Ce que je propose:
La mise en place d'un système de cotation différencié, c'est-à-dire qu'un élève fixerait qu'un cours à une grande importance, d'un autre à une importance moyenne et qu'un troisième aurait une importance faible.
Ce système fonctionnerait donc grâce à la pondération.
L'exemple concret (N°1):
L'élève A (très doué dans le domaine des langues et en géographie, mais limite dans le domaine des sciences naturelles) serait propriétaire d'un ensemble de crédit de 100 points, qu'il pourrait répartir entre ses différents cours. Imaginons la répartition suivante:
- Langue Moderne 1 Anglais: 25 points
- Langue Moderne 2 Néerlandais: 25 points
- Géographie: 10 points
- Mathématiques: 10 points
- Français: 10 points
- Option (Latin/Grec/Sciences sociales): 15 points
- Sciences naturelles (3h): 10 points | Sciences "fortes" (7h): 25 points / Mais pas d'option)
- Religion: 5 points
- Histoire: 5 points
Ce système de répartition serait libre, cependant les "gros" cours ne doivent pas être inférieurs à 10 crédits (à savoir: Mathématiques, Français, LM1, (LM2), (Option/Sciences "fortes). De plus, le minimum octroyé dans les autres cours ne doit pas être inférieur à 5 crédit.
Observation:
L'élève A à choisi de se concentrer sur les langues et la géographie (60/100). Ses "talents" représentent donc, 3/5 de ces crédits.
L'exemple concret (N°2):
L'élève B (très doué dans le domaine des mathématiques, mais très mauvais dans le domaine des sciences naturelles et du français) serait propriétaire d'un ensemble de crédit de 100 points, qu'il pourrait répartir entre ses différents cours. Imaginons la répartition suivante:
- Langue Moderne 1 Anglais: 10 points
- Langue Moderne 2 Néerlandais: L'élève B n'a pas de LM2
- Géographie: 10 points
- Mathématiques: 35 points
- Français: 10 points
- Option (Latin/Grec/Sciences sociales): 10 points
- Sciences naturelles (3h): 5 points | Sciences "fortes" (7h): 25 points / Mais pas d'option)
- Religion: 10 points
- Histoire: 10 points
Observation:
L'élève B à choisi de se concentrer sur les mathématiques (35/100). C'est moins que l'élève A, mais ici l'élève B ne se concentre que sur un cours.
Conclusion:
L'élève A reçevra des points dans chacuns de ses cours... Mais le cours d'anglais représentera 1/4 de la globalisation de l'année. En corollaire de ce système, l'élève passerait dans l'année supérieure ou non, uniquement grâce à sa globalisation, qui ne pourra être inférieure à 60%.
60% représenterait une difficulté supplémentaire par rapport au système actuel (50%), mais l'élève aurait plus de facilité à atteindre cet objectif. De plus il serait spécialisé dans un domaine, qu'il pourrait exploiter au maximum lors de ses études supérieures.
28 réponses
Je vous suis quand vous trouvez le système surtout pratique, voire motivant. Mais ne tombons pas pour autant dans un risque "d'inculture générale" Quand j'étais jeune, on faisait des humanités gréco-latines. Et pour entrer à l'Université comme candidats - ingénieurs, il fallait "faire" une année de "mathématique spéciale" supplémentaire. Je ne veux pas faire dans la nostalgie, mais je vous avoue que ceux qui avaient fait les humanités gréco-latines, on les reconnaissait sans devoir leur demander leur parcours La performance dans un domaine ! Oui ! Mais que cela ne déconsidère pas la culture générale ! L'humanisme y trouve mieux son compte...Qu'il n'en paye pas le prix ! De grâce ! On en a besoin aujourd'hui comme de pain !
L'idée est en effet assez lumineuse.
Sauf si les élèves s'enferment dans (ce qu'ils croient être) leurs forces au lieu de développer leurs faiblesses... Or, un des rôles de l'enseignement est, je crois, d'assurer un développement aussi "multi-axial" que possible...
ok pour le multi-axial.
Mais en fin de rhéto, à quoi ça sert de recaler un élève qui a un échec en math, physique, bio en lui mettant des examens de passage s'il se destine à des études de droit?
Je déplore qu'il y a ait une profonde inadéquation entre la scolarité dans le primaire et secondaire, d'une part, et le supérieur ou le milieu professionnel.
Je m'explique : les étudiants à l'univ choisissent leurs cours et répartissent les crédits. Dans le milieu prof, les travailleurs sélectionnent les formations en fonction de leurs besoins.
En bref, dans la vie réelle (car l'école n'a rien de réel), les individus mettent en place des stratégies et sélectionnent, laissant de côté des pans entiers de formations ou de connaissances.
De plus, l'humanisme, qui est à l'origine de cette volonté d'avoir un large éventail de connaissance, est apparu à une époque où le volume des connaissances étaient de l'ordre du millionième du volume actuel. Cela a-t-il dès lors encore un sens?
Exemple concret: pendant toutes ses humanités, ma fille se destinait à l'enseignement primaire. En rhéto, elle a abandonné cette idée.
Avec le système préconnisé par Charly, elle aurait axé ses 6 années sur un projet qui, au final, n'a pas abouti...
Ce commentaire de Beniot C te répondait d'avance Phoebus : plus on est jeune plus on peut changer d'avis donc plus on doit diversifier ses connaissances, on sélectionne petit à petit. Tu choisis déjà une, deux ou trois langues étrangères (et celle(s) de ton choix) en secondaire, tu peux bifurquer dans des domaines plus ciblés (technique où tu aurais plus vite une formation ciblée et un boulot garanti dans des études comme "électro-mécanique", créneau super porteur ou en professionnel avec également une formation hyper-ciblée et un boulot rapide (soudure, restauration, sont des formations super porteuses et la couture, vu le petit nombre d'élèves qui suivent cette filière et l'envie des gens de s'habiller pour pas cher, va redevenir une formation clé pour les années à venir, il n'y a qu'à voir la vitesse à laquelle "nos filles" trouvent du boulot!
De plus, on sait qu'il est difficile pour beaucoup de rhétoriciens de choisir la suite du parcours.
Un système tel que celui proposé par Charly poserait le même problème, mais bien plus tôt, non?
J'y vois aussi le risque de s'enfermer dans un certain type de formation, et donc de s'auto-limiter pour la suite.
Une sorte d'auto-déterminisme, alors que l'enseignement vise justement à donner le maximum de potentiels...
Mais je reconnais qu'il y a de l'idée là dessous...
Surtout parce que, comme le souligne Thewitch, ça a l'avantage majeur de motiver l'élève et de lui donner confiance en lui-même.
Or, on sait aussi que l'échec (ou la dévalorisation) appelle l'échec et que la réussite (ou l'appréciation) appelle la réussite...
Exemple perso:
J'étais très moyen (euphémisme) en néerlandais jusqu'au jour (tardif) où un prof m'a dit "Mais tu te débrouilles pas mal, dis donc! Et tu as un bon accent!".
Et, du jour au lendemain, mes résultats sont passés du rouge au vert! Ce qui, trente ans plus tard, m'a "sauvé la vie"...
Par rapport au fait que l'échec appelle l'échec, je ne suis pas d'accord. Je pense que c'est avant tout une question de volonté. Lorsque je rate une interrogation, je me dis que c'est entièrement de ma faute, je n'avais qu'a étudier mieux, et effectivement, un peu d'étude, et ça marche.
De plus, je pense que l'école est là pour responsabiliser l'élève, et le fait que l'élève choisisse ces cours est le meilleur moyen pour le rendre responsable. De cette façon, il pourra voir les conséquences d'un acte, et donc il comprendra l'importance de la réflexion.
Okay, je veux bien admettre qu'il y aura des Charly's pour réagir comme ça...
Mais pour un Charly, combien y aura-t-il d'élèves qui choisiront le parcours le plus facile (voir expérience catastrophique du rénové...)?
Ayant fait un sondage auprès de mes élèves, pas mal sont intéressés (et je suis certain que la très grande majorité d'entre eux sont sincères).
C'est une idée qui mérite d'être creusée
A Benoît C, si on imaginait que cette pondération de quotes ne porterait que sur certaines matières en assurant tout de même des crédits minimaux sur les matières de base, on réduirait le risque de voir l'enfant ne pas développer les matières où il est faible.
A Benoît C, si on imaginait que cette pondération de quotes ne porterait que sur certaines matières en assurant tout de même des crédits minimaux sur les matières de base, on réduirait le risque de voir l'enfant ne pas développer les matières où il est faible.
Un autre avantage, on pourrait identifier dans quelles matières un élève se trouve bon ou mauvais et l'aider justement en fonction de ces faiblesses et de ces forces! Je pense que le prof n'a pas tjs le temps de se rendre compte de ça chez chaque élève!
De toute façon, mon système prévoit une sécurité, les "gros" cours doivent chacun représenter au moins 10 crédits. Donc un élève qui boycotterait en masse se retrouverait quand même pénalisé.
Oui, j'adore ton système, d'autant plus que l'élève aurait 15 jours en début d'année pour rendre sa "pondération de ses cours" et qu'il pourrait changer cette pondération d'une année à l'autre (pour éviter "l'auto-déterminisme de Benoit C.") J'aime aussi beaucoup le fait de passer à 60% le minimum.
Perso, je trouve cette réforme meilleure que la majorité de celles proposés par nos ministres! Il reste des détails à repréciser, renégocier, certains élèves comprendraient difficilement ces pondérations (mais ceux-là ne comprennent pas non plus formatif, certificatif, etc...) mais j'adhère...
Et je tiens à te féliciter pour cette idée formidable qui prouve que certains jeunes cherchent non pas juste à réussir mais à apprendre et à se former au mieux. J'espère que ce forum te permettra d'être lu et analysé en haut lieu.
Voilà une idée originale et basée sur les goûts de chacun. Cela peut être très stimulant pour certains élèves et créer - qui sait ? - une émulation positive. Seul problème (technique) : comment faire apparaître cela sur le diplôme ?
Petite remarque supplémentaire, il faudrait prévoir, comme en supérieur, des cotes d'exclusion. Etre un gymnaste brillant ne sert pas à grand-chose pour la majorité des gens mais accumuler toute l'année des 0 en séchant TOUS les cours et réussir haut la main est indécent! (Pareil pour religion etc)
J'aime beaucoup cette proposition. Elle permet à l'élève de mettre en place de véritables stratégies pour réussir et en fait l'acteur premier de son apprentissage. Etant prof en 3eme secondaire, je constate, malheureusement, que les élèves subissent leur vie. A eux de se la ré-approprier !
Bonjour, je ne partage pas votre avis, je pense que les jeunes ne subissent pas leur vie, ils subissent l'école qui est obligatoire et leur est de moins en moins adaptée. Quel enfant oserait à 15 ans dire à ses copains en 4 ème secondaire "moi plus tard je veux être carrossier?". A contratio, les conseils de classe orientent les élèves sans leur donner la possiblité de s'expliquer; beaucoup d'écoles sont convaincues d'offrir le meilleur aux élèves alors qu'elles n'enseignent plus, qu'elles trient, cf constante macabre. Et l'administration n'écoute ni les enseignants qui veulent travailler, ni les parents qui sont loin d'être démissionnaires, ni les élèves qui ont pourtant beaucoup de choses à dire. En fait, c'est comme le réchauffement climatique, on sait que ça ne va pas, on sait qu'il faut faire quelque chose, on voit nos politiques faire des petites réformettes. Et en attendant, ça continue à s'aggraver.
Quelle magnifique idée. Enfin l'enseignement qui s'adapte à l'élève et non l'inverse! Mon fils dyslexique adore les math et la physique... il finit sa rhéto en ... sciences sociales. Pauvre enfant qui préfère les courbes et les calculs à la lecture. Comment ne pas s'ennuyer à l'école?
Tous les parents ne sont pas démissionnaires, tous les élèves ne subissent pas l'école mais il y en a (comme il y a des profs qui "subissent" leur journée de cours.) Le problème c'est qu'on rassemble ses jeunes et ceux qui ont ces parents dans ce qu'on considère (on = nos politiciens, même s'ils s'en défendent) comme des filières pour débiles. Du coup ces filières deviennent réellement, "des filières pour débiles" puisqu'on trie les jeunes dans ce but. Et celui qui comme vous le dites, souhaiterait devenir carrossier n'osera jamais en parler... LA HONTE, le professionnel...
Bonjour, j'ai transféré votre proposition sur la boîte email de Mme Simonet (ministre de l'enseignement)...On verra bien si vous recevez un retour...


Cette idée est géniale et tout à fait révolutionnaire! Je la trouve très encourageante pour des élèves qui auraient ainsi la satisfaction de performer bien dans certaines branches, ceci leur donnant énormément de confiance en eux pour aborder les autres!