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la-dyslexique

SOS d'une maman de dyslexique

Publié il y a 5 mois par La dyslexique dans Ecole de l’échec ou école de la réussite ? .

Les aménagements prévus pour les épreuves du CEB ne me réjouissent qu'à moitié. Trouble d'apprentissage ou handicap scolaire, comme on veut, le traitement apporté par la ministre est consternant : l'aménagement lors du CEB est un aménagement lors de l'évaluation ET NON DE L APPRENTISSAGE , pourtant la dyslexie semble être définie comme un trouble de l'apprentissage. 
 
Il faut replacer l'objectif du traitement si on veut être qu'il soit adéquat : c'est l'apprentissage, c'est l'école au quotidien qui doit être aménagée. Le myope a droit à ses lunettes aussi quand il n'y a pas d'examen.
 
En secondaire, par empirisme, je constate :
- on a besoin de manuels scolaires car on n'en sort pas avec les feuilles volantes souvent à la limite de la lisibilité tellement elles ont été photocopiées + on a besoin d'un SOMMAIRE , certains cours sont impossbiles à gérer
- il ne suffit pas de noter "manque absolu de travail" il faut une explication de l'échec, dans le cas de mon fils, l'examen de bio était irréalisable (3 experts l'affirment et tous les élèves ont échoué, même ceux qui ne sont pas dys), en math il réalise toutes les compétences, il fait des fautes de signes = fautes de recopiage . Il suffit de laisser plus de temps pour diminuer le stress, il n'y a plus de fautes de distraction
- Permettre aux parents d'analyser les copies des épreuves car ils connaissent le handicap de leur enfant (parent ou thérapeute)
- il ne suffit pas de faire doubler pour "n'a pas les compétences requises : le conseil de recours doit vérifier s'il n'a vraiment pas les compétences car faire redoubler un dys qui est compétent mais qui est gêné par son handicap EST UN MASSACRE.
- Susciter le partenariat parent-école : le dys n'a pas ou peu de mémoire de travail, juste vérifier qu'il a noté le travail qu'il doit faire dans son JDC... parce que 1 fois sur 2 il oublie de le noter. ça coûte rien, juste un peu d'humilité, un peu d'humanité, un peu d'écoute de l'autre. (plutôt que répondre "oui mais si je dois faire ça avec tous les élèves..." ou pire "oui mais à l'unif, il n'aura plus personne pour le faire...")
 
 Solutions pas chères et faisables, bien en adéquation avec la notion d'apprentissage :
 
DES MANUELS SCOLAIRES
 
LA CONCERTATION AVEC L ECOLE
 
C'est moins cher que créer un type 8 pour le secondaire.
 
Depuis lundi, on nous parle d'une étude qui met en évidence que notre système scolaire est le plus discriminatoire (42%) en tête d'un point de vue mondial, juste après je ne sais plus lequel 45% et le Mexique 50%
 
La personne envoyée par Madame Simonet à Paris (on faisait aussi un colloque très intéressant lundi à Bruxelles) comprend-elle l'anglais? Car on y a parlé D INCLUSION  ET NON  D EXCLUSION   DU DYS
 
 
Mère, épouse et belle-fille de dys, qui peut aider mes futurs petits enfants en CF de Belgique?  Je n'aurai jamais la force de recommencer tout ça avec eux, et j'aimerais épargner toutes ce souffrances à mes enfants qui seront devenus parents
 
SVP Réagissez!

12 réponses

mira

D'accord globalement avec vous. Mais ne soyons pas négatifs: les aménagements du ceb sont un 1er pas vers la reconnaissance de la nécessité des aménagements lors des apprentissages (la circulaire les mentionne d'ailleurs explicitement). Espérons que ce texte fasse évoluer les mentalités. Bien sûr, en tant que parents, c'est quand nos enfants sont confrontés aux problèmes que nous espérons des solutions et pas dans 10 ans! Actuellement, nous négocions au coup par coup, dépendant de la compréhension de l'enseignant et de la pédagogie de l'école...A souligner: le nouveau décret "inscription" ne garantit pas à un DYS l'accès à une école soutenante si une telle école n'existe pas à proximité. Au contraire; le critère "proximité" sera un obstacle à l'accès de l'enfant Dys, issu de l'enseignement ordinaire, à une pédagogie adaptée à ses difficultés.

neige

Hello. Je suis dylexique également, et je comprends PARFAITEMENT que vous angoissiez pour vos petits enfants. D'autant que l'apprentissage de la lecture se fait maintenant en "capitals-mots", ce qui n'est rien d'autre que... la méthode globale, terreur des dyslexiques! Mon conseil; utilisez vous-même une méthode syllabique pour les dyslexiques (Riatout par exemple, c'est ce qui se fait de mieux) pour rattraper les erreurs, ou prévoyez un soutien auprès de logopèdes (mais ça, c'est beaucoup plus cher!!!!)

la-dyslexique

C'est en secondaire que les problèmes commencent. Si en fondamental je peux rencontrer l'institutrice facilement (il n'y en a qu'une, et je la vois quand je vais chercher les enfants à l'école), il n'en est pas de même dans le secondaire : 4 réunions par an, une dizaine de prof différents : les rencontrer tous est une mission impossible, les files d'attente dans les couloirs sont telles qu'on en rencontre au maximum quatre. Lorsque j'ai demandé s'il était possible de vérifier que l'enfant note bien les consignes de travail au JDC, on m'a répondu que c'était impossible : en secondaire, ils sont grands. Quant aux notes de cours..... combien de photocopies ai je recopiées?
Pourtant c'est tout ce dont j'ai besoin : les consignes de travail et les notes, pour refaire l'école à la maison, parce qu'en classe, le trouble d'attention est identifié comme de la désinvolture. Largué dans son monde sur les bancs du fond, il dessine, il aimerait écouter mais il n'entend plus, le prof ne le voit plus, pire : le prof ne l'aime plus.. A la maison, c'est avec bienveillance, en le regardant, en le laissant dessiner s'il en a besoin que la leçon est ré expliquée, et bien souvent, je remarque que même au fond de la classe, il a entendu, compris, retenu.

la-dyslexique

quant à l'évaluation ... permettez-moi de vous recopier un extrait de la pièce magnifique que j'ai vue à l'AWIP vendredi dernier :

Extrait de « La vie entre les mots », une pièce de Benjamin Cognet, dyslexique et écriveur de livres.

Scène 2 : le grand-père, le petit fils en vidéo

Le grand-père : ça y est ? on peut y aller ?

La web cam du petit-fils est placée de façon à ce qu’on voie dans la chambre, avec les deux seaux, le premier rempli de balles de ping-pong et le deuxième vide.

Montre-moi si tu as bien marqué les balles de ping-pong et le seau…

Le petit-fils montre à la caméra les trois balles de ping-pong sur lesquelles sont inscrits des ordres comme « leçon de français », « leçon de math », « ranger sa chambre ». Le grand-père lit à voix haute, au fur et à mesure. Il montre aussi le seau troué sur lequel est écrit « tête d’un dyslexique ». L’enfant suit les indications du grand-père au fur et à mesure que ce dernier les donne.

Ton seau représente la tête d’un dyslexique… et chaque balle de ping-pong un ordre, une donnée pour ta tête.
Tu vas mettre une balle de ping-pong dans le seau qui représente ta tête.

(Le petit-fils, vidéo : attends, pépé, je mets les hauts-parleurs)

Cette balle met un moment puis finit par sortir par le trou. L’information a été comprise et digérée par le cerveau.
Maintenant, mets-en deux. Cela va moins vite pour que les deux informations soient gérées en même temps. Puisque le trou n’a la taille que d’une seule balle de ping-pong, les informations ne peuvent être gérées que l’une après l’autre.
Et maintenant, renverse complètement le seau de balles de ping-pong dans le seau troué. Tu vois, toutes ces informations en même temps bouchent le trou et débordent du seau.

Voilà ce que moi, dyslexique, je ressens lorsque je suis soumis à plusieurs ordres à la fois. J’ai l’impression que ma tête va exploser et que toutes les balles de ping-pong vont se répandre sur le sol. Cela me stresse et m’empêche de gérer les informations les unes après les autres.

la-dyslexique

L’examen de biologie de ce gamin en cinquième secondaire en juin 2008 commençait par un QCM
- Sur la première balle de ping-pong : répondre au questionnaire suivant, attention chaque case du tableau vous rapporte 2 points si tout est correct, 1 point si incomplet, 0 si réponse incorrecte.
- Sur la deuxième balle : il faut recopier dans le tableau les lettres qui correspondent aux réponses des numéros des questions
- Sur la troisième balle : QCM plusieurs réponses possibles, on peut donc noter plusieurs lettres dans les cases
- Sur la quatrième balle : dans les trois premières questions, notez la ou les affirmations inexactes
- Sur la cinquième balle : à la question 4 il faut changer, il faut noter ce qui est exact
- Sur la sixième balle : il y a 16 questions, mais il n’y a que quinze cases dans le tableau… je n’ai sûrement pas bien compris une des consignes, je dois recommencer au début.

La septième balle, première question ouverte de l’examen, « Placez les éléments majeurs suivants » a été traitée « classez les éléments majeurs suivants », l’élève n’a même pas vu le schéma sur lequel il fallait « placer » ces éléments : complètement désorienté, le vertige a fait tomber de la feuille ce qui était noté du côté droit. C’est un symptôme classique de décompensation dyslexique.

Cette épreuve n’a pas évalué les compétences en biologie de cet élève, elle a évalué sa capacité à comprendre et exécuter plusieurs ordres en même temps, elle a donc évalué la capacité de cet enfant à compenser son handicap de dyslexie.
Elle n’a été montrée ni aux parents, ni à l’élève en juin, le professeur était absent à la réunion des parents, les copies étaient déjà « archivées ».
En septembre, l’élève a eu la même épreuve lors de son repêchage.

Informés des difficultés liées à la dyslexie de cet élève et à l’imprécision des consignes du QCM lors de cette deuxième épreuve, les quinze professeurs du conseil de classe du degré supérieur, puis les sept experts du conseil de recours externe de la Communauté française ont estimé que le redoublement était la réponse pédagogique adéquate à cet échec noté 50/90 en biologie pour le travail de l'année, et 8/20 à l’examen, car « l’échec s’est aggravé lors des épreuves d’examens, l’élève semble donc débordé quand il s’agit de faire face à des matières plus vastes ».

la-dyslexique

Alors oui, je m'inquiète. Il y a peu, je lisais un remarquable article qui répondait à la question "l'école fait-elle partie du problème" ( trouble d'apprentissage)?
Je réponds que pour le dys en secondaire, l'école est son UNIQUE problème, tant qu'elle sera organisée comme elle l'est en Communauté française de Belgique.
C'est la seule chose que je demande à l'école : vérifier qu'il ait bien noté les consignes au JDC et avoir des notes complètes.
Pas besoin d'être spécialiste en sciences cognitives, juste un peu de collaboration, un peu d'écoute, car nous nous chargeons du reste à la maison, parce que nous savons comment fonctionne notre dys.

Vous comprendrez mes inquiétudes et ma consternation devant cette réponse de Madame Simonet : personnellement, j'attends juste de l'écoute et de la collaboration avec l'école, Madame la Ministre me répond logiciel informatique et exclusion en "type 8" en secondaire. La déshumanisation commence dès l'école.

zabou

Pourquoi ce préjugé vis -à-vis de l'enseignement spécialisé? Moi, je suis prof "ordinaire" dans le secondaire et je n'ai JAMAIS été informée d'un élève dyslexique! En plus, on n'est pas formés à ça, on ne sait pas ce qu'on doit faire (vous dites : vérifier qu'il a tout noté... je retiens!). Comrenez-vous qu'on n'est pas organisés pour ça? C'est éventuellement signalé en conseil de classe mais par un prof qui croit le déceler, nous n'avons pas d'avis médical certifié! Je pense que les profs font ce qu'ils peuvent, ce qui leur a été appris. Et l'enseignement spécial est vraiment mieux encadré, avec des petites classes, moi je songe à y aller car je suis fatiguée par l'ordinaire... Les élèves y ont sans doute aussi des difficultés de concentration, de comportement, etc. mais on fait comme s'ils n'en avaient pas... Seuls les sourds disposent maintenant d'une personne qui les aide, à ma connaissance!
De mon côté, c'est grâce à l'enseignement spécial que je suis devenue prof car j'y ai été vraiment étonnée par la bon encadrement, durant un mois de remplacement. Maintenant je suis dans l'ordinaire depuis 4 ans mais il y a une telle violence dans l'ordinaire (générée en partie par l'école elle-même) que je songe à retourner dans le spécial...

la-dyslexique

merci pour votre commentaire qui sent bon le vécu, ne pensez vous pas que tout simplement, en enseignement spécial, l'élève est le centre des préoccupations de l'école? Que c'est de lui, de ses progrès, de ses besoins qu'il est question dans les réunions de professeurs et d'éducateurs? Dans le secondaire l'élève est jugé dans sa personne, il est "bon" ou "mauvais" (certains se permettent même d'écrire " élève médiocre"...) et il est trié comme tel. J'ai vu une classe de quatrième secondaire l'an passé avec 14 élèves, tous avaient un examen de passage en math! "le prof est très exigeant, mais les enfants ont un an d'avance à l'unif avec lui", celui qui sort de ... ira à l'unif sans problème. Qui a déterminé que le seul objectif du secondaire est l'unif????

la-dyslexique

Je comprends que vous n'êtes pas informés, mais pourquoi des professeurs ne nous écoutent-ils pas? Pourquoi faudrait-il un certificat médical? Pourquoi ne pas tout simplement écouter le parent, qui lui, connaît bien son dys. Vous pensez bien que pour atteindre la 5ème secondaire sans jamais avoir échoué, il faut être drôlement bien compensé! La compensation, c'est nous, parents qui nous en chargeons : en recopiant les notes, en sélectionnant les bons mots clés à retenir, les petits trucs pour retrouver le bon schéma verbal... Le dys en grandissant innove de nouvelles compensations personnelles qu'il met au point tout seul. Vous n'imaginez pas tout ce qu'il invente pour pallier à son handicap. Le pire ennemi du dys est le stress, la perte de confiance en lui. Il vous arrive de bégayer si vous êtes très en colère ou avez eu une grande frayeur? C'est pareil pour mon dys + des vertiges et des maux de ventre. C'est jugé "manque de travail" à l'école, alors qu'il suffit de lui donner du temps et surtout de la bienveillance. j'ai aussi trouvé des profs super, je vous rassure; je n'oublierai jamais ce prof de français qui à la fin de la super grosse interro "qui compte pour le bulletin" a proposé à mon fils de l'accompagner à la bibliothèque pour avoir le temps de finir tranquillement. Ce prof lui a fait plus de bien que n'importe quelle séance chez un thérapeute.

la-dyslexique

OUI j'ai un préjugé contre le spécialisé : je ne vois pas pourquoi le dys ne pourrait pas suivre son cursus scolaire comme ses copains myopes. HANDICAP est un mot anglais, "hand in cap" qui correspond à une technique de polo qui permet de rendre le match équitable. Ce mot est utilisé dans le même but d'EQUITE au bridge et au golf notamment. OUI j'ai un préjugé contre cette volonté de rassembler les handicapés dans un centre spécialisé, parce qu'on a pas envie de s'en occuper, parce qu'il prennent plus de temps et plus d'énergie que les autres qui semblent aller plus vite. Le handicap, c'est celui qui organise la partie qui doit l'organiser pour que tous aient la même chance. Sur ce point, les aménagements promis pour le CEB sont une petite avancée, mais cela montre à quel point l'enseignement en communauté française de Belgique se résume à l'EVALUATION, et ça c'est vraiment effrayant.

la-dyslexique

Et aussi j'ai un préjugé contre les évaluations externes, le CEB c'est vraiment n'importe quoi

la-dyslexique

ceci est le commentaire d'une logopède spécialisée en gestion mentale :
"Ce n'est pas l'égalité qui doit être recherchée ( impossible) mais l'équité. C'est-à-dire donner à tous , au sein de leur classe, les mêmes chances d'apprendre. Après , c'est leur motivation , leur travail, leurs efforts qui porteront les fruits. Mais cette (loco) motivation n'est possible que pour les jeunes qui peuvent se mettre en projet mental de réussite possible. On ne se bat plus quand tout est dit d'avance.
Il existe des recherches en neurologie, en neuropsychologie, des livres fabuleux, des sites formidables, des enseignants géniaux, des pays et expériences pilotes, des pédagogies humanistes qui , en eux, portent des solutions. Encore faut-il qu'elles soient acceptées , légalisées,et UTILISEES."

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